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Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /Juin /2006 02:30

  LA FORME

Ce n'était qu'une forme ! rien d'autre qu'une forme. Pourtant, quand elle a traversé le wagon, qu'elle est arrivée face à moi... animal ! animale...


Après être passées chez Emilie prendre une douche et quelques affaires  de rechange, nous avons rejoint les autres membres de l'orchestre à la gare. Seule la pianiste repartait en voiture afin de transporter le matériel de scène.  Un doute insidieux persistait au fond de moi : n'étais je pas en train de trahir Lanac ? Mais la joie de vivre d'Emilie l'emportait ! J'ai confiance en elle alors tout va bien. La nuit a été blanche, je n'ai pas envie que la journée soit noire, pas envie de dormir non plus. Et puis merde, Lanac n'a qu'à parler aussi !!

Sur le quai, il est 5h, un autre groupe d'une dizaine de filles vont admirer l'aube poindre sur Bruges. Fort à parier qu'elles étaient à la fête. On se regarde, on se sourit : elles étaient bien aux entrepôts. L'une d'elle joue du violon, une autre l'accompagne à l'accordéon. C'est léger, un peu manouche. Charlie se penche vers moi et me  demande "Lanac vous a dit que je déteste l'accordéon ?" et moi, en souriant également (Lanac existe enfin dans le dialogue que nous ne manqerons pas d'avoir) "Et le violon ? vous aimez le violon ?" elle secoue la tête " Je n'aime pas le violon non plus ! J'aime le saxophone, le piano et (elle se baisse tout contre mon oreille et murmure) et la Toccata et Fugue en D mineur " Alors je me retourne lentement vers elle et suis à quelques centimètres de sa bouche "Bach ?" Elle se redresse "Bach  ! Avoir partagé avec Lanac mon émotion sur la Toccata. Mes souvenirs, mon oncle qui l'interprétait à l'orgue". Le train arrive, je recule d'un mètre "Oui; elle m'a parlé de votre oncle et elle m'a écrit Bach ! et le jazz ! mais rien sur vous au saxo. Pourquoi ?" Impossible de finir, le train a activé ses freins.

La suite, je ne devrai pas vous la raconter sur ce blog parce que celà ne concerne Lanac que partiellement, c'est à dire quand les phéromones s'en mêlent et s'emmêlent.  Mais nous sommes dimanche soir, je n'ai pas dormi et je suis crevée. Nous sommes encore chez Charlie et je n'ai qu'une envie : aller voir ma guichetière. J'ai toutefois pu m'isoler un peu, je suis dans un bureau très sympa, sur un PC et  je vous raconte :

Le train est arrivé et le groupe est monté dans le wagon à côté du notre. Nous roulons depuis quelques minutes quand la porte entre les deux wagons s'ouvrent pour laisser passer deux femmes, à peine la trentaine, lesbiennes de charme. Tandis qu'elle traverse le wagon, je suis à l'autre bout, elle parle avec son amie mais sans jamais me quitter des yeux. Lorsqu'elle arrive à proximité, je suis rivée à son regard ce qui n'échappe pas à Emilie, assise à mes côtés. Elle m'enfonce légèrement son coude dans les côtes, comme pour me forcer à réagir. Si elle n'était pas intervenue dans cette tension d'ordre purement sexuel, je serai probablemement restée assise mais le charme, la séduction animale de cette fille sont si forts, la tension intérieure si puissante que je ne cherche pas à lutter. Une nuit de folie, le jazz encore dans les oreilles, les 3 filles sous le auvent, tout est réuni pour qu'enfin explose la tension du désir vers la source de satisfaction hormonale. En arrivant à mon niveau, elle a une perceptible hésitation. Je perçois ses pupilles se dilater. C'est phéromonal, il y a synchronisation des désirs. Une sourde émotion est au rendez vous. Elle passe la porte suivante. Je me lève. Je sens le regard de Charlie auquel ce manège n'a pas échappé. C'est un regard moral. Je m'en fous, j'ai envie de cette fille.

Je passe moi aussi dans le wagon suivant. Ce sont les voitures à 6 voyageurs. La plupart des rideaux sont tirés. "L'anticoncept". J'avance dans le couloir en regardant la lune par les fenêtres quand elle surgit, m'agrippe par l'épaule et me fait entrer à toute allure  dans un compartiment. Nous sommes seules. Tous les rideaux sont fermés. Pénombre totale. Elle m'attire à elle. J'aime sa conviction. Bien que plus grande que moi, ce qui est loin de me déplaire, nos bouches s'effleurent immédiatement. Quand j'entrouve les lèvres pour laisser sa langue me posséder, mes paupières se redressent mais je ne vois qu'une forme. Je la sens contre moi, bientôt en moi, déjà en elle, mais je ne distingue pas ses traits. L'aie je même regardée quand elle a traversé le wagon ou n'aie je obéit qu'a un désir latent et purement physiologique qui me tenaille depuis quelques heures ? Fulgurance Elle est très tactile, très subtile aussi. Elle se complait à faire vibrer la corde de mon plaisir mais je décide de lui répondre. Elle me veut funambule, je n'ai pas le vertige. Nous nous possédons mutuellement et jouons à ce moment sur le phantasme de la rencontre sans lendemain.
Elle est la première à partir vers la petite mort. Sa jouissance est si intense qu'elle contracte tous ses muscles avec une force herculéenne avant de se lâcher dans un long gémissement orgasmique. Je vis cet instant intensément. Je reçois son plaisir. Elle me libère. Je pars. Nous sommes dans la fulgurance.

Elle sera la première à sortir. Sans un mot, juste après m'avoir effleuré les lèvres.
Nous ne connaissons même pas le son de nos voix. Seuls les corps, instruments à corde, ont dialogué. 
J'ai ouvert les rideaux sur l'extérieur, fumé une cigarette puis j'ai rejoint les autres.

 

Par Lanac Diame - Publié dans : "Chapitre" 3
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Commentaires

OK je reprend le train, quel train, t'as dit deja????
Commentaire n°1 posté par soex le 23/06/2006 à 16h44
:))
Commentaire n°2 posté par Zoé le 23/06/2006 à 20h04
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