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JEUX DE DAMES
Blog lesbien à tendance phéromonale
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Deux femmes courant sur la plage - Picasso
En blogopromenade
Si la mort de Mickael Jackson m'a comme tout le monde
surprise, la disparition ce matin de Pina Bausch m'a émue. J'aime depuis toujours le travail chorégraphique de cette danseuse hors
norme. Trois chorégraphes m'ont fait frémir bien au-delà des mots : Pina Bausch, Carolyn Carlson et Véro ma danseuse torturée.
Carolyn Carlson fut un choc émotionnel inouï. Son spectacle "Blue Lady" m'a littéralement bouleversée. Elle dansait un solo, corps longiligne fait de grâce et d'ampleur, déployant ses longs
membres dans une chorégraphie tourmentée mais limpide. Lorsque nous sommes sortis, sans un mot nous nous sommes dirigés machinalement vers le café en face. Les amis avaient repris contact avec la
réalité, moi pas. Et puis tout à coup, un silence. Elle était là, debout à notre table, discutant avec nous, encore plus immense dans une sorte de manteau d'été noir. Elle m'a semblé
infiniment grande, quasiment longitudinale. Effet de perspective dirait Zoé. J'avais sous les yeux une femme lumineuse, heureuse du spectacle qu'elle avait créé et interprété. Elle souriait et
j'adorai son sourire. J'avais devant moi ce que l'on nomme avec respect une artiste. Cette nuit là, il me fut impossible de trouver le sommeil.
Pina Bausch c'était l'art du corps, l'art de la chorégraphie qui donne un sens, qui exprime la "danse-théâtre" qu'elle innove et impose. Ses spectacles interrogent toujours. Si le documentaire de
Chantal Akerman "Un jour Pina a demandé" était rediffusé, ne surtout pas le manquer. Il trône dans ma vidéothèque et me fait penser à tous ces précieux instants de vrais bonheurs artistiques que
procure le spectacle vivant. Cette sensation très précise d'être emportée dans une histoire racontée par des corps qui parlent, une chorale de sons-cris qui envahissent jusqu'à l'âme
en laissant les tripes lacrymales se vider du trop plein d'émotions
Véro. Elle chorégraphiait à l'extérieur et dansait dans l'intimité. Émotion disais-je ? Oui, à l'état brut.
Parce qu'une nouvelle étoile vient danser ce soir dans les feux de l'univers, je sais que si un jour je reviens lire cet article, j'aimerai voir Pina Bausch dans les trois premières minutes qui
ouvre le film magnifique de P. Almodovar "Parle avec elle".
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