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Lanac Diame

Sauf que
La dame a eu un accident de parcours

Moi c'est Zoé
Juste là pour raconter

On m'en a confié les clés
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JEUX DE DAMES

Blog lesbien à tendance phéromonale



Un conseil : pour une lecture linéaire, remontez le temps, commencez par la page 1, 1er jour de blog puis page 2 article en bas de page etc... Maintenant vous faites comme vous voulez
..

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 11:21


Le groupe est assis Véro se lève Sylvie marche Marco s'assied Didier se retourne Véro sourit Ahmed gratte Les sons s'encordent La musique s'élève Luiggi fume

Véro pense Il est regrettable qu'Omar ne soit pas là Elle rumine en silence sa séparation d'avec Fred  Fred chante Je n'aurai jamais dû la quitter Elle chante vraiment très bien Et pourquoi sommes nous là tous ensemble Dans l'incapacité de nous séparer Comment vais je faire sans eux une fois que j'aurai pris ma décision Qui sera là pour faire un peu de musique pour échapper à l'angoisse Vais je leur manquer
Stone la coupe Hervé rit Ahmed gratte Fiori se rhabille Harry gueule Son chien gémit se couche Véro le caresse Tu as les oreilles basses un peu comme moi Je n'ai pas de laisse visible mais je suis bien bien enchaînée à eux Tiens prends Harry il est Il ne se pose pas de question il est Basique comme 2 et 2 font quatre Mais non 2 et 2 ne font pas quatre tout le monde sait ça Je regarde Marie elle fume Hervé bouge Est-ce que je fume moi Moi non mais le monde oui Le monde fume et s'enfume des fumées de guerres Des fumées partout Des fumées de guerre déclarées ou intentées ou avortées Des millions de déplacés des millions de morts mais au nom de quoi Véro joue Luiggi s'en émeut Il a pitié de moi je le vois dans son regard Cher Luiggi mon danseur fétiche Danseur danse danseuse moi Je ne danserai plus le cancer me bouffe Il me dévore goulûment sans faim voire même sans appétit Cher Luiggi tu me pleureras comme les autres peut-être un peu plus que les autres

Sylvie s'assied Marco recule Le feu de camps s'illumine La loire scintille Le fleuve gronde Les étoiles brillent Suis je une étoile moi aussi Danserais je là-haut Un pas de deux esquivé à la vie qui fout le camp J'ai mal Il me faut une dose de morphine Fred regarde moi Je vais mourir J'aurai tant aimé mourir de plaisir mourir d'une petite mort dont on ne revient pas Tiens Omar ne joue plus Il marche Fred Omar est en mouvement et toi Ce soir la nuit sera fraîche  Les étoiles scintilleront Le feu prend Virginie arrive pose les courses demande attend répond s'assied J'aime bien Virginie c'est une chouette femme prévenante même si parfois elle me gonfle avec sa prévention Je n'ai pas besoin de pitié tout juste l'ombre de l'empathie Quand je les vois tous là si proches Ah mes amis la vie est une belle vacherie La vie la mort tout ce cirque inutile Question je me laisse mourir ou je me fais mourir Sujet ou objet La vie devant soî Au bout de la vie il y a la mort alors un peu plus vite Ne pas souffrir

Le groupe chante Cohésion Le groupe applaudit Sédation Virginie rêve Didier s'allonge Marco m'embrasse Je ne veux pas mourir Je veux vivre à en crever Je veux bouffer la vie par les deux bouts jusqu'à l'indigestion jusqu'à l'éclatement de mon moi le plus profond Non vraiment je ne veux pas mourir Je suis bien avec vous Je vous aime Je danserais pour vous


 

Par Lanac Diame - Publié dans : An 2011_Chapitre 5
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 12:18

Tu veux que je te raconte 24 heures de la journée d'une femme de flic ? Installe toi, prends un verre. Regarde avec moi par la fenêtre et attends, elle va arriver. Ambiance :

Je vois la place effervescente. Je vois Didier et ses chiens qui défèquent partout dans le ,gazon. Je vois Madeleine pousser lentement le landau autour de la fontaine. Je vois un couple enlacé assis sur le banc en pierre. Je vois le ciel bleu azur, le soleil chaud et rayonnant. Je vois Thiéfaine passer en tenant sa baguette. Je vois le flot de voitures s'arrêter au feu rouge. Je vois un bout de mer derrière l'arsenal militaire. Je vois Mohamed et Fathia entrer dans l'immeuble. Je vois une discussion déchaînée entre deux jeunes hommes. J'entends des bribes d'engueulades entre deux klaxon. Je vois une voiture de police. Je ne te vois pas.

