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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 15:44

Je me souviens de notre rencontre, toi le petit bonhomme si longtemps serré contre moi. Je calmais les angoisses de tes premiers mois de vie en t'allongeant sur mon torse nu puis nous nous endormions, sereins. Je te nourrissais, te changeais, t'habillais puis nous sortions pour de longues ballades au bord de la mer. Tu éclatais de rire en voyant les mouettes, tu pleurais lorsque ton doudou tombait. Et moi j'étais si heureuse ! 


Sébastien, mon copain,
mon ami mon copain Sébastien.


Nous étions heureux tous les deux, simplement heureux. Je te racontais la mer, ton père embarqué sur les gros bateaux de pêche, parti pour plusieurs jours. Je te protégeais du vent en t'emmitouflant dans ma doudoune et toi tu piquais du nez dans mon cou.
Je me souviens des bains dans lesquels tu adorais jouer, petit corps cherchant son équilibre. Les bains avec ta cousine qui n'en finissaient pas, la baignoire débordante de rires et de hurlements de joie. Mon ami mon copain Sébastien.
Et puis tellement d'autres souvenirs, heureux ou malheureux comme tes séjours à l'hôpital durant lesquels brave petit soldat, tu ne quittais pas mon regard pendant que l'infirmière te piquait. Nous étions connectés l'un à l'autre et rien ne pouvait troubler l'océan de tendresse que nous partagions.
Je noircirais des pages et des pages sur toutes ces émotions partagées avec toi, avec vous dès que je pense à Nini ta cousine. J'écrirais des lignes de toutes les couleurs dans la multiplicité des arcs en ciel sur lesquels nous sommes montés. Vous m'avez embarquée dans le voyage inaltérable de l'enfance, là où les rêves sont réalité, loin des tensions brumeuses qui altèrent l'innocence oubliée des adultes.

Mon ami mon copain, du haut de tes quelques jours à tes cinq ans aujourd'hui, tu m'as faite femme bien au delà de mon utérus stérile. Tu m'as offert ta confiance et ton regard vert, tes longues boucles d'or que je sentais comme un jardin apaisant. Tu m'as offert tes premiers pas, tes premiers mots et cette infinie confiance dans la perspective d'un lendemain chantant.
Sur ces quelques mots jetés à la hâte d'un clavier, je te laisse mon ami mon copain. Embrasse fort mamie Charlie et tout ton entourage et malgré la maladie, malgré le handicap, tiens bon mon petit bonhomme. Je suis avec toi vaille que vaille et bientôt nous nous reverrons, debout, main dans la main, Sébastien... mon ami mon copain Sébastien. Je t'aime mon bonhomme. Lanac

Par Lanac Diame - Publié dans : Entre-Actes
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