Partager l'article ! Lesbienne altitude: Je suis entrée dans cet endroit comme on entre dans un rêve à la Cocteau. Un décor onirique&n ...
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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Je suis entrée dans cet endroit comme on entre dans un rêve à la Cocteau.
Un décor onirique dans une friche ayant abritée des usines de chocolat. Les batiments sont immenses, séparés par des cours goudronnées. On y pénetre en contournant un volumineux portail qui semble ouvrir sur un autre monde, une autre dimenson. Au loin une musique, solo de contrebasse. Une voix féminine enchaîne, chanteuse de jazz. Elle n'est pas sans m'évoquer Stacey Kent, même registre.
Emilie me conduit dans le dédale de batiments avec une facilité surprenante. Enfin nous arrivons devand un hangar en béton dans lequel s'anime une foule certes bruyante mais respectueuse de l'orchestre que je distingue au fond.
Ce qui m'amuse ce sont de très grands miroirs qui reproduisent à l'infini ces formes vivantes et mouvantes.
J'entends des voix sans distinguer les paroles. Les corps se meuvent avec lenteur, s'effleurent, se stoppent parfois dans une étreinte buccale gourmande et lascive. J'ai la sensation que ces dames se butinent.
J'ai à peine franchi la porte que je cherche des yeux celle qui m'ankilose la nuque. Je sens un regard puissant. Je me retourne et manque de renverser une longue rousse aux bottes-genouillères agressives et extrêmement fémines en apparence ! mais dégageant une virilité fort peu dans mon registre du féminin... Elle m'évite de justesse, me regarde en souriant, se baisse à mon oreille gauche et me balance "Tu baises ?". Emilie au même instant me saisit le bras et s'exclame que Charlie est là. Elle a l'air stupéfaite ! Aors je suis le regard d'Emilie et tente de repérer la fameuse Charlie. Rien n'y fait, elles sont trop nombreuses.
Tout à coup les lumières se baissent, se font douces et retentit "La lettre à Elise" de Beethoven. Tout ce monde se stoppe un instant. Je sens une main qui me carresse les fesses. C'est la rousse. Je me retourne et de ma belle voix douce l'agresse lentement et sûrement "Encore une fois et tu prends ma main dans la gueule". La rousse a l'air médusé, sans doute pas habituée mais alors que je vais en rajouter une couche, le saxo reprend derrière la piano. C'est d'une beauté à frémir. Les instruments se répondent dans la longue recherche d'une "Lettre à Elise". C'est beau !
Emilie se tourne vers moi "Charlie est au saxo". Je n'en reviens pas. Mais putain pourquoi Lanac ne m'a t-elle jamais rien dit ? De son goût prononcé pour le jazz oui, pour le saxo oui, mais que Charlie joue du sax ? à forciori dans un orchestre !! Comprends pas !!!
Une odeur de cannabis m'effleure les narines, reflexe de Pavlov, je décide de sortir m'en rouler un !
Je fume en pensant à ma guichetière.
Je sens une main sur mon épaule. C'est Emilie. "On rentre ? Tu verras Charlie plus tard. Viens".
C'est la première fois qu'elle me tutoie.
Que veulent-elles ?