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 Deux femmes courant sur la plage - Picasso 

En blogopromenade 


Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 19:15

Si la mort de Mickael Jackson m'a comme tout le monde surprise, la disparition ce matin de Pina Bausch m'a émue. J'aime depuis toujours le travail chorégraphique de  cette danseuse hors norme. Trois chorégraphes m'ont fait frémir bien au-delà des mots : Pina Bausch, Carolyn Carlson et Véro ma danseuse torturée.

Carolyn Carlson fut un choc émotionnel inouï. Son spectacle "Blue Lady" m'a littéralement bouleversée. Elle dansait un solo, corps longiligne fait de grâce et d'ampleur, déployant ses longs membres dans une chorégraphie tourmentée mais limpide. Lorsque nous sommes sortis, sans un mot nous nous sommes dirigés machinalement vers le café en face. Les amis avaient repris contact avec la réalité, moi pas. Et puis tout à coup, un silence. Elle était là, debout à notre table, discutant avec  nous, encore plus immense dans une sorte de manteau d'été noir. Elle m'a semblé infiniment grande, quasiment longitudinale. Effet de perspective dirait Zoé. J'avais sous les yeux une femme lumineuse, heureuse du spectacle qu'elle avait créé et interprété. Elle souriait et j'adorai son sourire. J'avais devant moi ce que l'on nomme avec respect une artiste. Cette nuit là, il me fut impossible de trouver le sommeil.

Pina Bausch c'était l'art du corps, l'art de la chorégraphie qui donne un sens, qui exprime la "danse-théâtre" qu'elle innove et impose. Ses spectacles interrogent toujours. Si le documentaire de Chantal Akerman "Un jour Pina a demandé" était rediffusé, ne surtout pas le manquer. Il trône dans ma vidéothèque et me fait penser à tous ces précieux instants de vrais bonheurs artistiques que procure le spectacle vivant. Cette sensation très précise d'être emportée  dans une histoire racontée par des corps qui parlent, une chorale de sons-cris qui envahissent jusqu'à l'âme en laissant les tripes lacrymales se vider  du trop plein d'émotions

Véro. Elle chorégraphiait à l'extérieur et dansait dans l'intimité. Émotion disais-je ? Oui, à l'état brut.

Parce qu'une nouvelle étoile vient danser ce soir dans les feux de l'univers, je sais que si un jour je reviens lire cet article, j'aimerai voir Pina Bausch dans les trois premières minutes qui ouvre le film magnifique de P. Almodovar "Parle avec elle".


 

 


Pina Bausch - Parle avec elle

Par Lanac Diame - Publié dans : An 2009_C'est l'été
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