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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Je vous ai évoqué une rencontre "phéromonale" avec ma guichetière. Voilà l'histoire du 1er contact :
Je vais donc à la gare pour acheter un billet Paris - Bruxelles. Je suis en forme, le coeur un peu lourd de soucis pécuniers mais en forme. Au diable l'avarice, je vais enfin rencontrer Lanac. Ma carte bleue ayant déjà fusillé tous mes retraits possibles, il ne me reste qu'à faire un chèque ce qui explique que je sois dans l'obligation de me taper la salle d'attente, et j'attends. Au bout de jenesaismêmepascombien de minutes, mais je m'en fiche parce que je suis plongée dans le livre de Céline Minard "La Manadologie", bouquin génial de science-passifictionqueça, vision très aristoticienne des mondes sensibles, (livre super, vraiment, aux Editions M.F.) le ticket 302 s'affiche malicieux.
Me voilà sous les narines de la guichetière a lui expliquer que je veux le billet ,"le moinnnnns cher !" Guichetière !! Et elle de tapoter sur son clavier ! Je rumine, je suis impatiente de reprendre ma lecture, et tout à coup elle me dit : "ça y est j''ai trouvé !". Déjà je l'aime ma guichetière ! Et vous savez quoi ? Pas un instant je ne l'ai regardé !! Et puis j'ai levé les yeux... qu'elle est attirante : de ces beautés sauvages, souvent brunes, (elle est brune) qui vous ravissent l'intégralité de vos sens... J'ai la gorge qui se noue, je sens le rouge me traverser le visage à la vitesse du son, un tsunami de bouffées de chaleur me fait flageoler. Je m'aggrippe d'une main au comptoir, l'autre déjà en position fléchie afin de tomber sans autres dégâts qu'une fracture du poignet, ma vue se brouille, je vais faire une rupture d'anévrisme c'est sûr... Elle se précipite et dans un dernier souffle je lui murmure..."hargggg, vous êtes si belle"
Nan, c'est pas vrai. En réalité, le temps qu'elle imprime les billets, je lui avais raconté ma vie et en 5 mn, elle se déridait et souriait. Je lui parlais de mon improbable rencontre avec Lanac (à ce moment là, les médecins ne se prononçaient pas sur un pronostic vital). Je me persuadais, en lui racontant, que j'étais sûre de prendre la bonne décision en allant rencontrer Emilie. Je m'enflammais en lui disant que je ressentais ce besoin d'objectiver en sentant, touchant, connaissant l'environnement de Lanac comme pour satisfaire ce qui manque le plus à une relation virtuelle : la matérialisation, le sensible. Bref, je parlais je parlais, derrière moi ça grognait, et alors que totalement débridée, je discourais, ma guichetière se penche légèrement vers moi_ instinctivement je me redresse _ "Je finis dans 5mn, vous continuez à me raconter en prenant un café ?".
Comment ? Une femme aussi attirante me propose un café ? Arrêt. Image. Je souris. "D'accord. Je vous attends dehors".
J'ai fait mon chèque, suis sortie, ai allumé une cigarette. J'ai levé mon visage vers le soleil et j'ai attendu.