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The worLd

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Samedi 7 juin 2008

J'ai fait des images ! J'ai fait des images pour un film lesbien. Respire bien entre chaque phrase et tu sauras dans quel état j'étais. Le film dont je t'ai parlé précédemment. Attends, je pense à une scène de the L World. Je cherche. Je reviens





Voilà ! Tu as visionné l'histoire ? C'est ballade au pays de la soap vidéo, pas la mexicaine ce serait trop bien, une dégoulinade de ramassis  de clichés, l'inébranlable série made in usa, la fatidique 1ère série lesbienne qui cause, beaucoup et sans dire grand-chose, mais qui cause ! Qui discute version glougloutis du bas du ventre, brusque accès des glandes sudorifiques, intense rougeur du visage entre autre !! Quand c'est réussi, on parle d'identification aux personnages. Tu es dans les bras de la brune ou la blonde, c'est au choix. Tu transfères tout ton capital phéromonal dans l'action qui te prend aux tripes, tu t'imposes de ne rien laisser paraître mais c'est plus fort que toi, tu ressens ce léger grésillement si spécifique à la vue de la scène d'amour... et bien saches le, tu transfères ! Tes propres scénarï occupent la totalité de ton champs de vision. Tu te fais ton film, dans ton film il y a une brune ou une blonde, c'est à nouveau au choix, que tu connais ou que tu ne connais pas, qui t'émoustille neurones et hormones, c'est une des filles à l'écran ou ce n'est pas... 
Reprenons, tu rewiev puis tu te rejoues un petit play, délicate intervention de ta personne dans la scène. A cet instant tu es heureuse. Puis tout compte fait, tu envoies avance rapide histoire de vérifier si l'action se répète, enfin tu stop et reviens à ta vie "normale", celle qui occupe tes journées et tes nuits, sans discontinuer.
Mais -parce qu'il faut bien que le film avance-, mais voilà, il y a une scène qui va te marquer, te modifier, te spécifier que dans ton monde à toi, existe une toute petite différence d'avec une norme, une ligne droite que tu t'étais bien chargée de construire Mais voilà que tu es séduite, que dis-je séduite, bouleversée par un regard, un dialogue, un soliloque qui te happe, te renverse 100 fois dans les vagues de la compréhension que tu as instantanément de toi même, d'un petit morceau de toi bien planqué derrière l'ignorance de cet instant. Révélation. C'est très intime, très discret, très personnel..

C'est ce que j'ai vécu. Rien à voir avec le moment dont je t'entrenais comme ce qui aurait pu être LA scène du 1er baiser-1ère fois entre femmes par exemple, mais un moment si particulier que j'aurai tout donné pour me repasser en boucle cette scène. Nous filmons dans la bibliothèque qui marque le virage du film, la scène par laquelle elles tombent dans les bras l'une de l'autre avec une passion qui déchire les frontières Mais se joue dans le même laps de temps la compréhension simultanée de l'évasion de l'une contre la libération qui n'arrivera que dans un an de l'autre. 
La magie du tournage, tout était bien, sans aucune réclamation de toute l'équipe présente, avec deux comédiennes qui se sont totalement lâchées et nous ont offert un pur moment de folie. Tout, absolument tout, s'est joué dans de la soie. Exceptionnel. Et l'émotion ! L'émotion de deux femmes qui se hurlent silencieusement (elles sont en prison) qu'elles s'aiment et offrent dans le même temps l'image du désespoir qui déjà se profile à l'horizon.

C'était vraiment très fort, difficile de trouver les mots. 
Allez, à demain 
par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Vendredi 30 mai 2008

Allez, de quoi te faire travailler tes langues étrangères. Moi je vais bosser mais gare, quand je rentre je te fais passer un oral



Better than chocolate
par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Jeudi 29 mai 2008

