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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Me reviennent alors ces quelques mots de Lanac :
Baiser. non pas baiser pour baiser mais se baiser s'embrasser les langues s'embrassent dans un long baiser se joignent puis s'éloignent s'étreignent et se relâchent pour pouvoir respirer se reprennent s'étreignent à nouveau se lèchent se pourlèchent à l'embrasure des lèvres embrasure pour étreindre étreindre pour s'embraser et s'embraser pour s'embrasser s'embrasser pour s'étreindre jouir S'embrasser et Jouir.
Je me dégage de sa bouche. Je la regarde dans les yeux. J'ai l'impression de faire un plongeon. Elle a les yeux verts. On y voit, vue aérienne, quelque chose comme les maldives où un atoll d'îlots chanteraient "viens... viens"
Je suis très émue
Je suis décontenancée
Votre voix me percute au fond de mon émoi
Echo invisible de l’audible
Nous manquons nous renter dedans
Quand j’amène un plateau de convivialité
Vous passez une mèche de cheveux derrière mon oreille
Je manque avoir un malaise
Dans vos yeux je perçois le désir
Je suis très émue
Je suis décontenancée
Votre regard se répercute au fond de mon émoi
Echo indisciblede l’audible
Sauvages nous nous étreignons
violoncelles et Violons
Se mettent au diapason
La flute Piccolo émet son chant strident
Je me sens pucelle
Dans ce nouvel opéra de sensations
Je suis très émue
Je suis décontenancée
Touchée par... votre émoi
Echo invincible des perceptibles
...
Je remarquais d’autres objets dans le salon dont un magnifique boudha imposant que je ne pus m’empêcher de soupeser. Lourd Boudha, très lourd.
Je l’entendais s’activer dans la cuisine. Elle m’avait proposé un verre de rosé que je n’avais pas manqué d’accepter. C’est alors que je me demandais comment Céline Minard (l’auteur de La Manadologie !) aurait raconté cette rencontre plus qu’improbable 2 heures auparavant. Je sentais bien que cette femme n’était pas homo par convention. Je l’imaginais… je n’imaginais rien d’autre que d’avoir le cœur à 10 000 à l’heure en écoutant sauter le bouchon du rosé. Je me disais « Zoé, dans quoi tu t’es encore embarquée ? ». Et je n’avais comme réponses que des canapés en cuir blanc, un Boudha très lourd, un piano qui rendait l’âme et un clown captivant. Et elle est guichetière… ! Faudra quand même qu’elle m’explique.
C’est au moment ou je me retournais pour lui demander si elle voulait de l’aide qu’elle est entrée dans le salon. Nos mouvements étaient synchrones à la seconde près. Elle s’est comme statufiée. Je t’ai trouvé très belle.
Tu avais une mèche de cheveux dans les yeux. Vas savoir pourquoi, je n’ai pas maîtrisé ma main qui s’en est allée, étonnament incertaine, te replacer cette rébellion capillaire derrière l’oreille. Le mouvement s’est mué en une carresse sur la joue.
Elle s‘est dégagée très délicatement, a posé le plateau sur le table, est revenue vers moi, a pris ma main et l’a posée sur son cou.
J’ai senti son étonnement quand j’ai ouvert la porte d’entrée de l’immeuble. En fait, j’ai hérité de cette propriété à la mort de mon oncle. J’étais sa seule légataire et quand j’ai pris possession de ce bien immobilier (et d’une très conséquente somme d’argent), c’est surtout le jardin qui m’a interressée . Ainsi n’ai je gardé que la façade qui donne sur la rue (pour l'anonymat !) et j’ai fait construire trois lofts ( choix de vie !) autour du jardin. J’ai englouti mon héritage dans ces logements tout en continuant à travailler.
Le 1er est occupé par Rudy, amie new-yorkaise de longue date, sculptrice attentive du temps qui passe. Rudy est une intellectuelle jusqu’au bout des ongles, jusqu'au bout de ses mains qu’elle plonge énergiquement dans les matéraux aussi divers les uns des autres et pour toujours en ressortir neuve. Elle se cimente au Présent, sa vraie peur étant de se voir vieillir. J’adore Rudy.
Le second c’est Charlot dit Charlot à cause de son grand corps déguingandé, Charlot donc, pianiste. Il imite parfaitement Gainsbourg et Sanson, Ferrat et Dalida. Beau et gay par nature, il est la joie de vivre de notre trio.
Nous sommes passées par la roseraie avant d’aller chez moi. Elle m’a parlé de mes Baccharas, mes préférées.J’ai eu envie de l’embrasser.
Elle a ouvert la porte d’entrée. Nous avons traversé une serre dans laquelle elle cultivait des roses par dizaines. Je remarquais tout de suite les Bacchara, mes préférées, « celles qui ne se font plus » m’explicait-on un jour.Tiens, je relirais bien Ronsard. « Ma mie Allons voir ce matin si la rose est éclose… ». Ce que je ne ferais pas pour ne pas la serrer contre moi ! J’ai envie d’elle j’en suis malade !!
Puis nous sommes entrées dans son salon. Pièce très très surprenante : à gauche, du côté de la fenêtre, une énorme table basse en verre avec autour sur 3 côtés (l’espace sous la fenêtre étant préservé), trois canapés en cuir blanc. C’est très épuré, très design. A droite dans ce même salon, le style est carrémment plus ancien, comme un bric à brac de souvenirs que je sens familiaux. Contre le mur, un vieux piano d’étude se montre harrassé par le poids des ans. Il supporte des tas : un tas pour le courrier, un autre pour les revues, un autre encore avec des livres d’école.
Mais à côté du piano est accrochée une peinture qui me laisse sans voix. Il s’agit d’un clown qui semble très triste. Et toutes les couleurs ramènent directement à ce puissant sentiment de tristesse. Ce clown est si maladroit qu’il en deviend très beau. La pièce semble être aménagée pour lui. J’aimerai avoir cette peinture chez moi.