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Deux femmes courant sur la plage - Picasso
               

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An 2008, c'est l'été


Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 10:11

J'ai tenté ces trois dernières semaines de réanimer mon Ingrid, ma  belle illusion d'un peu de beauté dans ce monde de brutes.
Après un première floraison tout à fait réussie, Ingrid a jauni, s'est racornie, bougonne, de mauvaise humeur. J'ai pensé qu'elle avait une irruption de boutons, boutons de fièvre, boutons malades du manque
d'oxygène vital, boutons allergiques à trop de carbone achevé.
Elle a séché sur de nombreux sujets tels que la déforestation "sauvage", sur les notions de profits, sur le ventre rebondi d'un affamé, sur le sein fripé et tombant de cette femme de vingt ans qui allaite son xième enfant. Elle a séché sur les notions élémentaires des particules bénéficiaires. Elle a séché plus haut sur ces idées que des dieux se feraient la guerre dans la grande atmosphère.

Alors je suis intervenue. Je lui ai quittée ses guenilles et je l'aie rhabillée en lui offrant un grand verre d'engrais sentimental ; un espace plus grand, plus confortable pour y vivre ; de la terre du jardin de Louise ; un nouvel environnement de ciels légers et bleutés puis j'ai laissé faire. J'ai attendu, patiemment, attentivement.
Dans les premiers jours, il ne s'est rien passé. Ingrid faisait la sourde oreille à mes plaintes implorant un signe de vie, un soupçon d'existence. Un petit signe qui dirait que tout n'est pas perdu

Et puis ce matin, un bourgeon est apparu. Un petit bourgeon fait surface sous les feuilles qui prennent leur envergure.
Telle est Ingrid, insaisissable. Je ne l'en aime que plus.



CAMILLE

Par Lanac Diame - Publié dans : An 2008, c'est l'été
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 12:38

Je sors de chez le dentiste. Il faut te dire que je me suis frappée une rage de dents carabinée hier soir jusque tard dans la nuit. Il m'a fallut une 1/2 bouteille de whisky pour que finalement j'arrive à troubler le soleil trouver le sommeil. Il faut te préciser que je ne bois pas, enfin très peu, c'est à dire assez rarement, quoique... à bien y réfléchir... mais je ne bois jamais de whisky, jamais ! or ce bon vieux Jack Daniels est arrivé, le sabre en avant, le bandeau sur l'oeil, les cheveux gras dans le vent et hissez haut, à nous mes cocottes, les amazones des vestibules, les geishas de la mastication, c'est l'heure de l'apérot faire dodo.

Mais que nenni : une 1/2 heure plus tard je suis aux urgences pour réclamer implorante, suppliante, un peu de compassion pour ma bouche qui va exploser, s'enflammer dans les ténèbres de l'enfer au risque de foutre le feu au cul de Lucifer en personne. 
Arrive le beau, le ténébreux, la rose plantée dans son sourire ultra brite, l'inévitable, l'indispensable sauveur : j'appelle
l'interne des urgences !

Quand j'ai vu l'aiguille, j'ai tressauté : "pourriez pas la faire un petit peu plus courte ?", lui, au sourire ravageur "Ca va piquer, ne bougez pas".

Il a piqué !

La douleur m'a extraite du fauteuil dans un bond ahurissant, un enchaînement de katas que Chang lui-même n'a pas imaginé même dans ses rêves les plus fous. P'tain mais qu'est ce que c'est ?", sourire ravageur "Eau oxygénée !". C'est tombé brutal, de l'eau oxygénée, rien que ça, comme ça, dans ma pauvre dent malade et en souffrance.
Crois-moi ma soeur, 10 secondes plus tard je ne sentais plus rien. Envolée la garce, explosée la douleur,
e finita la comedia haaaaaaaaaaa sweet mélodie, love song.

Bonne nuit les petites pendant 2 bonnes heures et j'étais d'attaque pour affronter la pire de mes terreurs, la bouche dissimulée  par le masque vert de la projection de salive, le regard torve du concentré 
mandibulaire, l'homme de la ruine mine dentaire, le saint sauveur du point de contact entre dent saine et dent pourrave malade.
J'appelle 
Le chirurgien dentiste !

