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Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
40 heures ! que je n'avais pas dormi. C'était presque l'heure de prendre un verre, pour débuter agréablement la
journée ou démarrer délcieusement la soirée, je ne savais plus très bien, et puis boum ! Cassée la Zoé. Endormie profond sur la table du bistrot. Mes potes m'ont raccompagnée chez moi et je
n'ai émergé qu'aujourd'hui. En parlant de prendre un pot, pour moi rien merci, je crains qu'un verre n'équivale à une bouteille, mais sers toi, tu sais bien que tu fais comme chez
toi. Tu veux que je te raconte ? Oui bien sûr que tu veux. Si je ne l'ai pas fait avant, c'est que je n'avais pas les mots. Ah il y a bien les maux, mais je ne suis pas d'humeur au bon
mot.
Elle est passée me prendre mardi soir, direction la Closerie des Lilas où j'adore inventer des situations avec, dans les rôles principaux, Fitzgerald et Hemingway ou Appolinaire et Picasso
ou...
J'arrête là parce que mardi je n'avais pas le coeur à faire des improvisations verbeuses. J'étais bouffée par le désir, bouffée par son regard vert et bouffée par l'immense solitude affective qui
se pointait à l'horizon. Elle semblait très réceptive au temps qui passe, aux quelques heures que nous nous accordions pour une soirée tendue à l'extrême. Tendue pour cause d'implosion à
fort risque gore. Mon coeur avait envahi la cage thoracique et j'étais compressée comme dans un vêtement en latex beaucoup trop étroit, le sang se gondolait de rire dans mes vaisseaux survoltés
et le pire du pire, j'avais les mains moites.
Elle voulait me faire plaisir en m'invitant dans ma brasserie préfée mais je n'avais pas d'appétit. Impossible d'avaler quoique ce soit. Les spasmes qui agitaient mon estomac déjà fragilisé
me maintenaient dans une tension constante dont je n'arrivais pas à sortir.
Emma au contraire semblait détendue, souriante, sa jambe sous la table venait prendre appui contre la mienne parfois doucement, souvent de façon appuyée et moi, moi j'avais sa cheville dans la
tête. Comme une mélodie la cheville, toute gainée de soie. Avant qu'elle eut fini son plat je lui disais "On y va ?". Elle s'est marrée et je vais te confier une chose
blogueuse absorbée, j'aime quand Emma rit. Mais mardi, lorsqu'elle a ri gentiment, j'ai eu les tripes congestionnées. Tu vois ce que je veux dire ? Mal au ventre, les intestins version
quenouille, le liquide rouge qui bouillonnait dans les temps. J'ai pensé "Non je ne serai pas malade, pas ce soir, pas cette nuit. Ce serait trop injuste". Alors je l'ai regardée et "Là je
somatise à l'excès. Il faudrait vraiment qu'on y aille". La belle a eu pitié. Voilà pour l'entrée.
En plat de résistance, deux femmes allongées nues sur un canapé lit dans une roseraie. L'entrée est une pergola habillée de roses séchées. Passer dessous c'est déjà s'engager dans le
plaisir. Humer l'odeur des fleurs, caresser leurs pétales, admirer leurs boutons... Ca ne t'évoque rien ?
J'ai aimé plus que je ne pouvais donner. j'ai été aimée en retour avec la même intensité
Intensité physique et
carresses de l'inexprimable
Hurler silencieusement pour retenir son regard
Caresser du bout des doigts et mémoriser
Graver chaque trait, chaque courbe
Sculpter, dessiner, photographier
Ne jamais oublier
Plus tard elle s'est assoupie dans mes bras. Je ne bougeais pas, bien trop peur que le lever du soleil n'indique l'heure de la séparation. J'ai sans nul doute, passé nuit la plus
émouvante, la plus sincère de ma vie. Nous avons ri, pas beaucoup mais quand même. Ça compte. Et puis pleuré aussi, enfin surtout moi. Pas fort, juste quand les mots ne passaient pas ma gorge ;
pas longtemps, petits moments égarés au cours de quelques jouissances inégalables ; Pas beaucoup, juste quand cela devenait incontrôlable.
Elle a bougé puis s'est retournée en sortant de mes bras. A cet instant je me suis vraiment posée la question de partir comme ça, à l'aurore. Partir sans au revoir, sans vas bien, sans on se
revoit très vite. Pas de phrases idiotes, c'est bon pour les amantes malheureuses.
Emma m'a retrouvée dans sa cuisine à siroter un coca et fumer une cigarette. Par sa présence elle donnait une réponse à ma question. Non je ne partirais pas sans rien dire. Elle était très très
tendre, dans le besoin de me toucher. Je laissais faire, pas bête ! Puis elle m'a dit
- Il reste des cartons à faire
- Tu veux que je t'aide ?
- Tu en es bien sûre ?
- De quoi ?
- De vouloir rester
- A ton avis ?
Comme il était tôt, nous sommes nous recouchées mais dans sa chambre à la blancheur immaculée, coupée par un parterre de plantes vertes. C'est assez grand et voir ces organismes vivifiant au
réveil est un délice. Bien sûr nous avons refait l'amour mais autrement, dans la fatigue d'une nuit blanche.
Puis il y eut une autre nuit blanche, pleine de roses rouges et noires, une nuit passionnée et haletante. Une nuit sans respirer comme si retenir son souffle était retenir le temps.
Et puis il y eut jeudi. Les déménageurs à 8 heures du matin, le camion plein à 9h30. Avant de prendre la route, elle m'a déposée chez moi
Une dernière fois
On s'est embrassées
Caressées
Serments échangés
Sentiments partagés
- Je t'aime
- Je t'aime aussi
Claquement de portière
Voilà, c'est fini.
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