Mardi 8 novembre 2011
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Katerpillar a écrit un article sur une improbable rencontre virtuelle. Laisse moi te faire part de ma modeste aventure.
Once upon a time, je surfais sur le net quand un blog canadien m'arrête. Bien fait, contenu intéressant, chaleureux, je laisse un message.
Correspondance soutenue pour en arriver à écrire mutuellement le désir de se rencontrer. Et un jour bingo "J'ai acheté mon billet". Elle vient de m'annoncer son arrivée pour début juillet. A
cette période j'étais sur la riviera côté Hyères les palmiers à travailler sur un tournage très pénible.
Il faisait déjà très chaud, la foule des embouteillages estivaux commençait à miner l'asphalte, j'en avais marre de ce film où régnait une ambiance de plomb bref : pas d'une humeur olé olé.
C'était la première fois qu'elle prenait l'avion, sa première venue en France, son premier long voyage. Elle m'avait envoyé sa photo que j'avais jugé peu avantageuse. Un visage rond lunaire, un
vrai sourire, un regard pétillant mais mauvaise photo.
Je suis partie direction l'aéroport de Marignane, le coeur léger, le ciel azuréen et malgrè ce début de matinée, un soleil déjà chaud. Je vais aux "Arrivée" et j'attends. Le vol arrive à l'heure
tout va bien. Les canadiens passent le portillon en Anglo-français et j'attends. Tiens, ça peut être elle. Je m'avance "Hi, are you... ?". Non ce n'est pas elle et pourtant ça aurait pu. Alors
j'attends, j'attends, j'attends. Arrive loin derrière ma blogueuse, je regarde la photo, je vérifie à deux fois : c'est bien elle, énorme ! Le sur poids en évidence, elle pousse son caddy avec
difficulté alors que je déglutis dans mon coin : le canapé dans le studio que j'ai loué va t-il tenir le coup ? Je te jure que j'ai bloqué grave, j'allais devoir lui laisser le lit !!
Plutôt que de prendre le tunnel, je passe par le port de Marseille pour qu'elle voit la ville mythique. Je crève ! dans les embouteillages
journaliers, je crève... Soleil de plomb, il faut changer le pneu. Elle se propose, je dis oui et la voilà en nage à s'escrimer sur le cric. La voiture à nouveau sur ses quatre roues, direction
Hyères. J'arrive. Message sur le répondeur : il faut que je sois en Italie le lendemain à 7 heures. Coup de fil désespéré à ma vieille copine toulonnaise qui m'a trouvé le studio. Rendez vous est
pris pour le dîner que nous vivons très arrosé. Ma canadienne se révèle silencieuse, engoncée dans son obésité. Ce n'est pas gagné. Fatiguée, crevée par dix jours consécutifs de tournage, le
bourgogne en toupie, je m'endors très profondément. Je le sais parce que ma toulonnaise met un temps fou à me réveiller. Il y a le feu. Je fonce dans la cuisine. La fumée est entrée par
la fenêtre, ma canadienne est scotchée.. Les pompiers arrivent toute sirène hurlante. Le cauchemar !
Deux heures plus tard, je prenais la route pour les trois derniers jours de tournage via Gênes en Italie. Je laissais derrière moi le plan de Hyères, les activités en cours, les horaires des bus.
Nous lui avions tout expliqué, nous avions fait des repérages en début de soirée. Elle parlait français avec un accent terrible mais je ne comprenais rien à son anglais.
Lorsque je suis rentrée, quatre jours plus tard, elle n'avait pas bougé. Rien nada !! Pas de visites, de balades. Elle ne boit pas, ne fume pas, ne supporte pas l'image de le femme dans la pub
française, me signale bien ferme que les motos n'ont pas à passer devant quand il y a une file bref, elle est chiante.
Alors j'ai mis le paquet. Je l'ai promenée partout. Est Ouest, nord sud, tout y est passé. Je cherchais des petits villages, des routes secondaires, des plaisirs accessoires, des rencontres
touristiques donc sans lendemain.
Elle est repartie contente mais le démarrage poussif de notre relation loin d'être virtuelle est resté gravé. Nous ne sommes plus en contact et c'est bien dommage car virtuellement tout se
passait bien. Ouaip ! mais il y a eu le réel...
Si tu ne l'as pas vu, court résumé de Fucking Amal