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The worLd

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Jeudi 15 mai 2008

En bas de chez Zoé, un bar ! un vrai de vrai avec tous les alcoolos de la place, les vieux, les purs et durs, les convertis à dieu gros rouge depuis tellement d'années qu'ils se sont mis à ressembler au godet que leur sert le patron : le visage cramoisi, les pores de la peau dilatés, la voix rauque, le verbe haut, la démarche chancelante, le regard torve. Un vrai plaisir quand j'ouvre la fenêtre et qu'ils ont décidé d'aller fumer leur clope dans la cour, un ravissement pour les oreilles, vraiment

elle : ... complètement pétée, j' te jure quand j'ai été à la poste
lui : t'as été à la poste ?
elle : ouais, complètement pétée. Ca tonne
lui : ouais c'est pour ça qu' ça c'est rafraichit un peu
elle : v'ouaiaiaiais, y m'a appelée Laurent
lui : mais non c'est pas toi
elle :oh bin j'te dis qu'y m'a appelée Laurent
lui : viens on rentre
elle : tu payes ton coup alors ?
lui : non mais y va pleuvoir !

C'est rafraîchissant limite poétique sauf quand il l'a menace de prendre sa main dans la gueule (dixit). Le top du top consiste à écouter le soir, alors qu'ils ne tiennent plus deboud, qu'ils sont 5 ou 6, du grand Art ! Le matin ils commentent les infos, refont le monde, plaignent les populations en danger de mort mais le soir, ah le soir... Engueulades est un doux euphémisme pour décrire les cris et autres onomatopés qui caractérisent la france d'en bas. C'est un summum de bêtise cruelle mixée à la tendresse pastis, une petite communauté de pauvres gens indéfinissables, enlisés dans leur soif insatiable de rosé et de commérages. 

Je me demande souvent ce qui a pu les précipiter à s'aviner ainsi du matin au soir, quelles structures ont fait défaut, quelle seraient leurs vies en dehors du café. Je me demande aussi quelle seraient leurs vies sans cet espace de vie que deviend le bar, lieu de convivialité qui n'est pas sans masquer de profondes solitudes.
Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas là de fausse compassion, simplement d'un regard presque aimant sur ces populations sans âge, sans avenir, au niveau intellectuel apparant plutôt fond de verre, à la sensibilité soit à fleur de peau soit sans émotion. Mais a t-on déjà vu un verre de rouge faire du sentimentalisme ?




L'alcool altère la vision ? ah bon !

par Lanac Diame publié dans : An 2008_Chapitre 4
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Mardi 13 mai 2008

Haaaaaa ! Baillement à peine étouffé, bras levés bien étirés au dessus de la tête, mains qui se rejoignent pour mieux faire craquer les phalanges, tu l'as compris : je me réveille ! Et quand je me réveille, j'ouvre ma grande gueule pour aérer plein large mon cerveau encore ensommeillé. Je n'ai pas encore pris connaissance des infos mais avant je vais aller me balader, v'oui madame, me détendre l'esprit et le corps avant d'entamer cette journée qui fait suite à la super journée d'hier. V'oui madame ! Alors je sais que tu t'en fous comme de ta 1ère chemise mais si je te dis que j'ai mangé un veau marengo comme jamais, suivie d'une mousse au chocolat blanc, chocolat praliné et chocolat noir que tu ne peux ab-so-lu-ment pas concevoir, même dans tes rêves les plus fous ! C'était, comment dire ? C'était onctueux à souhait, ça se déposait délicieusement sur la langue, emplissait les récepteurs gustatifs de saveurs jusque là inconnues, me promenant ainsi en Amérique centrale, sous le soleil, au son des guitares mexicaines. Ca chantait à chaque papille affolée par tant d'onctuosité, c'était un feu d'artifice de saveurs odorantes et alléchantes, c'était généreux, plein de charme, d'un bouquet incomparable. Tu l'auras compris, c'était bon, simplement et sincèrement bon !

