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The worLd

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Jeudi 8 février 2007

Bruges ! Un B ou 2 B ?? version francophone ou néerlandaise ? Mais on s'en fout et cette Venise du Nord n'a eu de cesse de m'interpeller ! Nous y étions bien et avions décidé de jouer les touristes : calèches, bâteaux, visite chez un brasseur avec dégustation (halalalala!!!), magasins de dentelle à tous les coins de rue, bref : un conseil, allez à Bruges.

Comme je l'ai déjà écrit, j'avais découvert Bruges à l'aube lorsque nous sommes venues au début de l'été mais j'avais envie d'y filmer le soleil hivernal de ce week-end. Charlie m'a alors proposé une ballade à 6h du matin le samedi. Défi relevé ! Nous sommes sorties pour une longue promenade le long des canaux, marchant doucement comme pour ne pas troubler le sommeil des riverains. Nous parlions à voix basse. Elle me racontait des histoires simples alors que nous déambulions dans les nombreux espaces verts. Elle semblait sereine, chez elle.
Je pris ma caméra et fis un gros plan de ses yeux verts avant de ramener mon champ visuel en l'intégrant dans la nature propre et entretenue de l'espace environnant. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, elle m'avait conduite à  Zeebruggeport, le port. Nous nous sommes installées dans un café qui venait tout juste d'ouvrir. Nous étions seules. Alors elle me dit qu'elle et Lanac aimaient se rendre dans ce café, y voir les pêcheurs parler fort  
de leurs nuits en mer. Je ne lui demandais rien et elle parlait, parfois en souriant, d'autre fois en se rembrunissant. J'avais posé ma caméra sur une table un peu plus loin. De fait, son regard en se posant sur moi se posait au centre de l'image. Plus elle parlait et plus leur relation prenait forme, se matérialisait bien au delà des mots. J'avais une ébauche de structure que j'entendais comme le long maillage d'une relation fusionnelle qui ne pouvait qu'aboutir à une impasse. Elles s'étaient réciproquement empêchées de respirer et cerise sur le gâteau, je n'aurai pas été loin de parier que les motifs de rupture soient les mêmes. Elle a mis en équilibre cette histoire d'amour avec ses joies, ses surprises (Lanac est une femme qui sait faire des surprises) et le manque de confiance dans l'autre (Lanac l'avait trompée une fois mais pour Charlie, c'était une fois de trop). Puis cette horrible souffrance quand Lanac est partie sans rien expliquer de concret, de réel. Charlie qui l'aimait plus que tout mais sans nouvelles. Lanac aurait pu, aurait du être morte ! mais elle vivait ou survivait quelque part, enfouie dans ses mensonges sur la vie, dans ces illusions poétiques et "utopiques" (je cite) d'un monde meilleur.
Après la violence de la souffrance vint ensuite le temps du repos, la rencontre avec Via, la possibilité de se sentir à nouveau en vie, respirer l'air du large, du grand large. Je n'ai pas posé de questions, aucune. J'ai simplement filmé cette femme si forte et si fragile à la fois ; J'ai capté la fulgurance de la souffrance puis le repos inaltérable de la confiance ; J'ai compris ce qui m'attirait dans Lanac : cette impossibilité à grandir, ce sentiment d'une enfant-femme que les adultes avaient condamné, bien jeune, à éspérer, encore et toujours, que le monde des rêves soit le monde réel ! Elle n'avait pas beaucoup de chance de sortir de cette chasse à courre dans lesquels elle était à la fois le chasseur et le gibier.

Enfin nous sommes rentrées. Je me suis sentie plus proche de Charlie qui se laissa aller à quelques morceaux de saxo bien venus (instrument dont j'appris qu'il avait été homologué par Adolphe SAX, belge, au milieu du 19ème siècle. Décidemment ces belges... me plaisent bien). Via était souriante, petite femme boute en train toujours à proposer. Emilie ne décrocha pas une seconde le sourire qu'elle avait accroché aux oreilles et moi je jouais de la caméra comme on joue du piano, légèrement.

