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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 16:53

Quel week-end ! Emilie était là avec ses blagues à 2€ et son humour à défriser une africaine tressée. Puis Fred nous a rejoint et s'est mise de la partie sans se départir de son air de ne pas y toucher et Karen dont Lanac a déjà fait mention, est également arrivée à grand renfort de champagne. Lanac et Louise étaient également de la partie, bref la bande au complet.
Mais commençons par le commencement ! Samedi soir Emilie m'a invitée dans le restaurant de Karen, c'était divin (à 300€ le menu gala, ça peut !). J'ai eu beau la travailler au corps, impossible de savoir où et quand se tiendra la prochaine "Lesbienne Altitude". Elle m'a presque mise en rage mais rien à faire, les infos ne filtrent pas. J'ai eu beau la supplier "Emiliiiiiie", la menacer "pas d'infos, pas de bedos", la câliner "dis moi tout ma chériiiiiie et je TE ferais ce que tu veux", et la et la, rien à faire alors vous ferez comme moi, vous patienterez pour the european lesbian mega teuf. Par contre je n'ai pas coupé à la sempiternelle question "Et le film sur Lanac, tu en es où?" ce en quoi j'étais assez fière de lui rétorquer que tous les jours je fais de nouvelles images et que le film se construit au grè de l'humeur de son auteure. C'est vrai que celà prend forme sur un fond de jazz très cosy, très années 40 (le jazz, pas Lanac)
Sont arrivées pour le café et les mignardises Lanac et Louise, très en beauté toutes les deux, très fières d'être deux. Karen s'est jointe à nous, or quand elle est arrivée avec son tablier de chef, j'ai eu un choc : Karen est une beauté ! une splendide femme de 1,77m au minimum, blonde vénitien, des yeux verts noisettes à croquer dedans, des mains longues comme mon bras... une bouche d'une sensualité muhmmmm, Karen quoi ! J'ai presque failli en oublier Emma mais je dis bien failli cause ça a été l'effet inverse : la beauté de Karen m'a renvoyé à la beauté d'Emma ! J'ai échappé de peu à un cafard monstrueux. Heureusement les filles étaient là pour me faire revenir à la raison et à la raison je suis revenue.
Bref tout ce petit monde s'est retrouvé à la maison pour un tohu bohu digne des Marx Brothers. On a fumé, on a bu, on s'est marrées, on s'est regardées, on STOP ! oui j'ai regardé Karen sous l'oeil vitreux de Fred alors je suis allée coucher Fred qui n'en pouvait plus. Pensez donc, elle avait travaillé au moins 80h sur une réfection de tableaux qui doivent être exposés cette semaine, elle avait donc besoin de décanter, de se lâcher. Quand je l'aie mise au lit elle m'a dit "tu viens ?" et je lui ai répondu "Elle me plaît Karen" ce à quoi elle a rétorqué "Tu m'emmerdes, tu ne changeras jamais" et je lui soufflé "Ca ne change rien entre nous, dors". Deux secondes plus tard elle ronflait dans les bras de Morphée, loin loin sous la voute stellaire et la comète de Haley.
J'ai rejoint le reste de la troupe qui a fini par s'égailler aux 4 coins de l'appart, chacune dans leur pièce respective, Lanac et Louise dans leur chambre, Emilie dans la chambre d'amie qui en loccurence est également mon bureau. Ne restait que Karen et moi... Nous avons tout d'abord parlé ! Que faire d'autre ? C'est en posant cette question à voix haute que j'ai retenu son regard, et quel regard !!! Je me suis sentie toute chamboulée, cul par dessus tête, fini l'hibernation bonjour le temps des amours. Nos bouches se sont légèrement cherchées et c'est au moment ou j'allais poser un baiser passionné sur les lèvres gourmandes qui s'ouvraient devant moi que Lanac est entrée et pas sur la pointe des pieds plutôt genre gros sabots. Hop, mouvements respectifs de tête en arrière, personnellement à m'en décoffrer les cervicales. J'ai regardé Karen, j'ai regardé Lanac et j'ai dit "Si tu vas à la cuisine, tu me prends un coca stp ?". Lanac a souri et m'a dit "viens avec moi. Excuses nous Karen, j'en ai pour 2 minutes". Je couinais intérieurement, les sens à fleur de peau.

Tu ne vas pas recommencer ? Emma ne t'as pas suffit ?
Ecoute, c'est un désir sain, un moment à vivre entre deux grandes personnes
Grande personne ? réagis Zoé, Karen et Emma c'est la même beauté, même type de femme
Lanac, Karen est Karen et je ne mélange rien. J'ai envie d'elle, elle a envie de moi. Rien de plus
Et rien de moins ! Fred dort ?
Fred est au pays des anges, ne pas réveiller. Lanac, va te recoucher
Tu me fais peur Zoé, ou plutôt j'ai peur pour toi. Enfin quand il faudra recoller les morceaux, fais moi signe

Elle est sortie, très digne dans son tee-shirt qui lui arrive à mi cuisse. Elle a eu un mot aimable pour Karen puis plus rien. Le silence à nouveau. Alors je suis allée vers la chaine et j'ai mis un CD, les pink floyds. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais fichtre rien mais ça a redonné une ambiance très très cool, trop cool. J'ai roulé un bedo qu'on a fumé tranquillement en tchatchant un peu, juste quelques mots entre deux taffes. Je lui ai proposé d'ouvrir le clic-clac. Ni une ni deux, on se prélassait dans les 15 secondes suivantes avec un verre à la main, le pétard dans l'autre et voilà que l'on se met à inventer une chorégraphie avec nos doigts de pieds. Jeux de pieds, jeux de mains, jeux de mains... Sa bouche était chaude comme une prairie sous le soleil. Je la regardais dans les yeux et j'y voyais une biche nichée sous un arbuste reposant de la canicule. Je me suis perdue à l'aube de son ruisseau, j'ai remonté le courant comme un saumon fou, le nez dans son encolure, une main vissée sous sa tête et l'autre à faire trempette. Nous étions deux juments qui s'ébrouent en renaclant, qui se serrent fort l'une contre l'autre pour ne pas perdre la chaleur. Elle a suivi un sillon de sueur qui partait de mon torse pour descendre vers mon aine. Ses doigts m'ont crispé les reins pour une calvalcade inconnue sous le regard complice d'une lune qui s'esquivait pour laisser la place à une aurore boréale. Jeux de mains...

Hier dimanche, super beau temps donc pique nique à Vincennes. Karen n'était pas de la partie. Fred s'est amusée de la situation, elle prend tout au deuxième degré, rien ne la perturbe. Nous sommes elle et moi deux amies qui nous connaissons par coeur, deux amantes sans les soucis du couple. Lanac a eu un sourire compatissant et Louise un mot obligeant. Emilie est repartie à son boulot de femme d'affaire belge. J'étais bien. Ce fut une belle journée.

Par Zoé - Publié dans : An 2008_Chapitre 3
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