Vendredi 18 novembre 2011
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12:58
Salut toi. Tutti va bene ? (traduis par : comment c'est y que ça va bien ?). Voilà, 502ème donc on y va, on continue.
Certaines journées sont bien fichues. Hier soir j'ai vu super flic et je te le dis blogueuse, plus le temps passe, plus je m'amourache d'une femme
qui me pile délicieusement les nerfs. Que je m'explique : nous étions voracement collées l'une à l'autre quand ça sonne à l'interphone. Je décide de ne pas bouger. Ça résonne avec insistance. Ça
m'énerve. Ça sonne à nouveau, je me lève en me décollant de magnum 357 avec beaucoup de
1 difficulté
2 en colère
Je survole le salon en deux enjambées énervées, interphone et là big surprise
- je n'y crois pas !!!
- Qui est-ce ?
- La gamine de l'autre soir avec son
interview
- Quelle gamine ?
- La motarde ! fais chier
Et je retourne dans les bras de ma dulcinée pour reprendre notre conversation abondamment corporelle. Les fluides magiques font instantanément
effet et alors que mon bas ventre hurle dans des spasmes désespérés, ça sonne ! Sans rien maîtriser mon corps se rue sur le bouton et je m'entends balancer un "oui" d'une sécheresse à vider
le biafra de toute humanité. J'entends
- Champagne (elle brandit une bouteille). Grâce aux interview j'ai eu le poste
- (toujours aussi dure) Félicitation mais ce n'est pas le moment !
- Je peux repasser ? Je voulais vous remercier avec
- Je coupe : désolée mais vous m'emmerdez !! Pas ce soir
- D'accord je repasserais
Elle tourne les talons et enfin s'en va. Je retourne dans les bras de super flic pour m'enrouler autour d'elle et je pense
Je suis un martin pêcheur sur la berge de la rivière Je ne suis pas la route 666 au coeur des states
Je suis le vent qui disperse les grains de sable au gré de ses humeurs Je ne suis pas l'épouvantail au milieu d'un champs de guerre
Je suis l'étreinte de tous ces gens heureux d'avoir gagné Je ne suis pas un immondice de mensonges bifurqués
Je suis l'élève modèle qui dit oui mais qui pense non en regardant par la fenêtre les feuilles s'envoler Je ne suis pas le contre UT qui vient
fracasser le cristal dans un cri étourdissant
Je suis la femme aux cheveux bleus et à la peau vénitienne Je ne suis pas l'éboueur des cauchemars des petits
Je suis ce flic stupide campé sur ses deux jambes sur un asphalte sans pitié Je ne suis pas cette femme morte allongée sur la civière de son dernier
soupir
Je suis l'instant fugace d'un regard phéromonal lorsqu'elle est entrée Je ne suis pas le diocèse des crétins et des crève la faim
Je suis un soir éthéré qui enveloppe notre pique-nique à la lumière des bougies Je ne suis pas cette gamine insolente et incontrôlable que l'on
voudrait bien me faire jouer
Je suis cet éclat de diamant qui brille à l'aune de ton sourire Je ne suis pas cette imbécile enivrée qui vient de rouler sur le ballon d'un enfant
désespéré
Je suis une lueur rouge verte bleue aux vertues thérapeutiques Je ne suis pas un malheureux pneu des 24H du mans
Je suis l'espace indéfini entre ce qui est et ce que l'on voudrait qui soit Je ne suis pas la bouche d'égout qui dévore tout ce qui passe
Je suis Je ne suis pas.
Nous avons intensément fait l'amour. Elle a reçu un appel, s'est levée pour aller prendre une douche pendant que je lui faisais un café. Elle s'est
habillée, a remis son holster et son flingue puis elle est partie. Je suis restée dubitative : deviendrais je une femme de flic ? Avec ses angoisses spécifiques, la fonction de femme de flic est
relativement angoissante. Je suis et je ne suis pas.
Tttt, Zoé, pas d'inquiétude inutile, tout va bien. Quand je te dis blogueuse que je m'attache...