Alors qu'est ce qu'on dit ? On dit merci à la dame de tant de talent, on tombe à genoux, on implore le ciel pour que jamais, oh grand jamais, cette divine surprise ne cesse, on se jette à plat ventre, les bras en avant, les pieds bien cambrés pour que
la terre s'arrête de tourner, là tout de suite sans perdre de temps, plus une seconde, rien, l'immobilisme gratuit, tous les théorèmes anéantis, la terre ne tourne plus, la terre n'est plus que symbiose avec le cosmos, tu es , heu non, je suis le cosmos, le grand, le tout, je suis M O I

En résumé, si tu m'invites, réussis ta mousse au chocolat et je casse la baraque
En résumé toujours, sa mousse était divine 
Mais  divine....
Un savant mélange de douceur exotique, de balancier de saveurs, d'exploration naturellement intime  
Si intime
Que j'en resterai là
Non mais !

Par contre, devant autant lipides, glucides, sinusoïdes érotismiques, il me faut penser à éliminer ! Je n'avais jusqu'à ce jour aucune motivation pour aller me ballader avant de consulter mon horoscopéïde, les infothymiques et autres raseries démotivantisiques mais Karen m'a donné en exemple quelques bonnes raisons pour être à l'écoute de mon corpus intimoïque. Alors dans la 4ème dimension je m'enfonce je m'enfonce je m'enfonce


Gloup  
               gloup         
                             gloup



 

Interview Muriel Hermine 
      

par Zoé publié dans : An 2008_Chapitre 4
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Lundi 12 mai 2008

Ainsi Lanac roucoule t-elle des moments précieux avec son artiste de peintre, beaux couple de serinettes qui chantent au fin fond de leur nature amoureuse.
Emma elle, dont j'ai très indirectement eu des nouvelles hier par son voisin rencontré par hasard (alors là tu vois, tout le monde s'en fout ndlr) m'a gentiment raconté qu'elle est avec Charlie et Via quelque part on the riviera beach à minauder je t'aime, je t'aime,  je vous aime, tu nous aimes ? nous t'aimons aussi, qu'est ce qu'on s'aime !!
Fred est partie pour le week-end voir son popa et sa moman qui ne l'ont jamais vue grandir et qui la chouchoute, parents gentiment aimant
Emilie jolie fait un break eau et nature brugeois et m'a dit qu'elle voulait un peu de calme avec sa nouvelle amie donc qu'on ne se verrait pas ce week mais qu'elle m'aime quand même (t'as qu'à pas casser la gueule à toutes ses copines NDLR)  
La plupart des potes sont partis s'éclater loin de paname histoire d'engranger quelques forces avant de reprendre le rythme boulot ou le rythme chômage (qui devient carrément crevant avec les nouvelles lois de zébulon)

Et maintenant, que vais-je faire, et maintenant que sera ma vie
tu m'as laissé la terre entière, depuis que tu es partie (p'tain arrête toi, tu masscres le texte NDLR)

Je passe ma journée avec Karen V'ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Mais qu'on ne s'y trompe pas, Karen et moi, c'est pour le plaisir, simplement, sans patin (menteuse !), sans coufin, just only the pleasure darling !
Parce que je ne retomberais pas dans le panneau cruel et inhumain du I'm in love with you baby alors que baby précisemment, n'est pas vraiment sur la même longueur d'ondes, voudrait bien mais ne peut point, que baby, quand il faut te l'arracher du coeur, c'est carrément l'organe qui part en lambeaux (mhmm, ça j'aime bien NDLR - ta gueule, ch'uis sérieuse là) ; ce sont tes tripes qui se sont barrées en dehors du corps et qu'il faut que tu ramasses à pleine main tous les matins pour les re-rentrer violemment dans les orifices qui vont bien ; ce sont tes yeux tellement bouffis de sanglots et de nuits blanches qu'on dirait le regard d'une myope astygmate presbyte après tchernobyle (t'es sûre là ? m'semble bien qu'ils voyaient rien après, trop de fumée- précisément la rédac, hé, c'est pas fini de me faire chier oui ?)
En gros, t'es morte e! même en vie t'es morte !! et non tiens, même la mort elle te fout la paix alors que la souffrance de LA rupture, elle te bouffe toute crue , de l'intérieur, anthropophage la rupture, dégueu, crade !