Parce que le dentiste soigne mais le chirurgien chie-rugit opère. Il te fait des trucs bizarres ! il te "faux moignon", te "coiffe provisoire" avant de te baiser bridger. Et de succès tu seras couronnée quand de ta blanche denture tu postuleras de ton sourire le plus craquant pour une figuration dans la bande annonce de The L World. 

J'ai eu un dentiste qui comparaît une visite chez lui à une visite chez le gynéco. L'intimité était son mot d'ordre, les tarifs hors convention aussi !

J'ai eu un dentiste qui avait des bras de boucher et m'a pris la langue dans sa roulette. Douloureux ! Haine longtemps entretenue.  

J'ai eu une dentiste qui soignait principalement des militaires. Gros oeuvre, brut de coffrage ! denture express pour sourire gêné

Son verdict tombe  : j'ai une bonne vieille carie planquée sous ma dent saine. Des tas de petits millions de bactéries microbiennes plus sournoises les unes que les autres s'y fraient un chemin et viennent ingurgiter dans un bazar notoire l'émail éclatant qui me rend plus attirante que n'importe quel 90-60-90.
Ces salopent bouffent tout, consciencieusement, scrupuleusement. Les perfides vont jusqu'à attaquer le nerf, le rognent. Les gencives deviennent rouges, gonflent, éclatent en autant de petits ruisseaux de sang qu'ils te faut contenir au dessus du lavabo, que dis-je, de la baignoire. Il s'échappe en rigoles dégoulinantes et se marre dès que tu veux  lui faire face haaaaaaaaaaaaa la baignoire devient "Psychose". Dans le labyrinthe de ta douleur, tu avances la machette à la main, le regard fou de peur haaaaaaaaaaa "Shinning" et

Et la musique est douce, tu te détends, ouvre tes tantras ma soeur, reçois la roulette comme une offrande à ta dent qui a survécu, humble servante de tes mastications quotidiennes, douce hygiène bucco-dentaire.

Arrive le fatidique "Combien je vous dois ?"
Hargh


Rage de dents, peine de coeur ! pas vraiment mais rage de dents, peine d'argent là, je dois dire...
fracture du genoux, mal du je-nous ? 
Allô docteur ?


Je te case le clip qui a fait le tour d'internet, ce serait vraiment dommage de s'en priver et derrière tu as Charlot dentiste, et avé l'assent de Marseille, ça le fait bien cousine
 


 

 




 

 

CHARLIE CHAPLIN - Charlot Dentiste

Par Zoé - Publié dans : An 2008, c'est l'été
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /Juil /2008 10:00

Louise est fatiguée. Elle a enchaîné chantier sur chantier, escaladant les obstacles avec souplesse, déposant son savoir-faire au diapason des surfaces importantes du type un trompe l'oeil sur 200 m2, attentive et concentrée, s'exprimant avec douceur mais fermeté à son assistante, parfois râleuse, parfois agacée, technique, critique, et toujours avec ce moment de création intense qui va impliquer une réalisation sans faille, du plus bel effet.

Je la regarde et je suis littéralement bouleversée. Je me sens vibrer, je me sens vivante.

Elle me dit "Ça fait longtemps que tu n'as pas écrit". Je souris en pensant à Zoé, à son aisance naturelle qui la rend si aimable. La voir sur le blog m'enchante. Elle est très concentrée et je l'entends parler seule, éclater de rire ou maugréer. Elle m'appelle et je pénètre dans son antre, un peu bordélique il faut bien le dire.
Elle occupe sa place dans ce blogsalon, notre salon, que nous ouvrons à ceux et celles qui le désirent par le biais des commentaires et des mails. Elle a son style, telle qu'elle est, toujours au quart de tour, 

un peu fofolle, très prévenante mais un chouilla trop tard, quand la connerie a eu lieu.  Elle prend ses aises,  fait, écrit, ce qu'elle veut, se ballade dans la blogosphère, se joue des apparences, se fout des jugements. Zoé est très libre et j'aime cette soif d'absolu, même si cela la conduit parfois à avoir des comportements qui la mettent en danger. Folle Zoé, petite soeur.

