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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
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J'ai longuemment discuté avec Zoé cette nuit. Elle a déjà été en prise avec ces affres de souffrance que représente chaque rupture avec Emma et
j'ai du mal à accepter que celà se renouvelle systématiquement. Elle ne trouve plus sa place au milieu de notre groupe, comme décentrée, tournant sur elle même telle une girouette en période de
grand vent. Zoé manifeste ses angoisses d'une drôle de façon, en parlant et riant trop fort, en cherchant à se sécuriser en se blottissant sur la première épaule venue. Elle est très faussement
vivante, très trop !
Mais elle ne dort plus. Je l'ai retrouvée ce matin à 3 heures plantée devant le PC. J'ai fait chauffer un café, lui ai servi un coca et que la nuit passe. Elle est venue en me regardant, petite
larme sur la joue gauche, pauvre petit caliméro perdu. Je l'ai prise contre moi, tout doucement. Le silence s'est installé, tout juste perturbé par un renifflement de tristesse. Et puis elle
s'est mise à parler, très lentement, très bas. Elle m'a raconté ce vide insupportable de sa rupture avec Emma, ce plaisir infini qu'elle trouvait dans leurs rapports physiques, basés sur
l'échange, la profondeur du moment. Elle me parle de ce bouleversement qu'elle éprouve à chaque jouissance, ce sentiment si terrible d'être dans l'éphémère avec cette femme. Elle se sait en
dépendance mais bien que sa tête lui conseille de fuir, autre chose, une autre sensation profondémment ancrée dans sa chair, lui intime de rester.
Je ne dis rien, je suis à son écoute. Puis le silence s'installe. Zoé s'est endormie, le nez dans mon cou, les bras autour de mes épaules. Alors j'ai pensé à Kalia, Kalia qui est venue pour
mourir chez moi, Kalia maintenant sauvée physiquement mais malheureusement pas dans l'âme, pas dans le coeur, encore moins dans la tête. Je sortirai Kalia de clinique pour le nouvel an, je lui ai
promis. Louise viendra avec moi la chercher, elle s'y est engagée. Je suis avec Louise, je suis sereine. Je travaille beaucoup moins afin de me ménager, que mon coeur ne me refasse pas faud bond,
pas de mauvaises surprises.
Il fait encore nuit. Je laisse le temps s'écouler. Il faut que la vie revienne. Il le faut pour que ces dames retrouvent le sourire, un vrai sourire.