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The worLd

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Vendredi 2 mai 2008
Ce matin j'ai retrouvé Lanac couchée sur le canapé, les mains jointes derrière la tête, les yeux fermés dirigés au plafond. Elle dégageait quelque chose de serein. Je la vois rarement comme ça, le visage reposé, détendu. Lanac est une belle femme, secrète, subversive.
Le PC clignotait alors doucement je me suis approchée et j'ai lu. J'ai eu envie de laisser un commentaire mais j'étais pressée, je devais sortir puis la journée a passé, avec au passage une altercation avec un sale con, un crétin qui m'a piquée une place de parking en collant sa grosse BMW dans une manoeuvre digne d'une scène hollywoodienne. J'ai eu beau le traiter de salaud, le sinistre n'a pas bougé d'un iota. Je hais les sales cons au volant des sales grosses cylindrées. 
Je suis rentrée, Lanac est absente. Je repense à la 1ère fois que je t'ai vue. Je suis bien contente que tu sois là. Toc toc, es tu là ? tic tac, je t'attends

Allez, je te laisse quelques images glanées au fil du net mais petit conseil, coupe le son, c'est tellement mieux en silence.

 

 
par Zoé publié dans : An 2008_Chapitre 3 communauté : Homo sensualité ..
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Vendredi 2 mai 2008

3h40. J'aime beaucoup écrire la nuit. La nuit feutre les bruits du quotidien, enveloppe la journée dans un crépuscule bienfaisant. Le silence est rempli de sons étouffés, l'imagination reprend sa place, légère musique de rêves et de désirs. Le silence se satisfait d'un linge très léger, d'une nuisette de mots et de rimes, d'anagrammes qui font chanter la langue, silencieusement, respectueusement. La nuit a ce pouvoir magique de me sortir du tohu-bohu de la journée afin de me ramener à moi-même, me prolonger dans la dimension inaltérable d'une solitude bienvenue.  Les images encore fraîches des heures qui précèdent se substituent aux sons par trop audibles de la ville, de son cortège de décibels stridents et envahissants, de cette course échevelée qui chaque jour m'emmène vers les angoisses de lendemains inconnus. Demain serais-je toujours là ? Le coeur va t-il tenir ? Les nerfs tiendront-ils ? La tête, le corps, le coeur qui vieillissent au son de la petite et grande aiguille tic tac tic tac

Tic tac

Tic tac qui ne sont plus les mêmes la nuit car il suffit de couper court aux folles rumeurs invasives du temps qui passe, prendre calmement place dans son propre espace-temps, s'occuper de soi, prendre soin de celle qui, tout à côté, se berce dans un sommeil réparateur, planant, reconstituant. Prendre soin de l'enfant qui fait des bruits de succion rassurant, petit poucet endormi au pays des elfes et des fées. La nuit propose une musicalité différente, attrayante. Elle se sert du silence comme d'un diapason qui rythme les heures de la longévité sans brutalité, avec bonhommie. Les lignes se déplient, les mots se déploient, prennent leur envol au fil d'une partition dans laquelle je peux lire intensément les émotions entrecroisées d'hier et d'aujourd'hui. 

La nuit je pense à toi, l'inconnu-e qui n'arrive pas trouver le sommeil, qui arpente les sillons de ton cerveau en mille morceaux. Elle se nomme l'insomnie, ennemie qui s'acharne à te laisser debout plutôt qu'allongée, qui te persuade que le sommeil n'est pas pour toi, pauvre chose désarticulée dans ton monde envahi par trop de pressions, de cauchemars, de terreurs nocturnes qui te happent dans le sillage de la mort du jour. Tu veux dormir, tout ton être te réclame quelques heures de repos mais rien à faire, si tu te recouches, tu vacilles sans limites dans les affres d'un corps qui ne fait que tourner sur lui-même, à la recherche d'une quiétude qui ne viendra pas. Tic tac tic tac   

Tic tac

Un bruit, non pas strident, non pas dérangeant, le bruit familier d'un miaulement par exemple, qui perturbe le silence mais ne fait que rappeler que la dame a aussi son existence, sa faune, ses fauves et ses proies, ses bandes et ses solitaires. La nuit offre d'autres vies, d'autres bruits. Là une voiture qui passe, plus loin quelques voix qui oublient qu'il fait nuit et se partagent le champs du silence en éructant des sons à haute voix, tout comme cet inconnu qui depuis longtemps ne fait plus la différence entre le jour et la nuit. Il déambule en s'adressant au fruit de son imagination, il l'invective et le supplie, le haï pour mieux l'aimer. Ne pas être seul, oublier que la nuit peut revêtir de son étrange manteau les endormis et les noctambules, les sereins et les angoissés. La nuit tous les chats ne sont pas gris et j'en entends des qui soupirent d'aise et de délectation alors que d'autres transpercent le voile du son à grands coups de cris hurlés ou de larmes étouffées.  La nuit sert l'artiste, le fou, le prisonnier, le malade, mais aussi le soignant, le surveillant, le bienveillant, l'oeuvre. J'ai également vu au coin de la rue le-la prostituée qui arpente sans but son mètre de nuit. La nuit ne fait pas de différence entre la différence et l'indifférence, majestueuse et voluptueuse ou volcanique et calamiteuse. La nuit poursuit son ouvrage de dame nocturne en tressant le temps différemment, imperceptiblement, le temps de vies parcourues d'images réelles ou éthérés, délicieux mixte de réalités et de rêves, incroyables aventures endormies ou éveillées.

La nuit est l'amante des songes, pleine de formidables illusions en noir et blanc et/ou en couleur, parcourue de frissons emplis d'émotions et d'envies, de pensées et de réalisations.  Au crépuscule de l'obscurité, la nuit déroule son tapis d'étoiles et de constellations, laissant la lune s'acheminer sans bruit sur les rêves des touts petits.

 

par Lanac Diame publié dans : An 2008_Chapitre 3 communauté : Homo sensualité ..
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