A très vite. Zoé 

par Lanac Diame publié dans : Entre-Actes
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Mercredi 31 janvier 2007

Je me souviens de notre rencontre, toi le petit bonhomme si longtemps serré contre moi. Je calmais les angoisses de tes premiers mois de vie en t'allongeant sur mon torse nu puis nous nous endormions, sereins. Je te nourrissais, te changeais, t'habillais puis nous sortions pour de longues ballades au bord de la mer. Tu éclatais de rire en voyant les mouettes, tu pleurais lorsque ton doudou tombait. Et moi j'étais si heureuse ! 


Sébastien, mon copain,
mon ami mon copain Sébastien.


Nous étions heureux tous les deux, simplement heureux. Je te racontais la mer, ton père embarqué sur les gros bateaux de pêche, parti pour plusieurs jours. Je te protégeais du vent en t'emmitouflant dans ma doudoune et toi tu piquais du nez dans mon cou.
Je me souviens des bains dans lesquels tu adorais jouer, petit corps cherchant son équilibre. Les bains avec ta cousine qui n'en finissaient pas, la baignoire débordante de rires et de hurlements de joie. Mon ami mon copain Sébastien.
Et puis tellement d'autres souvenirs, heureux ou malheureux comme tes séjours à l'hôpital durant lesquels brave petit soldat, tu ne quittais pas mon regard pendant que l'infirmière te piquait. Nous étions connectés l'un à l'autre et rien ne pouvait troubler l'océan de tendresse que nous partagions.
Je noircirais des pages et des pages sur toutes ces émotions partagées avec toi, avec vous dès que je pense à Nini ta cousine. J'écrirais des lignes de toutes les couleurs dans la multiplicité des arcs en ciel sur lesquels nous sommes montés. Vous m'avez embarquée dans le voyage inaltérable de l'enfance, là où les rêves sont réalité, loin des tensions brumeuses qui altèrent l'innocence oubliée des adultes.

Mon ami mon copain, du haut de tes quelques jours à tes cinq ans aujourd'hui, tu m'as faite femme bien au delà de mon utérus stérile. Tu m'as offert ta confiance et ton regard vert, tes longues boucles d'or que je sentais comme un jardin apaisant. Tu m'as offert tes premiers pas, tes premiers mots et cette infinie confiance dans la perspective d'un lendemain chantant.
Sur ces quelques mots jetés à la hâte d'un clavier, je te laisse mon ami mon copain. Embrasse fort mamie Charlie et tout ton entourage et malgré la maladie, malgré le handicap, tiens bon mon petit bonhomme. Je suis avec toi vaille que vaille et bientôt nous nous reverrons, debout, main dans la main, Sébastien... mon ami mon copain Sébastien. Je t'aime mon bonhomme. Lanac

par Lanac Diame publié dans : Entre-Actes
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Mardi 30 janvier 2007

