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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
EMMA, JE T'EN PRIE FAIS SIGNE
J'ai dit à Lanac que je voulais réfléchir avant qu'elle ne publie le dernier article. Bien sûr je ne l'ai pas lu avant mais je voulais prendre le temps de savoir si tu répondrais à mes appels ou mes textos. C'est en ligne depuis lundi et aucune nouvelle. Je sais que tu lis ce blog alors je t'en prie, dis ou écris quelque chose.
Je suis allée à la gare tout à l'heure et je t'ai contemplée derrière ton guichet. Je sais que ça ne va pas, ça se voit. Emma, je t'en prie fais signe. Zoé
Zoé n'a montré le bout de son nez que samedi, en fin d'après-midi. Elle allait incontestablement mieux,
physiquement mieux. Elle s'est dirigée vers la cuisine sans dire un mot. J'ai tout de suite compris qu'il faudrait un moment avant d'établir le dialogue. Je suis retournée à mon livre, patiente.
Un "merde" tronituant à fait trembler les vitres au moment ou le bruit du verre a explosé sur le carrelage. Ca commencait fort ! Revenue au bout d'un moment avec un plateau chargé de ce qui
constitue un parfait petit déjeuner, elle daigne me lancer un vague bonjour. Bon signe. Puis elle se lève et me dis : "je crois que j'ai besoin de prendre l'air. Tu veux bien m'accompagner ?".
"Avec plaisir". Elle sourit, oh ce n'est pas son sourire des grands jours mais elle sourit "Je prends une douche et on y va".
Et nous voici sorties une demi-heure plus tard, nous dirigeant machinalement vers le Père Lachaise. Nous avons pour habitude d'aller fumer un joint sur la tombe de Morisson avant de nous rendre
au colombarium où je me repose en compagnie de La Callas.
Toutefois, sentant bien la discusssion à venir indispensable, je ne juge pas utile d'aller présenter mes hommages à Dame Soprano et je lui suggère de faire juste un tour via Pierre Desproges.
Gagné ! Elle se détend. Je sens son bras passer sous le mien. Son pas est plus alerte, le froid plus vif.
C'est arrivées devand la tombe que je lui demande si la minute de M. Cyclopède serait la sienne pour entamer un résumé de sa soirée qui risque de la remuer un petit peu. Je vois l'ombre
de tristesse se poser sur son beau visage insolent de vie. J'ai de la peine pour elle. Elle me demande "J'ai vraiment merdé ?". Je confirme d'un vague mouvement de tête "Tu veux les détails
ou tu te contentes des grandes lignes ?". Silence. "Bien : en gros tu as vidé les trois quart d'une bouteille de téquila à grand renfort de frappé. Tu as commencé à délirer sur les hétéros qui se
tapaient des expériences homos mais sans prendre de risques. Je n'y étais pas mais je crois qu'Emma s'est largement sentie visée et qu'elle l'a assez mal vécu. Après avoir longuement déblatéré
sur les fêtes de convenance type la Saint Valentin, ce devait être le moment drôle, tu t'es mise à genoux pour offrir ton cadeau à Emma et là tu as perdu l'équilibre. Résultat, dans ta chute,
ledit cadeau s'est retrouvé explosé sur le mur d'en face. Ca fait trois jours que Rudy vit les fenêtres ouvertes parce qu'elle ne supporte pas l'odeur d'Opium. Saint Laurent quand c'est trop,
c'est trop, tu as vomi sur sa moquette. Il a donc été question de te ramener chez toi et là, je te promets que c'est vrai, tu étais assise à l'arrière de la voiture de Charlot et au 1er virage,
tu as joué à coucou qui est là ! Il a trouvé l'angle du mur de l'immeuble en face. Voilà pour le factuel". Nous nous sommes fixées longuement. Nos visages se sont décrispés en même temps et
nous sommes parties dans un fou-rire inextinguible. Nous hoquetions, incapables de reprendre notre respiration et dès que l'une recouvrait un semblant de calme, il suffisait que nous nous
regardions pour que celà recommence. Celà faisait très très lontemps que je n'avais pas ri de la sorte et tout en moi lui criait un immense merci.