Je regarde Louise. J'ai envie du contact chaud de sa peau, de la douceur de ses reins, que nos jambes s'enroulent dans une chorégraphie esquissée puis fixée dans l'objectif



  HIGH ART

Par Lanac Diame - Publié dans : An 2008, c'est l'été
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 00:24

Toujours là ? Alors sers nous un verre et tamise la lumière stp, ce sera plus sympa.

J'ai vu Emilie en grande conversation avec une femme qui la regardait droit dans les yeux, souriante, pleine de charme. Je me suis approchée et j'ai interrompu leur conversation en anglais

- Hello darling. Tu me présentes ?
- Certainement pas
- Emilie t'es mon amie et je ne touche jamais aux amies de mes amies
- J'ai confiance en toi patate ! C'est elle que je ne connais pas assez pour savoir s'il ne lui prendrait pas l'envie de te regarder de travers. Moralité, laisse moi ma chérie et on se voit plus tard
- J'ai vu Emma et ses amantes
- Je sais, Charlie m'a raconté ton brillant coup de rein quand tu danses
- Salope
- ... Pardon ?
- Il y a trop de bruit, on se verra plus tard

Mon coup de rein ! rein que ça ! Et puis merde, nous étions deux à danser. Tant pis pour les autres, Emma nous avait à nouveau offert 5 mn de bonheur, j'ai eu envie de rester sur ce moment. Je me suis retrouvée sans trop savoir comment avec un groupe de hollandaises très sympa. Et comme Amsterdam reste Amsterdam, je me suis vite mise à tourner la tête à l'envers, avec une crise de fou-rire qui restera dans les annales. Je ne pouvais plus m'arrêter, j'en avais mal dans les côtes, je me pliais littéralement en avant pour retrouver mon souffle et c'est comme ça que m'ont trouvée Fred, Lanac et Louise. J'étais pliée en deux, dans une euphorie indescriptible avec des filles aussi raides que moi. Fred a  éclaté de rire en me voyant pendant que Lanac essayait de m'attirer contre elle pour calmer ma respiration qui devenait sacrément saccadée. Lanac je t'adore. Aurais-tu ce sixième sens qui te permet de me deviner là où les autres se contentent des apparences ? Ne dis rien, je connais ta réponse...

Une belle surprise m'attendait : Karen. Karen que les filles étaient allées chercher après son boulot, qui ne travaillait pas le lendemain et le surlendemain, la jolie Karen avec qui je partage ces moments délicieux qui me ravissent l'esprit et le corps. Ça m'a fait un bien fou de la voir là, de voir Fred ma vieille copine d'humour et d'amour ami, Lanac et Louise qui avaient fait le déplacement. Pendant une seconde j'ai cru qu'elles étaient là spécialement pour moi. Ce que je peux avoir l'ego démesuré par instant ! Je planais littéralement, toute musique dehors, cap à l'ouest et que ça déménage. Je suis repartie danser en entraînant Karen et très vite nous nous sommes mises au rythme du déhanchement sympathique et collectif qu'offrait la musique. Il était tard, il y a avait toujours autant de monde et la piste ruisselait de désirs et d'explosion de jouissance irréfrénée.
Fred est venue nous faire signe qu'elle avait trouvé un endroit où se poser. Nous nous sommes affaissées sur des chaises en paille, juste sous un palmier que pour un peu j'aurai bien fumé aussi, c'est dire dans l'état dans lequel je me trouvais. La musique était toujours aussi bonne et j'ai repris une rasade de rhum avant de faire tourner la bouteille. La surprise fut générale tellement cet alcool est bon, particulièrement bon. Merci Emilie. 

