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The worLd

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Vendredi 20 juin 2008

Ce soir j'ai vu un docu magnifiquement réalisé sur comment une résidence vendue en 1970 comme un havre de paix, devient la cité de la Commanderie qui a viré au cauchemar social et humain. Les échecs des différents gouvernements de De Gaulle à Chirac sans omettre Mitterand, tout était passé au crible pour annoncer une cité de non droits.
Au démarrage un clip vidéo sur un groupe de rappeurs chauds bouillants qui crèvent l'écran à grands coups, bin de rap, pur, dur, exigeant. Images des barres d'immeubles, pas bien hautes, 4-5 étages sur quelques rangées. Des immeubles délabrés que des promoteurs véreux ont laissé tomber avec un maximum de vices de fabrication et puis, de fil en aiguille, des populations de plus en plus pauvres, de plus en plus désocialisées voire pas socialisées du tout. L'engrenage, les gamins en bas qui se construisent en bandes, en clans, en violence. Guerre de gangs, bastonnades, morts. L'engrenage.
Sur tout ça veille la gardienne, ancienne infirmière en psy, qui les connaît bien les gamins, les gamins qui deviennent des ados qui font des conneries, graves, qui les conduisent en prison, irrémédiablement. On ne sait pas pourquoi elle est passée de la psy à la cité, on s'en fout. Ce qui compte, c'est ce qu'elle est, gardienne en enfer, celle qui sait réparer les petites blessures humaines, qui sait décanter les conflits, qui sait désamorcer l'accès de violence aveugle quand un habitant pète un câble. Une sacré femme "Ils ne m'ont jamais agressée moi, toujours respectée". Elle n'a pas fait sciences po., s'exprime avec l'accent local qui mixte usure et tendresse, connaît tout le monde mais parle en n° de barre, n° d'appartement le C5, le B12. Elle promène un regard désabusé sur l'échec d'une nation qui n'a pas su intégrer sa main d'oeuvre étrangère des années 60, une nation qui s'est royalement plantée !
A la fin du documentaire, tu apprends qu'elle est décédée en 2003, de la canicule. Comme les vieux, comme les pauvres, la chaleur l'a emportée au pays des bonnes âmes, les décomplexés du diplôme,
bien en phase avec notre société, une société toute bancale qui cherche son chemin. 

Tu vois, hier je te parlais de mes potes, mes gueules abimées par le rouleau compresseur du social, mes gentils félins à moi. Ce soir j'ai vu "Chronique de la violence ordinaire", des loubs qui deviennent des adultes qui montent leur label, qui en veulent. Respect, pas pour avant, pas vraiment, mais pour l'aujourd'hui au jour du film. Et respect pour cette femme, l'autre versant de la violence ordinaire. Quand l'humanité frappe à la porte !

Tiens, écoute ça

 


MGS - les contes de la street
par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri
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Mardi 17 juin 2008

Louise est rentrée de son chantier hier aussi inutile de te dire que je n'ai pas beaucoup vu Lanac. Il y avait gros appétit de câlins dans l'air, ça vibrait érotique et après que la porte de la chambre ne se soit refermée sur les deux donzelles, quelques murmures suivis de soupirs ont traversé les murs. Pour leur laisser l'appart, je suis sortie en prenant soin de claquer la porte derrière moi histoire qu'elles se sentent tout à fait à l'aise.  