Les lampadaires donnent vie aux ombres. Là un quidam s'arrête pour allumer une cigarette. Deux filles court vêtues se dirigent vers la rue des putes. Des militaires américains chantent à tue tête l'hymne national en tenant à bout de bras des sachets en papier dans lesquels sont dissimulées les bouteilles d'alcool. Ils vont eux aussi dans la rue des putes. La lune est pleine et ronde, distribuant des zones de clarté dans la nuit. Didier est toujours là avec ses chiens. Il est assis. Il attend. Quoi ? Il n'a jamais su me répondre. Je t'attends mais tu n'arrives pas.

La nuit se déchire avec ses lambeaux d'aurore. Le soleil poinjte à l'horizon mais la lune sera là pour la journée. Les mouettes arrivent du large devançant les chaluts. Elle crient au rythme de l'aube naissante. Je vois une fille crier au secours. Je vos un homme derrière elle qui marche vite. Il faut que j'appelle la police. Je vois un des jeunes d'hier dormir sur la pelouse.

J'entends un bruit d'arme à feu. Je vois l'autre jeune d'hier partir en courant un fusil à la main. Je vois le premier jeune couché, une tâche de sang sur le tee-shirt. Je vois les pompiers qui tentent de le réanimer. Je vois la civière. Je vois un début d'attroupement. Je vois tout ça mais je ne te vois pas. Je crie je t'aime. Le cri se perd. Tu ne viendras pas.

Et si on s'éloignait de la fenêtre, ce point de vue fixe pour une narratrice fixe. Être posée là, simplement. Ne pas bouger et attendre.
Tu rigoles ? On ne va pas attendre indéfiniment. Allez hop, finis ton café on va se balader. Je te propose une virée au Père Lachaise. C'est plein de vie comparée au blues d'une femme de flic.




Par Zoé - Publié dans : An 2011_Chapitre 5
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 11:22

Hier soir blogueuse rappeuse, rageuse et incontrôlable, je suis allée voir "Intouchables". Bon film dans lequel il n'y a rien à jeter. Très drôle, l'histoire n'en laisse pas moins passer l'émotion. Il y a une double lecture, celle de l'accompagnant (Omar Sy) et celle du handicapé (François Cluzet). Pour une fois la critique va dans le bon sens donc n'hésite pas blogueuse déchaînée, vas le voir.et rendez-vous aux César





Hier soir aussi, pour la première fois, ma super super flic et moi nous sommes copieusement engueulées. Elle  a de la voix la dame et tout l'immeuble en a profité.
Tout a commencé à la sortie du film. Je sens une main sur l'épaule et j'entends un "Zoééé"  ravi. Je m'arrête me retourne et boum une ex. Elle me présente son actuelle, j'en fais autant et elle engage la conversation sur le mode "Tu te souviens...". Badaboum, je sens super flic se fermer ce qui me fais refuser sa proposition d'aller boire un verre. Elle me demande mon adresse, je ,lui dis

"La place du cinéma se vide de ses voitures, il est tard. Là un papier gras dans le caniveau ; A côté une boîte de coca finit de déverser le reste de liquide. Le tabac est plein, il ferme dans vingt minutes. Le feu passe au vert. Il faut traverser cette rue aux bordures de peupliers. A droite une autre petite place, proprette, sans grand intérêt. Pas grand monde. La rue file droit devant. A droite, un squatt graphité de toute part, à gauche un café vide. Plus loin la laverie tourne à plein régime. La porte de la boîte de nuit est ouverte, c'est l'heure du ménage. Tout droit, toujours tout droit puis à gauche. Les voitures s'enfilent prudemment dans le rond-point. A droite. Tu longes les quais. De l'autre côté coule la Seine. Au rond-point suivant, encore à droite. Il y a plus de monde. Les gens marchent lentement par petits groupes. S'avancent deux filles enlacées. Tout droit encore et toujours. Quelques gouttes de pluie s'écrasent sur le pare brise. L'épicerie du quartier est allumée comme d'habitude. Une bande de copains en sort, armés de bières et de vin ordinaire. Je vois Fred tendre un joint à Djamel. Je file. Au bout à nouveau à droite puis à droite. Voilà c'est là
- Laisse tomber j'ai un GPS. Donne moi juste l'adresse je me débrouillerai
- Non ! comme dans un rallye, suivre les indications et résoudre l'énigme
- c'est quoi l'énigme
- Devine pourquoi je ne t'ai pas donné l'adresse
- Pourquoi ?
- Cherche..."