Hello :) Ici Zoé en direct de Brussel. Je suis venue passer quelques jours chez Emilie et j'ai bien fait, je le dis en levant les bras au ciel : p'tain que j'ai bien fait !! Fallait décanter ! Ma relation avec ma guichetière est de plus en plus nébuleuse "et dieu dans tout ça... ?" (manquait plus que lui), et les enfants "je ne veux pas qu'ils se doutent de quoi que ce soit" (fastoche quand on sait que vaut mieux pas les prendre pour des cons), et les collègues "s'ils te voient trop souvent ils vont se poser des questions" alors c'est très simple : j'ai téléphoné à Emilie qui a éclaté de rire puis m'a  proposé de "passer prendre un thé-ganga" comme on aimait se les faire.
Elle est toujours aussi pimpante et trucculente. Sa boîte de communication tourne très bien et si les charges patronales n'étaient pas aussi lourdes en france, elle serait tentée d'ouvrir une succursale à Paris ce qui me laisse assez dubitative : veut elle monter des petites fêtes lesbano-sapphiques dans notre belle capitale ? n'aurait elle pas besoin d'un petit coup de main ? avant ou après les élections ? et la fête à Rome alors ?? Et bien non, il n'y aura pas de Rome cette année, tout du moins pas en l'état actuel des choses. Mais refaire un concert à Brussel lui semble probable et le réïtérer à Paris lui plaît bien. Mmmmm, me reviennent mes sensations de contacts phéromonaux, ces envies de fièvres, de lâcher prise pour une nuit. J'entends le solo de Charlie au Saxo. Je revois ces trois femmes sous le clair de lune. Je revis mon aventure sexuelle dans le train brussel-Brugges...
Emiliiiiiiiiiiiiiiiiie, banco : on remet ça. Reprenons un billet pour Lesbienne altitude. Je veux une orgie de sensations, des bouches à picorer, des mains enlacées, des regards ennamourés. Je veux qu'explosent les montées de sève avant que ne revienne le printemps qui fera son office de printemps. Je veux que celles qui nous lisent, Lanac et moi, respirent à plein poumon les senteurs éthérées du désir-plaisir. Je veux du jazz plein les oreilles. Je crois que je veux Lanac... ! et je crois qu'Emilie le sait. Je crois que cette amitié qui me lie à Lanac est plus subtile qu'elle n'en a l'air. Je sais que je veux voir Charlie et Via ce qui va se faire le week-end prochain puisque nous nous retrouvons toutes les quatres, elles deux, Emilie et moi, dans la maison de Charlie à Brugges.
Je veux faire la fête. Fait on la fête à Brugges ? J'emmène ma caméra et je filme ! et pas de concessions : je filme tout, même l'absence de Lanac.

Allez zou, faut que j'appelle ma guichetière. "Emma, c'est Zoé ! tu as passé une bonne journée ?". Quand je vous dis qu'il vaut mieux en rire. A très vite. Zoé

par Lanac Diame publié dans : Entre-Actes
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Lundi 22 janvier 2007

Il me faut faire vite. Je dois me "décoller" de ce passé qui me tient comme une seconde peau ou plutôt comme un bandage de momification qui partirait des orteils pour finir un peu en dessous de la ceinture. Un bandage taille basse ! L'hiver est là avec ses prismes de glace tôt le matin, bientôt la neige.

Zoé vous a raconté notre petite soirée passablement alcoolisée. Je me suis sentie très proche d'elle dans ce petit club de jazz. La musique passait bien, les souvenirs avec. Charlie, Charlie et Via. Mais qu'est ce qui est le plus douloureux ? Non ce n'est pas Via, c'est une femme bien. Alors Charlie ? Oui bien sûr ! Pourtant je ne suis pas seule. L'amitié, la vraie, la confiance, la musique sont mon quotidien. Je devrais rebondir, sentir la vie. D'autant plus que que j'ai passé la nuit dernière avec Carole, sublime photographe que j'ai re-rencontré hier dans une galerie. J'ai vu par hasard son nom pour un vernissage et accompagnée de Zoé, nous y sommes allées. Carole et ce souvenir extraordinaire d'une nuit extraordinaire durant laquelle j'ai cru que les voisins allaient appeller les pompiers tellement elle a l'orgasme, disons, expressif.  Bien sûr 20 ans plus tard, il a fallu que je lui remémore que nous nous étions connues. Puis nous sommes parties elle et moi chez elle. L'attirance était toujours aussi forte. Ce qui devait arriver arriva mais là, incompréhension totale : j'ai eu des crampes dans les jambes à hurler. Impossible de faire l'amour tellement les contractions musculaires étaient douloureuses. Aussi nous sommes arrêtées pour finalement passer la nuit à parler. Et je lui ai raconté Charlie, ma dépression, mon infarctus. Elle écoutait très attentive, notant ici et là des contradictions, revenant sur des évènements relatés une heure plus tôt, passionnée par le goût de Charlie pour le saxophone.
Nous sommes sorties vers 7 heure du matin prendre un café à Saint Michel. Il faisait vraiment froid. Près de la fontaine, un type se dégourdissait les doigts sur sa guitare. Que Paris est étrange quand l'aube n'est pas encore à l'ordre du jour, que le froid vous saisit à bras le corps.
Nous nous sommes quittées heureuses de nous être retrouvées mais sachant réciproquement que notre prochaine rencontre serait fortuite, à moins d'un autre vernissage, d'une autre expo.

