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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Emma avait décidé du restaurant aussi me laissais je conduire en toute quiétude. Arrivées à Nation, elle m'a demandé de fermer les yeux et fait promettre que je ne les ouvrirais que lorsqu'elle me le dirait. Pas de problème. J'avais fumé un pétard en guise d'apéritif et l'effet de l'herbe me maintenait en état de réception au moindre désir de ma belle guichetière. Après avoir roulé quelques minutes, je l'entendis stopper la voiture et ouvrir le coffre. Je n'avais toujours pas cillé d'un poil. Puis elle me prit la main et délicatement me conduisit sur quelque chose que je sentais doux sous mes pieds, en léger dénivellé. Elle me fit asseoir à même le sol puis ses mains effleurèrent mes yeux pour les ouvrir. Nous étions sur une couverture, au bord du lac de Vincennes. Elle avait organisé un pique nique et n'avait pas oublié les bougies qui dansaient sous un soleil encore très présent. C'était une divine surprise, j'étais au comble de l'émotion.
Quelques promeneurs passent en souriant. Un garçon vient nous demander s'il peut partager notre dîner. Je lui réponds en plaisantant que c'est un repas de fiancailles et que les convives sont au complet. Il part en riant. Emma en profite pour me dire que je dois rester raisonnable, qu'il n'y a ni fiancailles, ni pacs, ni mariage "Juste tes 34 ans et l'envie de partager ce moment avec toi". Je lui prends la main et carresse doucement ses doigts. Elle me laisse faire, se saisissant de la bouteille de Mercurey blanc de l'autre main. Je lui souris "C'est toi qui conduit ?" Elle rit "Bien sûr puisque c'est ton anniversaire. Tu reprends un verre ?" Je me laisse glisser dans la douceur du soleil couchant. Je ne me pose pas de question. Je pense à Lanac et la soirée qu'elle passe avec Louise. Louise est venue pour un concert ce soir et si tout va bien, je devrais la croiser demain à la maison.
- Emma, je suis bien
- Je le vois
- Et toi ?
- Je suis bien aussi. Je n'ai pas envie de penser, pas envie d'angoisser à l'idée de rentrer
- De rentrer chez toi ?
- Oui...
- Et si tu venais chez moi ? Juste pour cette nuit
- Zoé, tu sais ce que je t'ai dit : j'ai ma vie
J'ai posé ma tête sur ses jambes et l'ai regardé droit dans les yeux, en contre plongée
- Je te propose que ce soit un moment uniquement à nous, en dehors de ta vie de tous les jours. Comme les baccharas : elles éclosent, se font magnifiques et odorantes et glissent doucement dans un long sommeil. Tu viens, tu éclos et puis tu repars dans ton long sommeil. Tu es ma belle au bois dormant, je suis ton chevalier et ce soir je t'embrasse le temps d'un rêve.
- Tu dis de jolies choses mais c'est un peu n'importe quoi
- C'est mon anniversaire. Je t'aime. Je t'aimerai comme tu le voudras, quand tu le voudras. Je serais la femme invisible et toi seule sauras que je suis là. Je me ferais toute petite, toute discrète. Tu seras simplement bien de me savoir pas loin, posée là quelque part pas uniquement à t'attendre, à vivre ma vie aussi. Tu as ton jardin de roses, je serais ton autre jardin, ton jardin secret. Juste un silence, comme en musique, posé au coin de ton coeur.
Je me suis redressée sur un coude et me suis approchée doucement. Nos lèvres se sont effleurées. Elle a fermé les yeux, moi pas. Elle a passé sa main sur ma joue, très tendrement. Les bougies donnaient un reflet d'arabesque dansante. La nuit refermait sur nous son manteau d'ombres et de lumières. Je l'ai sentie frissonner. "Viens, allons prendre quelque chose de chaud". Elle a dit "Je ne sais pas Zoé". J'avais très envie d'elle mais je savais qu'il fallait que je sois très prudente, ne pas la brusquer, ne pas la faire fuir. J'ai eu une idée. J'ai appelé Lanac pour lui demander où elle se trouvait. Je savais qu'Emma et Lanac s'entendait bien alors j'ai décidé de gagner un peu de temps. J'ai raccroché puis j'ai dit "Elles sont dans le 5ème, une petite salle de jazz très sympa. Il est encore tôt. Lanac me propose qu'on les rejoigne. Allez, c'est mon birthday quoi. Tu verras, musique super dans endroit très chouette avec gens extra. Une bonne façon de finir la soirée".
