Jeudi 14 juillet 2011
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Samedi 2 juillet
Chez moi, intérieur jour, début de soirée.
Lanac débouche le champagne avec Louise qu'elle vient d'aller chercher à l'aéroport. Louise arrive de Montréal, ravie de retrouver l'hexagone. Leur
bonheur se lit au bout des cils, sur chaque pore de leur peau. Je sens un véritable amour de couple. Paradoxalement à cette joie perceptible, il y a aussi une sérénité, la force tranquille
de l'Autre Platonicien.
Puis vient Fred, toujours la même dans sa salopette dont j'ai tant de fois descendues les bretelles. Le sourire complice que nous échangeons dès qu'elle passe la porte nous replonge dans notre
complicité douce et raffinée. Elle me dit que Rudy passera peut-être, plus tard. M'ouaip...Arrivent Dany et Héléna conviées par Lanac qui n'a pas jugé utile de me demander mon avis. Fred se marre
et m'entraîne dans la cuisine sous un prétexte fallacieux, sort le bedo et nous voilà à disserter tranquillement de nos vies amoureuses. Avec le temps je me suis détachée de la maison de Emma
mais pas de la roseraie. Cela reste un endroit secret, plein de visions et de sons, de rires et de larmes. Un endroit intense où le plus important a été joué.
Je regarde par la fenêtre pour m'apercevoir que la cour du bar en bas est déserte. Ils doivent tous être en terrasse, mes vieux poivrots
irrécupérables. Les rires des filles me ramènent à la réalité du moment. Je me retourne, des sourires éclatants sur tous les visages braqués sur moi. Lanac ou Fred ???? Ou les deux. Qui a vendu
le secret de ma super flic. Mais non je me fais des idées. Héléna me dit que j'ai l'air amoureuse. Dany sourit en coin, Lanac et Louise échangent un regard complice et moi je me sens comme...la
risée à peine retenue du groupe
- Elle s'appelle comment ? Me demande Dany
- Super flic
- Et qu'est qu'elle fait ?
- super flic
- Ça ne veut rien dire super flic : Le GIGN ? Les stup ? La crim ?
- Précisément on en reste là ! Champagne pour tout le monde ?
Les rires fusent, le vannes aussi
- Tu n'aurais pas transféré sur une vocation méconnue ?
- Une variation de Schubert sur la super flic et la super vidéaste
- Hétéro, bi, lesbienne ? Telle qu'on te connaît rien ne te résiste
- heu... si j'ai une amende, super zorro peut la faire sauter ?
Enfin le bip libérateur du message sur mon portable. "Je suis en bas". J'ai un sourire narquois en regardant les copines "Monte". Je vais ouvrir mais sans dire un mot, juste appuyer sur le
bouton. J'ouvre, elle entre, les lunettes de soleil encore sur le nez. Son "salut" est souriant, d'une voix chaude. Elle commence à me plaquer contre le mur, la jambe entre mes cuisses et il me
faut faire un effort démesuré pour lui dire en haletant "on est pas seules". Se désincarcérer d'un corps peut paraître chose simple mais quand le désir est ravageur, cela devient beaucoup plus
compliqué. Petits gémissements de chiots frustrés et voilà les présentations !!! Bises cordiales mais les voix baissent d'un ton lorsqu'elle enlève ses lunettes. Les yeux sont d'un bleu limpide,
océanographique, les Seychelles à portée de main. J'ai le sourire vainqueur que surligne un clin d'oeil de Fred. Ma super flic va dans ma chambre et revient vêtue d'un jean et d'un tee shirt qui
en font quelqu'une de tout à fait ordinaire. Mais son job ne l'est pas et les filles veulent en savoir plus, toujours plus. Ma super flic super à l'aise se laisse aller à raconter une ou deux
enquêtes à faire froid dans le dos. Mais ma fredouille qui en est déjà à son 3ème pétard et second verre de vin commence à se lâcher sérieusement :
- Et question vie privée ?
- Pardon ? demande Zorro
- Hétéro bi homo ???
- Homo refoulée puis homo grand jour
- Tu as fait ton coming-out ?
- Dans mon job ça m'étonnerait qu'un jour ça se passe quoique... Il suffit d'un pot avec les conjoints. Tu viendrais Zoé ?
- Moi affolée : ça ne va pas non !!! Tu me vois au milieu d'une flopée de flics ? Ton coming out professionnel c'est sans moi chérie !
- Ma soeur sait que j'ai rencontrée cette tête brûlée
- Et alors ?
- Contente si je suis heureuse mais pas tout à fait emballée. Entre le je m'en foutisme et un rien de résidus moral
- Alors homo ?
- Il semblerait oui
- Champagne !!!
Fred, mon amie Fred, ce que tu peux être chiante par moment.
La soirée ne s'est pas franchement éternisée. Dany et Héléna se sont éclipsées les premières, Dany me chuchotant à l'oreille "Heureuse pour toi" alors qu'Héléna me susurrait "Tu nous
manques".
Fred a dormi sur le canapé tellement elle était à l'envers. Lanac et Louise se sont dirigées vers leur chambre dès qu'elles ont pu alors que ma super flic m'entraînait sans effort vers la chambre
nuptiale (la mienne). Rien n'a réveillé Fred alors qu'il y a eu concours de gémissements et cris dans l'appartement.
Rien ne réveille ma Fredouille quand ma Fredouille a abusé.
Samedi 9 juillet
Rien, le néant, le vide, l'absence. La rage aussi, enfin me concernant. Je ne serai pas un peu cinglée de me morfondre en attendant que super flic
fasse son apparition ? Humm cette colère qui m'a prise Alors j'ai sms mes trois copines de java et nous somme sorties dans une fête privée. Je me faisais terriblement chier (me semble le
terme le plus approprié) quand mon portable a sonné. Elle m'écrit "Je passe te prendre ?" Hop l'adresse. Un autre texto "Je suis là".
Je suis là moi aussi, bien là. Elle sourit, moi aussi. Les doigts se croisent sur le levier de vitesse. Première, seconde... troisième. C'est
lorsqu'elle embraye la sixième que le désir mugit.
Nous avons passé notre première nuit entière ensemble avec petit déjeuner s'il te plait.
Tu vois, parfois tu trouves tout moche et puis un regard, une voix, une odeur. Que cela se joue dans l'à peine perceptible ou à la Cupidon, il y a
toujours un cumulus quelque part, un petit nuage auquel tu donnes une forme.