J'ai déhambulé un long moment le long de la seine. J'ai vu les tentes le long du canal St Martin. C'est très impressionnant. Puis je suis rentrée chez Zoé et me voilà sur le clavier. Je n'ai pas dormi depuis avant hier mais je ne sens plus la fatigue. Je suis un fantôme qui hante ses propres souvenirs. Je suis pourtant dans l'urgence : urgence de me re-trouver, urgence de m'appartenir, me ré-approprier ce qui me singularise en tant qu'humain. Urgence non pas d'aimer et d'être aimée mais urgence que ce qui fait le manque se mue en vitalité. Je veux des rires, de la musique, de la culture, des échanges sereins et intelligents. Je veux le présent. Je veux faire l'amour sans crampes !

par Lanac Diame publié dans : Entre-Actes
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Mardi 16 janvier 2007

Soirée souriresJ'ai pris Lanac par la main et nous sommes parties nous saoûler ! Pas bien me direz vous !! Mais bon sang, sur une soirée, je vous promets que ça ne fait pas trop de dégâts. Lanac s'est mise KO à coups de Kir et moi de picon-bière. Nous regardions passer les gens, commentant cette approche systématique du regard des autres sur deux folles dingue, moi écroulée de rire et elle se laissant aller à sourire. Je sentais son esprit se dégager de ses tourments intérieurs, s'ouvrir à la déconnade. Nous regardions passer les anonymes et chaque fois que quelqu'un entrait dans le bar, nous commandions un verre. Heureusement il n'y a pas eu trop de monde.
Puis nous sommes parties dans le 5ème pour nous trouver un peu de jazz. Que c'était bon : notre première soirée jazz ensemble. Rien que nous. C'était une petite salle dans laquelle le public venait se détendre. Nous sommes passées au bourbon. Lanac m'a fait remarquer que les instruments, par le biais de la lumière, se réflétaient dans les verres. Je lui ai rétorqué que les reflets étaient également dans nos cerveaux alors passablement embués. Puis nous sommes rentrées en déambulant un bon moment. Elle marchait un pied sur le trottoir et l'autre sur la route en sautillant comme une gamine.
Elle essaie d'être plus positive. Je prends conscience, par des petites phrases disséminées ici ou là à quel point Charlie a été importante pour elle. Je commence également à percevoir ce qui les a séparées, ce que peut-être la difficulté d'une vie de couple au quotidien. Toujours être sur la brêche pour réanimer le foyer de l'Amour. Ne pas omettre que l'autre, quoiqu'il arrive, ne sera jamais soî. J'apprends beaucoup.
Et je m'amuse, et nous nous amusons. Hier soir fut une soirée bien-être. Et plus je la découvre, plus je m'attache.

Il pleut aujourd'hui sur Paris, de cette petite pluie insistante qui n'a de cesse de mouiller les corps et les esprits. Je vois Emma ce soir. Je suis très accro mais notre dernier week-end m'a laissé un arrière goût de frustations. En dehors de ses deux amis-voisins-locataires, elle tient absolument à ce que notre histoire reste "un secret". Tu es mon secret me dit elle. Pas de problème ! Pas de problème ?? si, si quelques uns comme lorsque ses enfants sont là et qu'elle a tellement peur que quoique ce soit ne transpire qu'elle m'ignore quasimment. Alors moi que voulez vous, je me demande ce que je fais là ! A quoi sert de proposer à quelqu'un de rester dîner si c'est pour être dans la peur constante, éviter les regards, se tenir le plus loin possible pour qu'il n'y ai surtout pas de contacts physiques...
Je sens que les jours, les semaines à venir vont être déterminants.

Allez, à plus les ami-e-s. Zoé

par Lanac Diame publié dans : Entre-Actes
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Cadeau de noël

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