Puis petit à petit nous avons retrouvé notre calme. Je lui ai proposé de rentrer. Elle a pris un air contrit pour me demander "Ils font la gueule alors ?". Je ne pouvais pas lui mentir : "Ma
chérie, pendant quelque temps considère toi comme persona non grata. Tu peux toujours téléphoner à Rudy pour t'excuser, à Charlot pour lui demander combien tu lui dois pour faire réparer
l'avant de sa voiture quant à Emma... elle est profondément blessée. Elle te fait part de ses sentiments et toi tu te mets à l'envers. Elle s'attendait à autre chose".
Zoé a changé de tête et s'est emportée "ah ouais ! et moi je suis quoi moi ? La face cachée de l'iceberg ? Le secret ? Le silence ? Elle t'as dit aussi que je ne serai jamais dans
sa vie sociale, dans sa vie familiale, dans sa vie professionnelle ! Je ne suis là que quand Madame est totalement disponible, qu'elle a bien fait le vide autour d'elle. Même dans la rue faut
faire gaffe ! Merde Lanac, merde et remerde. Elle me demande de venir chez elle après son boulot mais dès que ses gamins arrivent, c'est un baiser volé derrière la porte du frigo ! J'ai la tête
dans le congélateur et le coeur au micro ondes avec elle. Je deviens complètement maboule. En plus mercredi, on venait de faire l'amour et pour la première fois, elle me dit qu'elle m'aime.
Et je fais quoi moi ? On va où dans ces conditions là ? On construit quoi ? Comment ? Sur quelles bases ? Alors oui j'ai trop bu mais p'tain, je ne savais plus du tout ou j'en étais".
J'ai passé mon bras autour de ses épaules, je lui ai sourit et j'ai eu une idée "Le blog ! si tu es d'accord je vais mettre tout ça sur le blog et puis tu verras bien. Laisse passer
quelques jours. On mange chinois ce soir ? Après si tu veux, on ira au jazz club. Ca te va ?" Elle m'a regardé, m'a plaqué un joli baiser sur la joue et m'a balancé "Je vais te faire une
confidence : la prochaine cuite que je prends, c'est avec toi. Ce doit être génial l'amour amical".
Petite Zoé. 48 heures que tu es malade et les pâles sourires que tu m'envoies douloureusement me vont droit au coeur. Je compatis bien sûr (en souriant je ne te le cache pas) à ces grimaces représentatives des spasmes qui te secouent l'estomac et les intestins. D'après le médecin, ce n'est plus qu'une question d'heures avant que ton organisme ne recrouvre toutes ses fonctions. Alors courage. D'une part, j'ai hâte que tu puisses prendre une douche seule : tu n'es pas bien épaisse mais dis moi, c'est que tu es longue et je ne suis malgrè tout qu'une femme, sensible à tes charmes je ne te le cache pas. D'autre part, je ne me sens pas très douée dans le rôle d'infirmière :)
Chère Zoé, ce court article car je sais que tu trouves quand même l'énergie d'aller sur le blog. Je t'ai lu et malheureusement, tes sensations sont les bonnes : tu as trop bu et celà a profondémment déstabilisé Emma. Lorsqu'ils ont sonné à la porte, ta jolie guichetière était très pâle, toi tu étais livide. J'ai compris qu' il c'était passé quelque chose et Rudy m'a répondu "l'alcool a le pouvoir de déshiniber...".
Il faut que nous parlions mon amie. N'attends pas de nouvelles d' Emma pour le moment mais saches qu'elle me téléphone pour savoir comment tu te remets. N'enfouis pas cette sourde angoisse qui te tenaille derrière les effets désagréables de l'après-cuite. Dès que tu te sens mieux, rejoins moi dans le salon. J'ai mis Vivaldi. Je te ferai un bon café. Je prendrai un immense plaisir à mettre un peu d'ordre dans ta coupe hirsute. Allez Zoé, je t'attends.
OUF ! ça y est c'est passé !! Bin oui, la saint Valentin... c'est quand même quelque chose : ne pas oublier THE cadeau, preuve d'amour éternel
; THE circonstances, impossible que ce soit un soir comme les 364 autres de l'année ; THE voix basse parfumée à l'amour et THE lovely night durand laquelle il est bon de se laisser aller à tous
les phantasmes possibles, voire inimaginables que vous n'osez aborder le reste du temps (les 364 jours).
