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Lanac m'avait déjà parlé de sa passion pour le théâtre. J'ai retrouvé un article dans lequel elle raconte l'histoire de Phèdres, de cet amour fou et insensé qui ira jusqu'à la tuer. J'y ai trouvé les grandes lignes d'un destin tragique :
Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon coeur et transir et brûler ;
Venge-toi, punis moi d'un odieux amour
Digne fils du héros qui t'a donné le jour
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite
La veuve de Thésée ose aimer Hyppolyte !
Crois moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper
Voilà mon coeur. C'est là que ta main doit frapper.
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur
Et bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Je connais mes fureurs, je les rappelle toutes.
Il me semble déjà que ces murs, que ces voûtes
Vont prendre la parole, et prêts à m'accuser,
Attendent mon époux pour le désabuser.
Le fer aurait déjà tranché ma destinée ;
Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée.
J'ai voulu devant vous exposant mes remords,
Par un chemin plus lent descendre chez les morts.
J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines
Un poison que Médée apporta dans Athènes.
Déjà jusqu'à mon coeur le venin parvenu
Déjà ce coeur expirant jette un froid inconnu.
Insensée, où suis je et qu'ai-je dit ?
Où laissais je égarer mes voeux et mon esprit ?
Je l'ai perdu. Les Dieux m'en ont ravi l'usage.
Oenone, la rougeur me couvre le visage :
Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs,
Et mes yeux malgrè moi se remplissent de pleurs.
Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue
Se serait avec vous retrouvée, ou perdue.
C'est bien hein ? Limite opéra rock. Je ne sais pas quand elle a écrit ça. Je vais fouiller. Et puis il faudra que je vous raconte ma rencontre avec la guichetière (ouah, quand j'y repense, trop top ma guichetière...), ma rencontre avec Emilie, la filleule de Lanac et ma rencontre avec Lanac, parce que, même dans le coma, elle en dit des choses Lanac.
Bises et à très vite. Zoé