Je suis allée voir mes copains, ceux de galère, de loose, de temps passé autour d'un verre dans le café, toujours le même, indéboulonnable. Ce qu'il y a de bien, c'est que tu les retrouves quasiment à la même table, avec les mêmes vannes, la sempiternelle blague sur Assedics, CAF et RMI., trois caisses qui valent le détour si tu as la chance de ne jamais y avoir mis les pieds. La semaine dernière j'avais besoin d'un papier auprès de la CAF. Très sérieusement, le bouledogue de l'accueil m'a imposéd'aller chercher un papier auprès de la sécu. Ni une, ni deux, je trottine jusqu'à la dite caisse, j'attends, longtemps, je fais ma demande, regard étonné, petite phrase lancinante "je vois pas là". Mon cerveau fait un tour sur lui-même, hop là, je sens que je suis le jouet d'un bras de fer entre administrations et si tu ne t'aies jamais sentie un jouet de l'administration, dis toi que c'est comme d'avoir une crise d'hémorroïdes, les calmants en moins. Résultat, quand tu repars, c'est version cavalier, le dos arc bouté, les fesses le plus ouvertes possible (cause frottement), les jambes en ossature de cheval.  Ça y est, tu es bonne pour te fader la caf. Quand je suis arrivée, re-attente, re-bouledogue (et dire que sa voisine était une bien jolie-gentille personne, dieu n'existe pas !) et re "c'est pas ce que je vous ai demandé !!".
Mes copains, ils ont fait comme moi, ils ont joué le jeu une fois ou deux, ils ont même poussé l'effort jusqu'à signer tous les papiers que l'administration te fait signer pour ceci ou pour celà, ouaip, ils ont fait preuve de bonne volonté mais ça n'a pas suffit. Depuis ils se retrouvent dans un troquet et tapent le demi comme d'autres tapent le carton.
Mais ils ont un truc mes copains, ils sont gentils, de vrais gentils. Avec leurs gueules un peu cassées, un peu bouzillées, ils se prennent pas pour Brando ou Delon, parfaite conscience d'eux mêmes. Mais qu'on ne s'y trompe pas, ce ne sont pas non plus des SDF, ils ont un appart, ils s'hébergent les uns les autres au grè des galères du quotidien. Ils ont entre 25 et 35 ans, fument et boivent beaucoup, pour passer le temps, juste que les journées s'effilochent avec leurs lots de sourires et d'embrouilles, d'éclats de rires et de crises d'angoisse. Et si l'un d'eux ou d'elles se retrouvent dans une panade intenable, ils sont là, fidèles au poste, droit dans leurs chaussures. De vrais gentils je te dis, et les vrais gentils sont rares donc précieux.
Max a eu l'air franchement ravi de me voir. Il faut dire que la majorité du temps, lorsque nous nous retrouvons, Fred est avec moi et les rapports ne sont pas les mêmes que l'on soit seule ou en couple. Max donc m'a fait signe de le suivre. Je sors intriguée du café et nous marchons quelques mètres
- Zoé, j'ai de quoi planer grave
- Sympa Max mais je touche plus depuis longtemps
- Pour toi c'est gratos
- ....
- Allez quoi,
- Max, si tu veux on se fait un pétard là direct mais je ne touche à rien d'autre. E finita la comedia Maxou et Fred ferait vraiment la gueule 
- Ok ok ! Ch'uis content que tu ailles bien Zoé, ch'uis vraiment content. Allez viens, je te payes un coca

De vrais gentils, oui, malgré les apparences, malgré leurs situations, ce sont de vrais gens.

Allez, quelques images de Kama Sutra lesbien à reproduire avec l'indispensable filet de protection. Perso, avec Fred on a eu beau y mettre toute la bonne volonté du monde, on est encore loin du compte ! A toi de jouer  


 

The Gymnast 3/3

par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri
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Vendredi 13 juin 2008

Lanac est une louve qui tourne en cage. Louise est partie une semaine sur un chantier et c'est la traversée du désert version rallye des gazelles. Des trous que l'on appelle crises de manque et des bosses qui sont le "il faut que je m'occupe". Nous avons donc Lanac un peu à l'envers, Fred qui est crevée et moi qui gazouille cry me a river à longueur de journée.

Tu n'es pas sans avoir remarqué qu'il n'y a rien de plus chiant que d'avoir une musique en tête et de ne pas pouvoir s'en débarrasser. Et tu n'es  pas non plus sans avoir remarqué que les musiques les plus connes apparaissent assez souvent lors de l'état amoureux qui est à son apogée quand tu l'embrasses pour la 1ère fois jusqu'au vertige ; quand tu l'effleures du bout des doigts pour la 1ère fois et que tout ton être s'électrise jusqu'à rater une marche dans l'escalier ; quand tu fais l'amour avec elle pour la 1ère fois destination larmes d'émotion non contrôlées, tout ça avec la belle qui te laisse sur le flanc de ton désir le plus ardent.
Et voilà t-il pas que le dernier tube le plus crétin qui chante "ma chérie je t'aime sur la plage à mourir", se voit décerné le titre de chanson la plus romantique du siècle, the love song qui va sceller ton destin avec l'espoir que les paroles disent vrai, toi et elle c'est pour la vie. Perso, je suis même allée jusqu'au prêt des navets que je planquais sournoisement au fond de ma cédéthèque mais qui m'avaient amoureusement été offerts  quand je me laissais aller à siffloter la mélodie de The song n°1 au top 50 de la connerie commerciale, prêt qui signifiait "ma chérie je t'aime sur la plage à mourir". C'est dire ! Le jour ou elle m'a rendu les cd, j'ai compris que c'était définitivement et irrémédiablement foutu. Comme j'étais gravement atteinte, je me suis quelques fois repassée la chanson de la collection "je t'aime sur la plage à mourir", j'ai eu la vertigineuse sensation que le monde s'écroulait, que la soupe que j'entendais était la vérité vraie "je t'aimais mon amour sur la plage à mourir".
Comme quoi la musique joue un rôle considérable. Quand j'ai dit tout ça, j'ai tout dit et tu te dis qu'en fait c'est parler pour ne rien dire mais mais mais pas si vite !! Tout dépend du tube débile que tu fredonnes, tout dépend de la puissance des watts survoltés qui te bouffent les synapses, tout dépend surtout de ce qui en est fait à 2. Appuie sur lecture, lâche l'affaire et concentre toi sur l'impact émotionnel de cette phrase musicale "je t'aime mon amour sur la plage à mourir".