Ainsi donc soit fait. J'arrive chez ma ravissante guichetière qui avait eu le bon goût d'envoyer sa fille chez son père, son fils lui étant chez sa copine. A chaque fois que je la vois,
c'est toujours la même chose, ce frisson inaltérable qui me parcourt la colonne vertébrale, ce désir physique insensé qui nous (je dis bien nous) catapulte aux confins des septièmes cieux. Nous
nous regardons et nos corps s'expriment instantanément. Je la prends deboud contre la porte d'entrée. Elle murmure "non" mais son regard ennivrant est déjà dans l'autre monde. Le plaisir est si
intense qu'il lui fait peur à chaque fois. Son corps est une infinie vibration oscillatoire, un métronome désaccordé qui s'emballe. Je lui maintiens la nuque et plonge avec ravissement dans ses
cheveux bruns. Je la coiffe au rythme de l'orgasme. Je la regarde fermer les yeux. Je vois chaque spasme qui désarticulent son si joli visage. Elle transpire. Ma bouche suit chaque rigole. Elle
hoquète. Je reçois l'expression si particulière de son plaisir par vagues chaudes, successives. Elle murmure "oh zoé, je t'aime, je t'aime tant". Je la regarde bouleversée. C'est la première fois
qu'elle me dit ce sentiment si particulier. Je reste coîte, bouleversée et figée. Mon coeur bat à 1000 à l'heure mais sincèrement je ne sais pas ce que j'éprouve. Je suis scotchée, assommée. K.O.
Elle me dit "ça ne va pas ?". Je réponds "si, si". "Ca n'a pas l'air..." Sa phrase reste en suspend. Je plonge dans ses pupilles et lui sourit. Alors elle sourit aussi. "Prends un verre, je
reviens". Je me dirige vers le bar (côté design de la pièce) et me sert une double rasade de Bourgogne aligoté que je bois cul sec. Je prépare son verre pendant que j'entends la douche version
spa.
Je me remets de mes émotions quand sonnent à la porte ses amis-voisins-locataires : Rudy et Charlot. Un apéritif fort sympathique nous attend chez Rudy. J'ai la tête qui tourne quand je rejoints Emma pour la prévenir mais fichtre : je reviens de loin et j'ai bu
"un peu" vite. Elle crie : "asseyez vous on arrive. Servez vous à boire". Et moi, je dois être vraiment givrée, je rentre dans la douche et me colle contre elle, l'embrasse. Mes mains se baladent
au fil de ses formes, au contour de son corps. Elle éclate de rire, me déshabille. Je réagis que j'ai gardé mes vêtements. C'est ridicule et drôle. Comme d'habitude, je ne fais que des conneries.
Je ferme les yeux et déguste l'eau qui se déverse sur mon visage. Je suis bien. Elle revient, coupe les robinets et me tends une serviette avant de me désigner un jean et une chemise blanche.
Nous partons chez Rudy et si je me souviens de cette soirée, c'est avec une migraine terrible et un sale goût dans la bouche. J'ai pris une cuite d'enfer c'est sûr mais je ne me souviens de rien
après ce que je viens de vous raconter. Pourtant une petite voix insinueuse me siffle telle un serpent que quelque chose c'est passé. D'abord je suis chez moi et là incompréhension totale :
comment diable suis je rentrée ? D'autre part, quand j'ai ouvert les yeux, Lanac était assise près de moi et ces premiers mots ont été "ça va mieux ?". Impossible de répondre, trop mal à la tête
pour articuler quoique ce soit. Elle sourit "tu as des Saint Valentin particulièrement explosives. Allez repose toi. Je serai à côté". Elle sort de la chambre alors péniblement je m'extrais du
lit et viens sur le PC. Pas de mail.
Je suis allée me me recoucher.
Ca va mieux. Que disais je ? Ha oui : OUF ! ça y est c'est passé !! J'ai pourtant une sourde angoisse qui subsiste. Aurais je vécu THE St Valentin de ma vie ? aïe aïe aïe, je crains le pire. Je
suis vraiment trop mal. Je retourne me coucher. Zoé