Voilà voilà !! J'étais partie faire un tour sur un long métrage, l'histoire d'une femme qui organise la fuite de son prisonnier de mari. Or la veille du jour J, elle se fait arrêter. Condamnée à 3 ans ferme, elle se sert de son plan pour s'évader elle-même. 
Raconté comme ça, bien sûr, ça n'a pas grand intérêt mais imagine une fraction de secondes qu'en prison elle tombe amoureuse... ! Et là tout se complique. Foi de Zoé, je vous promets de l'action. C'est que les 2 donzelles là, dans la prison, elles passent leur temps à se chercher pour se rentrer dedans. La réalisatrice me disait qu'"elles sont dans la relation passionnelle quand la passion n'est pas vécue."
Ca m'a fait réfléchir.
Alors hier j'ai pris un train, je me fichais totalement de connaître la destination, j'ai acheté un billet pour monter dans le 1er train en partance et tchao bonsoir. Disons que j'ai simplement pris un train en marche, Tu me suis là ? Quand j'ai intensément besoin de réfléchir, je m'isole en prenant le train. Chacune son truc n'est ce pas ?
Mais ce blog est un train, il se passe toujours quelque chose dans le train. 
Peu importe ! Ça ne t'ai jamais arrivée de vouloir être intensément auprès de quelqu'un mais de savoir que c'est non d'avance ? Et pas un "non" tire toi pétasse, je peux pas t'encadrer ! un non qui serait dû à une raison extérieure au rapprochement symbiotique de nos 2 héroïnes. Tu n'as qu'à imaginer une seconde que l'objet de ton intense désir est hétéro, avec des mouflets, disons 2 pour être bien, et divorcé. Imagine 1 instant que c'est quelqu'une que tu ne peux pas éviter. Tu ne peux pas, c'est mécanique, genre, pour l'éviter il faut que tu démissionnes et tu ne peux pas perdre ce boulot ! Dans le film, elles travaillent toutes les deux à la bibliothèque et l'héroïne doit tout faire pour garder ce job afin de s'évader. Donc elles sont en contact quotidiennement, pas sur le même poste de travail mais dans le même local. La prison dans la prison. La merde ! 
Je te vois, bouillonnante d'impatience, prête à me sauter à la gorge si je ne donnes pas la suite ! Argheuh lâche moi tu m'étrangles ! D'accord alors revenons à toi, à ton intense désir. La perversité de la situation, c'est 1) que tu ne peux pas démissionner même si tu commences à regarder les petites annonces 2) qu'elle est non seulement attirante mais en plus très sympa 3) que tu sens bien que ça ne peut pas durer comme ça 4) que toi de ton coté tu es également acoquinée et que ta douce moitié, tu y tiens ! Mais tu ne peux pas lui en parler sinon elle te fera une vie d'enfer
Tu fais quoi là ? 
Je pense que ce sera un bon film, de ce que j'en ai vu.
Bon c'est pas tout mais c'est que j'ai un train à prendre. On se retrouve sur le quai ?
 



par Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Mardi 27 mai 2008

Je viens de jouer au petit jeu de la journée : le sens de la lecture. C'est le jeu très con qui consiste à renouveler la charte graphique du blog. J'en parle à Lanac. Nous testons différents modèles et voilà t-y pas que le texte se retrouve dans une colonne étroite comme un cul de poule ! (me demande pas pourquoi un cul de poule, si je te le dis, ça va jaser ).Ça n'a l'air de rien comme ça, mais il faut se méfier : le sens de la lecture en est modifié ! Un post écrit jusqu'ici avec une moyenne de15 à 20 lignes, va se retrouver sur 50 lignes
courtes
à débit rapide
plutôt dans les aigus
un peu comme la grosse dame qui hurle du haut de son 15ème étage après la bande de débiles qui hurlent au rez de chaussée,
en plein sur le bitume qui réverbère sous un soleil d'acier une chaleur à crever, le truc insupportable de la phrase trop longue dont les freins lâchent projetant le verbe 
qui se fracasse dans un sinistre craquement sur la falaise contre laquelle une mer démontée propulsera ses embruns furieux à plus de 30m de hauteur,
balayant la ville de ses mots,
détricotant le sens,
dénaturant les auteurs,
une ville abrutie par le bruit, vide de sens, vide de sons sonnant comme le chant printanier d'un couple lesbien de colibrettes
Tu vois, tu peux pas être sérieuse plus de 10 secondes. 
Op làaaàaàaàa !! C'est comme un bisou dans le cou ça, rapide
furtif
efficace
sérieux
rieur
Mais le sens initial ?
De ?
La ponctuation
Donc le sens du texte, la ponctuation
On ne peut pas s'en passer
Il faut la faire courte efficace sérieuse rieuse
....
....
....
P'tain on a inversé le sens Criiiiiiiiiiiiiiissement de pneu Bon alors qu'est ce qu'on fait ?
On essaie ? On essaie aujourd'hui
On va faire un tour ?
Il fait un temps pourri
Fred m'a parlé du baiser
Louise aussi
C'était amical
Rapide
....
Vide de sens
....
Sans dessus dessous
Sans dessous surtout
On ne recommencera pas
Non
Non ?
Non
Bon
Une dernière question ?
Non
Je valide la charte graphique ?
Oui.
Tu as raison allons faire un tour
On va voir si les colibrettes sont de sortie
Tu ne penses qu'à ça
Je sais