Courage, le monde est plein de "sur la plage à mourir", de toutes les couleurs, dans toutes les langues. Une chanson dont tu ne connais peut-être pas le sens des paroles si tu ne parles pas la langue mais qui t'offre l'espace d'un moment, la sensation que le monde t'appartient. La musique adoucit les moeurs mais pas n'importe quelle musique. La marseillaise n'est pas non plus la plus romantique des déclarations d'amour, et pourtant, quand on n'y pense bien... En bref, ne fais pas ta fière, quand tu tombes amoureuse, quand tu aimes, quand tu auras aimé, tout reviendra le temps d'une petite mélodie sournoisement planquée bien au fond de ta mémoire, là où tu l'avais rangé quand tu es passée à autre chose. Un peu garce la mélodie, mais tellement sur la plage à mourir.



The Gymnast 2/3
par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Jeudi 12 juin 2008



par Lanac Diame publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Lundi 9 juin 2008

Tu veux causer ? Allons y
.............
Ok, je vais pas te forcer, trop occupée aujourd'hui à compter les feuilles qui poussent sur le rosier de Lanac. Lanac qui revient d'un déplacement de quelques jours

en Grèce. Paraît que Kalia va mieux. Tant mieux.

en Grèce. Paraît que Kalia va mieux. Tant mieux.

  
T'as vu le problème que d'avoir un texte qui part à vau-l'eau


Help Help


J'ai été amenée une fois à aller chercher une gamine qui semblait en difficultés.
Sa pétasse de mère se faisait draguer par le connard de la plage, monsieur muscle et madame tarte. Pendant ce temps là, une petite blondinette de 7, 8 ans se faisait toute petite dans la grande bleue qui avait décidé de monter ses vents. Et quand la méditerranée pète, c'est toute la côte d'azur qui renifle. J'ai vu la petite main qui montait et qui redescendait, toute droite sortie d'un texte de René Char. Hop la mimine en haut, hop la mimine sous l'eau. Je me suis avancée et j'ai nagé doucement vers elle, pour ne pas l'effrayer, qu'elle ne panique pas. Elle m'a vue et entre deux tasses d'eau m'a demandé "Pardon madame, auriez vous l'obligeance de m'aider ?" Je te jure que c'est vrai ! Cette gamine se noyait mais avec un langage châtié, respectueux, loin du borborygme imbécile des tarés planchistes qui ne lâcheraient leur engin de malheur pour rien au monde (j'ai également donné dans le spécimen dont je te parle, te raconterais une prochaine fois). Alors j'ai pris la petite puce à bras le corps et je l'ai ramenée bien serrée contre moi vers le rivage. Plus on avançait, plus je la sentais se détendre. Je lui parlais doucement, de tout, de rien, simplement pour qu'elle oublie sa peur. J'ai une voix qui endort les enfants, je suis doctor es sommeillus juvelunus. Arrivée sur la plage, l'enfant avait fini de vider ses poumons donc allait mieux. Je l'ai délicatement tendue à sa mère qui a eu un léger mouvement d'énervement, tu sais de ces tressaillements du visage qui en disent bien plus long que n'importe quel vocabulaire de chartier quand un chartier se met à blasphémer. J'ai regardé la mère, j'ai regardé le connard à côté et j'ai assénée "Elle se noyait, à priori vous vous en foutez mais elle se noyait. Ca aurait été dommage, elle est très mignonne". J'ai salué et suis partie.
Je marchais quand une petite main s'est accrochée à mes 5 doigts de droite et m'a tiré en arrière. J'ai regardée miss naufragée, elle m'a sourit "merci madame, vous êtes très gentille" et elle est repartie. Je suis restée un moment silencieuse : une minotte de 7 ans avait conscience qu'elle me devait la vie, c'était passé quasimment inaperçue sur une plage niçoise trop habituée à se regarder le nombril plutôt que de regarder l'horizon mais cette gamine venait de me rappeller une chose : sauver quelqu'un qui est en demande ne requiert pas un effort colossal, non, plutôt un minimum d'attention. 
Imagine le regard d'une loupiotte reconnaissante qui glisse sa mimine dans ta grande main maladroite, c'est tout l'univers qui bascule version sourire.

The Gymnast 

par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Cadeau de Noël

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