Nous sommes parties vers 7h du matin, cherchant un café qui voudrait bien sortir une table en terrasse tellement il y avait de teufeuses à l'intérieur. Ça ressemblait fort à une after, comprend une boite après la boîte. Nous étions épuisées et heureuses. Emilie m'avait laissé un message sur mon portable, nous proposant que l'on se retrouve chez elle à Bruges. Je l'aie appelée, elle était déjà en route. Je n'ai pas oublié de lui demander si elle était seule ce en quoi elle m'a répondu par la négative. Mhmmm, qui pouvait bien avoir jété son dévolu sur la plus chouette créatrice de fêtes lesbiennes que la terre aie portée ? Mhmmm ?

Dis moi, je reprendrais bien un verre, pas toi ? Non ne bouge pas, j'y vais. Fais comme chez toi, enlève tes chaussures si tu veux. Je vais mettre un autre disque. Manu Chao tu aimes ? Parce que c'est très approprié. Voilà, une bière pour toi et un verre de bourgogne blanc pour moi, c'est parfait.

Nous sommes arrivées chez Emilie vers 8h30, crevées et heureuses. Louise avait conduit ce qui impliquait pas de vitesse démesurée, un strict respect du code de la route. Je me suis endormie sur l'épaule de Karen pendant que la radio diffusait à voix basse les infos du matin, entre autre que SarkoZébulon allait marchander avec les dictateurs de tous poils tant qu'ils sont méditerranéens. Ça se passe de commentaires mais la pilule était un peu dure à avaler alors autant dormir.
Arrivée chez Emilie m'attend une autre surprise, Emma est là avec ses amies. Glurp. J'ai chopé Emilie par le revers de la veste juste avant qu'elle n'embrasse sa nouvelle conquête

- Emma est là !
- Oui avec Charlie et Via
- P'tain Emilie t'aurait pu me prévenir
- Du calme (tu parles!) Lanac voulait présenter Louise à Charlie, une façon comme une autre de lui dire qu'elle a définitivement tourné la page. Quant à toi ma chérie, tu prends ma chambre, tu as besoin de dormir un peu
- Pas seule, Karen est là
- ... Et ?
- Rapport que si je monte c'est avec Karen, rapport que c'est ton lit
- Rapports sexuels ?
_ autorisés ?
- Autorisés !

J'ai pris Karen par la main et nous sommes montées frémissantes, ivres et heureuses.
Une très belle fête, vraiment.



 

Manu Chao - Me Llaman Calle

Par Zoé - Publié dans : An 2008, c'est l'été
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 16:04

 Clac clac clac ! bruit des doigts que je fais craquer avant de les poser sur le clavier. 1 2 3 la fête ! Et quelle fête !! Plusieurs centaines de filles, de femmes, de tous pays, voire même des amies d'Emilie qui arrivent des USA pour une virée européenne. Les filles sont belles, le sourire en banane et l'oeil malicieux. Est-ce à cause de l'horaire mais les femmes du sud ne sont pas légion. Il y a surtout des blondes, moyenne 1m 75 ce qui me convient parce que je fais un tout petit peu moins et que j'ai toujours eu ce phantasme vécu avec Karen d'une femme plus grande que moi. Il ne faut pas croire que toutes celles du nord sont slaves mais il n'y a pas à dire, il y a des constantes.
Le décor est fascinant de l'entrée au fin fond de la salle.Sur l'un des murs est apposé le décor d'une maison cubaine avec à son 1er étage, sur le balcon, des linges de couleur qui évoque irrésistiblement le pacifique. Des palmiers plus vrais que nature délimitaient des espaces de convivialité, le centre étant occupé à la danse. Le bar était le rez de chaussée de la maison, créant une ambiance de qualité où commander un verre était presque une gageure tellement il y avait de monde. L''entrepôt s'était mis à l'heure de la salsa et de salsa il faut que je te cause si tu as 2 mn :
La salsa est un mélange de musique afro-cubaine. Ça se danse à 2 mais j'ai vu une salsa dansée par un groupe, une dizaine, enchevêtrées les unes dans les autres au son d'une salsa romantica tellement érotica qu'un cercle s'est formé autour d'elles, les accompagnant dans une frénésie de cris et d'applaudissements. Très réussie et d'un érotisme à couper le souffle. Tu connais ce serrement si spécifique en bas du ventre ? Et bien imagine la même sensation démultipliée par 7 ou 800 femmes... Ca te parle là ? Oui là, en bas du ventre !
  Ca dansait, ondulait, ondoyait dans tous les sens ; l'ambiance était survoltée ; une bombe à fragmentation érotique traversait l'entrepôt devenu l'espace d'une fête, une réplique de Cuba version cubaine et pas touriste.
J'ai aperçu la rousse démoniaque toujours habillée de cuir qui était visiblement très attachée à une fille dont le crâne rasé m'a laissée subjuguée : elle avait un visage divin, proche de la perfection. Son manque de chevelure mettait en évidence un crâne quasi parfait, des traits d'une douceur rare. Je l'ai vue qui pianotait dans sa main en rythme, les yeux fermés, belle dans son retrait sur elle-même, jouant sur un piano imaginaire. Je suis sûre qu'elle est pianiste, et convaincue que c'est son métier. 
Tiens, j'en mettrai sa main à couper !