Alors tu l'as compris, aujourd'hui c'est fête, c'est sans conséquence, c'est la petite flamme qui moi aussi va me tomber au sommet du crâne (oui je te rappele que c'est pentecôte NDLR, tu la ramènes moins hein ?). Histoire d'être bien dans la tradition, Karen m'a promis un plat de veau dont je lui dirais des nouvelles et moi je nous promets quelques moments câlins qui, en toute humilité, devraient bien faire passer la journée
(prétentieuse va !)

Bonne fête aux juifs, bonne fête aux chrétiens, bonne fête au monde entier et même mes pieds (t'as fumé toi ? allez avoue, t'as fumé ? NDLR)



 

Maria Callas - Havanaise

par Zoé publié dans : An 2008_Chapitre 3 communauté : Homo sensualité ..
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Dimanche 11 mai 2008

Que des vacheries ! La mère de Houellebecq a un tonus d'enfer. On la croyait morte, que nenni ! la voilà bien campée sur ses deux jambes, à régler ses comptes avec sa progénture. Bon le sieur j'aime pas, mais pas du tout, ni l'homme ni l'écrivain. Essaie donc "Les particules élémentaires" où, au passage, il massacre sa mère, et tente un bon dîner après ça... indigeste ! il arrive à rendre indigeste une assiette de chez Loiseau, Salaud !!
Mais la vengeance est là, terrible : langage acerbe "menteur, imposteur, parasite" et elle justifie. Vlan, prends ça la tronche ! Il mérite "une paire de tarte" toutes les 5 secondes. Le journaliste, un tantinet filou avec une question vacharde "Vous préféreriez avoir fait un enfant heureux ou un grand écrivain ?" "Mais c'est pas un écrivain !... Houellebecq égal dégénéréscence de notre époque", re-vlan ! La souffrance psychique du fiston ? "Pauvre petite bête, ça va passer " dixit ! Là c'est carrément un obus, que dis-je, un missile super destructeur.
"Mais je l'aime mon fils, ça me ferait de la peine s'il attrapait la vérole, le SIDA, un cancer !" Sympa joli mixte de douceurs, surtout la vérole, très tendance !
Son nom : Lucie Ceccaldi, son bouquin : L'innocente. Perso je le lirai pas, pas envie de me taper le dit auteur en version mama vacharde mais qui a quand même quelques regrets, si si !!
 

Allez, la semaine dernière, 7 à 8 nous avait passé le pire de l'horreur avec cette pauvre femme victime des pires viol-ences. Ce soir c'était le film comique de TF1. Qu'est ce qu'ils peuvent bien nous concocter pour la semaine prochaine ?


par Zoé publié dans : An 2008_Chapitre 3
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Dimanche 11 mai 2008

Je suis au moulin de Louise, il fait très beau. Petit déjeuner en terrasse, soleil resplendissant, pas trop chaud, juste ce qu'il faut. Les oiseaux chantent dans une symphonie pastorale, diverses partitions qui se fondent totalement dans l'ère du temps. A vingt mètres la rivière nous fait signe que tout va bien, le débit entraîne joyeusement les poissons dans une cavalcade sympathique sans pêcheurs, sans entraves. Dans le pré voisin, deux chevaux broutent tranquillement. Il y a moins d'un quart d'heure, ils ont piqué un sprint pour mieux se défouler les sabots. Ils ne se quittent pas, jamais. Le plus grand semble le plus joueur,  provoque son frère à coups de museau dans l'encolure. Cet endroit me ravit, me remplit de douceur. Louise est déjà dans son atelier sur un trompe l'oeil qui ira vivre chez un particulier, donner de l'ampleur à un mur, un plafond, une surface qui prendra une autre dimension. 