Échange de numéro de téléphone et tchao tchao. Dans la voiture, ma flic d'enfer ne desserre pas les dents. Je suis dans l'ambiance du film, je ris toute seule, tout va ... mal !! Elle fait vraiment la gueule. C'est en glissant la clé dans la serrure que le fou rire me prend à m'en faire péter les côtes. Entre deux hoquets j'articule "Tu es jalouse". Le "
Ta gueule" qui a suivi m'a coupée net. Oups, c'est sérieux. J'ai eu droit à une diarrhée verbale digne d'un monologue de Racine sur les ex, cette tendance qu'ont les lesbiennes à rester proches de leurs ex, qu'investie dans une relation on ne doit pas en dévier etc etc. La colère me prend. Elle n'a pas à gérer mes relations amicales passées ou présentes ets etc. Ça chauffe sévèrement. La voisine menace d'appeler les flics, super cop lui brandit sa carte sous le nez je repique un fou rire, ma dulcinée s'en va en claquant la porte. Ambiance

J'ai passé la nuit à réfléchir. Comment faire pour que ,ça aille mieux / comment faire pour que ce ne soit pas pire et, question essentielle : pour-quoi ? Nouvelle donne, la jalousie, sentiment qui m'est insupportable. Comment faire.


Par Zoé - Publié dans : An 2011_Chapitre 5
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 18:54

Je t'écris au féminin parce que j'y crois

Je t'écris sans fin parce que je te vois

Une chanson de Piaf dans le lointain

Petite mélodie d'un bonheur sans fin

 

Gratouille la guitarre et cognent les cymbales

La voix attaque rauque et rocailleuse

Les Harley prennent le large

Dans une pétarade de rage

 

Heavy Metal ou simple rock anal

Les décibels envoutent la foule railleuse

Je vois ton corps se déchaîner

Femme hurlante et libérée

 

Les motardes s'engagent dans le désert sableux

Dans un no woman's land langoureux

Je vois ton corps se déchaîner

Femme hurlante et libérée

 

Les Harley prennent le large

Dans une pétarade de rage

Les motardes s'engagent dans le désert sableux

Dans un no woman's land langoureux

 

Je t'écris au féminin parce que j'y crois

Je t'écris sans fin parce que je te vois

Une chanson de Piaf dans le lointain

Petite mélodie d'un bonheur sans fin

 

C'est léger et ça ne mange pas de pain ! comme ce petit clip déniché sur la toile. C'est frais...

 

 

Par Zoé - Publié dans : An 2011_Chapitre 5
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 12:30

Décidément je ne m'arrête plus. Je suis allée à la piscine avec ma chère et tendre. Ça nous a prises comme ça, l'envie au réveil. J'avais envie de nager, je lui ai proposé, elle a dit banco. C'était la première fois et c'était bien. Son métier l'oblige à rester alerte et rapide. Elle est svelte, alerte et rapide. Elle m'a collé une longueur d'avance sur un un 100 mètres. Elle va vite. Je me suis alignée en souriant à son regard malicieux. M'est venue comme une mélodie

 

Un instant volé au temps

Tu te réveilles en murmurant

Ton corps flotte à la surface de l'eau

 

Tu étires tes membres comme un chat

La vie revient  à tout petit pas

Un instant volé au temps

 

Puis tu m'étreins tendrement

Mais tu me désignes une tâche dans le dos

Ton corps flotte à la surface de l'eau

 

Tu vas aux toilettes te soulager

Pendant que la cafetière fait son effet

Un instant volé au temps

 

Tu m'embrasses après t'être lavées les dents

Tu te réveilles bien droite bien belle

Un instant volé au temps

Ton corps flotte à la surface de l'eau

 

Voilà ce à quoi j'ai pensé


J'ai envie de danser, pas toi ?

 

 

 

 

 

Par Zoé - Publié dans : An 2011_Chapitre 5
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