Vint le moment où des groupes de salsa se sont enchaînés les uns après les autres sous le délire des festives. Je retiens un groupe qui a survolé le lieu avec splendeur et virtuosité : les Velvet Slits.  J'ai tout de suite percuté sur les "Slits", groupe féminin punk des années 80 que Lanac m'a fait découvrir, encore un de ces innombrables CD dans une cdthèque particulièrement hétéroclite, la trame restant le jazz. Les  Velvet Slits donc sont 4 filles complètement ravagées qui nous ont asséné un mini concert funk-raggae digne d'une 1ère partie du grand Bob. Apothéose franco française quand elle ont repris "Salsa" de V. Sanson, mais avec la rythmique vraie d'une vraie musique qui bouge, qui swing, qui te remplit partout, de long en large, en concentrique, de part en part, ce qui te laisse pantelante, ivre de bonheur. Ajoute à ça quelques verres de rhum Cubain, petit cadeau d'Emilie avant d'entrer dans l'arène, et tu comprendras que le paradis existe.
 

Je dansais pour moi quand un léger baiser dans le cou m'a filé la chair de poule. J'ai fermé les yeux et j'ai dit "Emma". Ce n'était pas une question, juste un murmure. J'ai tourné la tête et lui ai souri. Nous nous sommes immédiatement enlacées pour une bossa nova sans heurt, toute en douceur. Nous dansions un temps sur trois, au ralenti. Ça bougeait autour de nous mais je n'étais plus dans la réalité, juste accrochée à ses yeux, à ses reins.
J'ai vu Charlie et Via et en une fraction de secondes, le rêve est devenu cauchemar. Particulièrement parce que j'ai croisé le regard de Charlie, noir, dur, implacable. J'en suis restée sidérée. J'ai regardé Emma, me suis excusée et suis partie. J'étais en colère, non pas contre ce trio infernal mais contre moi. P'tain, Emma m'avait encore dans la peau, c'est ce qu'elle m' avait dansé, suggéré. J'avais l'estomac révulsé, envie de me dégueuler.
Je suis sortie prendre l'air, me calmer les nerfs. J'en étais à finir de rouler mon joint quand une fille s'est approchée pour me demander du feu. En fait je n'ai rien compris alors elle m'a fait ça en langue des signes, c'était beaucoup plus explicite. Visiblement dans l'attente de ma réponse également gestuelle, elle me souriait benoîtement, comme si j'allais lui fondre dessus telle une buse sur le lièvre. Je lui ai passé mon briquet. Elle s'est adossée près de moi, on a partagé le pétard en silence. Ça m'a calmé. Je lui ai fait une bise sur la joue et suis retournée sur la plage, là-bas, à l'autre bout du monde.

Tiens je te propose une petite pause. Visionne donc ça pendant que je t'écris la suite.



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Par Zoé - Publié dans : An 2008, c'est l'été
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