Je pense à ma filleule Emilie, qui a eu un choc en découvrant cet endroit. Elle cherchait une maison sur Bruges mais n'était pas fixée sur quelque chose de particulier. Elle a passé un week-end avec nous puis s'est décidée pour  le même type d'habitat. Son moulin est très sympa, chaleureux. Emilie me plaît beaucoup dans sa conviction de femme d'affaires trentenaire, pleine d'énergie et de convictions. Elle est tout à fait décidée à avoir un enfant mais je crains qu'elle ne fasse cet enfant comme elle conduit son entreprise, dans une réalisation à un train d'enfer, entre deux rendez-vous. J'ai moi-même été à Bruxelles pour donner naissance à ce qui m'était le plus cher, le plus indispensable, ce pourquoi j'aurais tout donné. Malheureusement les échecs des inséminations ont été toujours plus cruels. A chaque fois je me relevais en me disant que la prochaine serait la bonne, qu'il me fallait m'accrocher. Je repartais de l'hôpital  dans un espoir fou, serrant bien les cuisses de peur qu'une goutte du précieux liquide ne vienne à s'échapper, retenir, se persuader que le gagnant avait rencontré mon oeuf tout chaud , tout beau, tout prêt à se laisser envahir par des paires de chromosomes bien fichus. J'avais à côté de moi un petit bonhomme qui me persuadait que tout était possible, qu'il ne fallait pas renoncer, mon ami mon copain
Sébastien.
Je me souviens d'un dimanche soir. Je devais recevoir le traitement pour le lundi matin mais en France tout est fermé le dimanche. J'arrivais à l'hôpital le dimanche vers 22 heures. On m'avait bien expliqué qu'il fallait que j'entre par une porte spécifique puis que je suive des couloirs jusqu'au service souhaité. Je me suis perdue. J'ai erré un bon moment. C'est si étrange un pavillon pédiatrie qui, a un étage, propose son service de fécondation assistée. Je m'engageais  dans des couloirs sans fin, tournant, retournant sur mes pas. J'ai compris que je touchais au but en m'arrêtant à une chambre dont la  porte était restée ouverte. Elle était dans son lit, le visage reposé, lui assis sur une chaise se tenait penché vers elle, lui serrait la main. Tout deux parlaient à voix basse de la fécondation in vitro qu'elle venait d'avoir. Je les ai trouvés très beaux, déjà dans leur futur à trois. J'ai eu le coeur qui s'est un peu emballé, j'avais moi aussi un rendez-vous avec mon avenir. Ce fut ma dernière tentative. 
Quand le médecin a souhaité s'entretenir avec moi, j'ai
anticipé l'immense solitude d'un ventre plat, d'un petit bout qui ne verrait pas le jour, d'espoirs démolis par une nature qui n'a pas voulu que la procréation se fasse. Je n'aurai pas d'enfant avec Charlie, mon dossier déposé à la DASS pour une adoption avait été refusé quelques années auparavant au motif que nous vivions ensemble, deux femmes pensez vous...  Et même si Charlie était déjà mère, avait donné toutes les preuves de bon développement de ses deux fils, sans problème quant à la relation que nous avions tous les quatre, deux femmes... ! No comment !

Et  la vie continue, là où elle semble s'être définitivement arrêtée, dans une descendance foutue, elle s'échine à ne pas laisser le choix, vivre quand même, vivre malgré tout. La roue ne tourne pas, il y a des évidences contre lesquelles il est absolument inutile de se battre. Après le désespoir, après la longue traversée du désert apparaît un coin d'oasis, un endroit frais qui accueille en toute simplicité les naufragés d'un amour interdit par dame nature. Il faut du temps pour se récupérer, se recentrer sur soi, accepter que les choses ne seront pas comme on les projette. Il faut du temps pour apprendre à aimer ce qui est, faire le deuil (expression tellement galvaudée) de ce qui ne sera pas. Du temps encore pour vivre sereinement, autrement, construire autre chose.
J'ai gravé en mémoire les photos d'enfants qui donnent de la vie, de l'espoir à toutes celles qui vont dans ce service, je revois encore et toujours les nez rouges de l'entrée dans le bâtiment. Mais j'ai aussi à portée de main, sous les yeux et dans le coeur, dans ma vie, les enfants dont les fils de Charlie m'ont fait la marraine. Ils m'offrent aujourd'hui une réconciliation extraordinaire avec le rire, avec le sentiment que rien, jamais, ne sera comme avant.

Le soleil est plus haut, joyeux compère d'une journée qui s'annonce bien. Louise peint toujours, je vais lui proposer un café. 

par Lanac Diame publié dans : An 2008_Chapitre 3 communauté : Homo sensualité ..
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Cadeau de Noël

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