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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
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Je reviens d'un chantier de décoration avec Louise dans le Morbilhan. Nous sommes épuisées et les courbatures font bonne figure dans le
catalogue des contre-coups. Alors de massages en messages tactiles, nous nous soignons par touches de sensualité, de désirs exprimés mais toutefois trop fatiguées pour les
assouvir.
Comme l'a indiqué Zoé, Louise a perdu son père il y a deux semaines. A sa demande, j'ai été présente lors de la cérémonie qui eu lieu en toute simplicité, dans la petite église d'un
ravissant village en touraine.
C'était par une belle journée, un soleil radieux laissait supposer que ce mois de juillet pouvait prendre des allures de grand seigneur estival. Les arbres de la place en face de l'église
distribuaient une ombre bienfaisante pour les quelques dizaines de personnes présentes. Lorsque je suis arrivée, le corbillard était déjà là. Louise m'a fait un signe de main et je me suis
rapprochée d'elle. J'admire dans un silence respectueux les quatres hommes qui font glisser le cercueil sur leurs épaules. Nous leur emboîtons le pas. Je m'installe près de Louise et de sa
soeur au premier rang et ne lui lâche pas la main tout au long de la cérémonie. Au fil des omélies, je sens la pression de ses doigts ou au contraire, de légères carresses comme nous aimons les
partager. Je vis ces moments au rythme de ses émotions, inscrite dans son chagrin ponctués de quelques instants d'apaisement.
Au cimetière, je me tiens à l'écart, discrète. Son père repose dorénavant auprès de son épouse. Cette mère en lutte avec une longue et pénible maladie, joua un rôle
prépondérant dans la vie de ses enfants. Dans celle de Louise !
J'irai un jour les saluer, me présenter et les assurer de mes sentiments pour leur artiste de fille. (Celà peut paraître parfaitement idiot mais je crois que Louise aurait souhaité que nous
fassions connaissance). Je choisirai une belle journée rassenérante. Le calme du lieu contribuera au désir discret de mon inscription dans sa vie.
Ma belle amie m'a fait partager en quelques incursions drôlatiques ou plus sérieuses des strates de son enfance malmenée par la longue maladie de sa mère, m'a conté son adolescence avant de
devenir la femme qu'elle est aujourd'hui. Je ne l'en aime que davantage.
Louise chère amieamante, cette image est pour toi, en toute modestie, certaine que tu sauras t'y promener à loisirs quand l'envie t'en prendra. Je suis près de toi, là ou la vie continue,
dans le flux ininterrompu de nos réciprocités.