Partager l'article ! 5ème jour: 19H30. Le restaurant prend vie. La salle est dressée, les lumières tamisées. J'ai appuyé sur le bouton qui éclaire la fa ...
Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
19H30. Le restaurant prend vie. La salle est dressée, les lumières tamisées. J'ai appuyé sur le bouton qui éclaire la façade. Que la lumière soit ! Et la lumière est. J'aime beaucoup ce moment. Je suis prête à recevoir des clients considérés comme des hôtes, voire des convives. Je vérifie le pli de la jambe du pantalon noir, le noeud de la cravate en satin noir, pas de faux plis sur la chemise blanche. J'enveloppe la salle d'un regard professionnel et aimant. J'aime cet endroit, cette ambiance douce qui appelle à la quiétude. Je tamise un peu plus, ce soir ce sera intime. La voix de Billie Holiday s'élève "you've change". Je passe à Nina Simone "Everything must change" me semble plus approprié. Je repense aux quelques heures qui ont précédé cette mise en route de la soirée.
Je suis rentrée cet après-midi. Surprise lorsque j'introduis ma clé, le
verrou se débloque de l'intérieur. Charlie ouvre. Moi : "qu'est ce que tu fais là ? Tu ne travailles pas ?". Bruit de la porte des toilettes qui se referment. "Ca va, j'ai compris". Elle n'est
pas seule et je ne me pose pas un instant la question de qui est là. Je vais m'asseoir sans omettre de prendre au passage ma boîte à pétards. Celui ci sera le bienvenu. Via sort des toilettes, se
penche pour me dire bonjour. Eu envie de l'effleurer à l'embrasure des lèvres, qu’elle ne cille pas. Je rêve. Je lui caresse la joue dans un geste si spontané que je ne le maîtrise pas, un
geste qui se veut rassurant. Un geste, une caresse éclipsés au temps et aux circonstances : n'aie pas peur. Tu es avec Charlie et c'est très bien. Je ne veux pas que tu te sentes
mal à l'aise, ni toi ni Charlie.
Au lieu de cela, je l'ai fusillé du regard. Dédoublement.
J'ai du mal à comprendre mes réactions. Tout ceci m'agace.
Un signe de la main et les voilà parties. Hé les filles, il ne fallait pas
partir, au contraire, rester là et ne pas me donner le sentiment que je vous indispose.
Baratin. Elles avaient décidé de sortir faire un tour, voilà tout.
Je m'allonge. Une bouffée cannabique accompagne les premières mesures d'un concerto de Rachmaninov. Je suis nerveuse et angoissée. Cette musique me convient. Si les volutes épaississent l'air de la pièce, en l'occurence le salon, elles me dégagent la tête. Mon hémisphère droit répond présent. Petites bribes de plaisir : par la fenêtre je vois un ciel bleu bien dégagé. Dehors il fait doux, très doux. Un temps idéal pour aller faire un tour.
Un tour, deux tours, trois petits tours et puis s'en vont.
J'apprécie Via. C'est quelqu'un de très charismatique. Une sorte d'état adolescent lui donne un sourire à tomber. Tomber
.... Tomber
Plier mais ne pas casser
Se redresser
Les premières réservations arrivent. Se redresser et plonger dans le travail. L'apnée me convient.