Nous avons rangé ce qui restera mon plus beau dîner puis sommes montées dans la voiture. Emma a eu un arrêt sur image avant de mettre le contact. Elle m'a regardé mais n'a rien dit. J'ai soutenu son regard. Je savais qu'elle luttait contre elle même. Elle a enclenché la 1ère. Elle ne m'a pas embrassée alors que tout me tendait à croire qu'elle le ferait. Je me suis mordue le pouce pour ne pas pleurer, hurler ou tout simplement me jeter sur elle.
Je ne sais pas par quoi commencer. Je ne sais pas au juste de ce qui est de l'ordre du début, du milieu ou de la fin.
J'ai donc eu l'immense plaisir de dîner avec Emma samedi soir. Nous avions convenu qu'elle passerait me chercher vers 20 heures. Quand elle a sonné, je lui ai proposé de monter prendre un verre avec nous (Lanac sortait de son côté mais plus tard). J'avais passé au moins 2h à essayer ce que j'allais me mettre. J'avais opté pour un charmant chemisier en soie avec le pantalon noir que je portais lors de notre première rencontre mais j'étais tellement angoissée que quelques secondes plus tard, la soie absorbait sans vergogne la sueur qui me coulait sous les bras et dans le dos. P'tain j'ai râlé, p'tain p'tain p'tain. Lanac, qu'est ce que je fais ? Tu prends une douche m'a t-elle répondu et tu essaies ça ! Elle m'a prêté une chemise blanche en coton, une chemise d'homme qu'elle porte parfois suivant les remplacements qu'elle fait et elle a noué un tissu en satin noir en noeud de cravatte. Le 1er bouton de la chemise ouvert, le noeud légèrement dessous : j'en jetais.
Quand Emma a sonné, j'ai imploré Lanac d'aller ouvrir. Je vous jure que je n'osais pas franchir la porte du salon. J'avais le coeur dans les oreilles et j'étais au bord de syncope. Je les entendais papoter à côté. J'ai entendu le bruit des verres puis 3 petits coups frappés délicatement. J'ai dit entre et elle est entrée. J'avais même pas pris une pose, rien pour me donner une contenance. Elle a murmuré "Bonjour Zoé". Je l'ai fixée et j'ai éclaté en pleurs. Un truc de dingue. Elle était là devant moi et tout ce que je pouvais faire, c'était pleurer à n'en plus finir. Incapable d'articuler le moindre mot, j'étais ridicule et je le savais !!
Emma s'est approchée et m'a serrée très très fort. Je sens son coeur battre, son parfum finir de me renverser, sa chaleur si douce s'exale dans notre contact charnel. Je la sens tout contre moi mais je suis totalement paralysée. Nous sommes restées une éternité comme ça, loin de tout, loin loin loin... Puis je me suis doucement dégagée et j'ai ouvert les yeux et j'ai vu qu'un rayon de soleil passait furtivement sur son front alors j'ai passé ma main sur son front, juste dans le rayon et ma main est devenue plus claire. J'ai suivi l'arcade de ses sourcils, l'arête de son nez, ses lèvres si douces. Je lui ai dit merci, merci d'être là, merci de ce qui est le plus cadeau de ma vie.
Nous nous sommes regardées et je sais qu'elle a lu mon désir. Elle me dit "Zoé, ne me regarde pas comme ça je t'en supplie. Viens".
Le dîner plus tard. Je vous raconte plus tard. Là je suis trop dans ce moment.