Et si on ne changeait rien ?
T'as raison, on est bien comme ça


 

par Lanc & Zoé publié dans : An 2008, un printemps pourri communauté : Homo sensualité ..
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Dimanche 25 mai 2008

Hier soir Zoé et moi nous sommes embrassées. Jamais ce n'était arrivé, jamais ! mais hier soir, alors que nous avions inventé le jeu débile du words& water qui consiste lorsque vous perdez le fil d'un texte inventé par toute une bande de filles déchaînée, à vous déshabiller à chaque mot oublié et une fois que vous êtes totalement  nue à vous mettre à l'eau, hier soir c'est arrivé.
Nous avions passé une journée extraordinaire. Le défilé de la gay pride était très réussi, très festif. Il y avait à vue de nez environ trois mille personnes, sans doute plus, Les manifestants se saluaient avec joie et bonne humeur, Louise connaît pas mal de monde et souvent étions interpellées à droite et à gauche. Zoé était avec Fred sur le char qui diffusait la musique la plus techno, Emilie était assignée aux photos, l'ambiance était particulièrement bonne. La population nous regardait passer avec des sourires bienveillants ce ce qui n'était pas sans apporter une bouffée supplémentaire de chaud au coeur.

Puis la soirée se poursuivait chez Louise. Nous avions dressé un buffet, les boissons ne manquaient pas, en fait rien ne manquait. La musique house qui permet de défouler tout ce qui gravite autour du plexus nous a tenu jusqu'à 2h du matin, moment où certains ont jugé bon de ne pas en rajouter pour pouvoir aller coucher chez eux.  Le moulin est grand mais nous étions nombreux, trop nombreux pour servir de dortoir. A 3h30 nous n'étions plus qu'une dizaine dont Emilie, Zoé et Fred, Louise et moi. Emilie avait séduit sans aucune difficulté Nathalie, une sculptrice amie de Louise, avec qui j'ai eu dans la soirée une discussion passionnante sur le travail de la matière. L'ambiance était beaucoup plus calme et la sympathie rythmait le groupe au gré des blagues des unes et des regards enamourés des autres, dont moi avec Louise. Nous n'étions plus aux alcools forts, bières et verres de vins finissaient de nous emporter dans le plaisir serein de Bacchus. Je ne sais plus qui à eu l'idée du words& water mais l'idée a été adoptée à l'unanimité. Fred a été la première à envoyer un début de phrase, puis Nathalie qui devait reprendre ce début et lui inventer une suite et ainsi de suite. Zoé était la dernière du cercle, elle avait non seulement oublié la moitié de ce qui avait été construit mais également le début. Elle nous refit un texte qui n'avait strictement rien à voir avec l'initial et avec les fou-rires environnants, commença à se déshabiller jusqu'à la tenue d'Eve. La rivière est juste derrière le moulin, elle s'y est engagée avec courage, mais n'a pas tardé à hurler qu'elle était morte de froid. J'avais prévu un peignoir et je la réchauffais alors que les autres étaient rentrées. Je lui ai proposé d'aller chercher ses vêtements mais elle m'a retenue par la manche et sans un mot sa bouche est venue se poser sur la mienne. Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai accédé à son désir, pourquoi cela est arrivé mais voilà, c'est arrivé. Ce fut un baiser très doux, Zoé embrasse particulièrement bien, long et bon, très bon. Nous nous sommes souries
et  c'est tout ! Nous en avons parlé en rentrant. C'était joyeux, amical et sans suite. Il y a des parenthèses dans la vie, ceci en est une. Nous sommes rentrées à Paris et avons passé la journée ensemble. Un bon film finira ce week-end en beauté. Zoé est encore déchaînée.


La galère

par Lanac Diame publié dans : An 2008_Chapitre 4
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Cadeau de Noël

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