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An 2008_Chapitre 5


Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 12:00

700 milliards de dollar$$$$$
Et moi et moi et moi

700-milliards-de-dollars !!! De quoi nourrir tous les affamés de la terre pendant quelques temps ! 700 milliards de dollars ! Ca me troue le cul...compte en banque, ça synapse les amygdales dans un vertigo infernal. Là tu t'arrêtes, tu relis, tu te dis que tu ne comprends pas la phrase et je te rassure : ça ne veut rien dire, ou presque pas. C'est comme si je t'avais dit "Un jour il faudra sortir 700 milliards de dollars" et toi "wouah, t'es conne ou quoi ?". Bin oui, c'est aussi grotesque que ça 700 milliards de dollars, c'est indécent, ça pue, ça pique-sous sans donald pour faire rire.
Heureusement, des milliards de crève le faim n'en sauront jamais rien puisqu'ils sont illettrés, pas d'écoles > pas de lectures ! Ça a quelque chose de rassurant de se dire qu'ils s'épuisent à ramasser un bout de racine perdu au milieu du Sahel, le sein flasque de la mère qui regarde son gamin s'éteindre dans une sorte d'aridité des marchés financiers qui sans vergogne, t'allongent des chiffres comme 700-milliards-de-dollars. Ca fait froid dans le dos non ???? Moi ça me glace les sangs et tu l'auras compris, ça me fiche dans une colère noire. Le monde perd la boule darling, les boursicoteurs ont les boules et tous cherchent le cochon-net, tu sais cette petite sphère de bois dont il faut se rapprocher pour marquer un point. "Oh, tu pointes ou tu tires ?". La planète à décidé de tirer à boulets rouges sur l'économie libérale pour en faire une grosse merde qui nous explose en pleine face.

Alors mes histoires de coeur... qu'il est bon de relativiser ! Du coup je me désengage péniblement d'Emma, à grands renforts de câlins avec Karen. Pas de sentiments amoureux, juste du plaisir sain de temps à autre qui me remet un peu à l'endroit. Pas d'enjeux affectifs, juste un profond respect et quelques fou-rires bienvenus.
Fred est en mission à travailler sur la mise à jour de toiles cachées derrière des peintures du 15ème siècle. Fred prend son pied dans les cathédrales, les églises qui sont pour elle sa sources de jouvence. Parfois je l'envie : moi je fais des images de commandes dont le sens est souvent tellement limpide que ça manque un tantinet de l'excitation de la découverte. A ce sujet, saches que pour nous artistes, les temps sont durs, de plus en plus durs, à se demander combien de temps nous pourrons tenir.
Lanac me tient une fois de plus la main, le coeur en bandoulière et la raison saine de l'amie qui ne lâche pas l'affaire, qui sait trouver les mots pour consoler les maux et autres joyeusetés qui ponctuent ma relation avec Emma. Il m'est bien venu en tête qu'elle pourrait partir de Paname pour aller s'installer avec Louise au moulin mais c'est avec un vrai franc sourire et une petite tape derrière la tête qu'elle m'a rassurée : nous continuerons d'habiter ensemble encore pendant quelques temps.

Allez, j'ai beaucoup utilisé le terme "temps". Il est temps que j'aille à mon rendez-vous chez le démantibulateur de mes copines les gencives, de mes amies les quenottes. Mais j'ai la dent dure, je devrais m'en sortir.

700-milliards-de-dollars ! Tu y crois toi ?
700-milliards-de-dollars
Et toi et toi et toi ???


Je te laisse sur un nouvel extrait d'un bon film à louer dans ton vidéo-club préféré. Attention, ce montage n'est pas le reflet de l'histoire alors ne vient pas me dire que je t'ai vendu du champagne pour du mousseux ! Bon visionnage


Nathalie

Par Zoé - Publié dans : An 2008_Chapitre 5
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 18:20

 

 



Les jours passent et le temps n'est pas extensible, ainsi m'est-il difficile de me consacrer à la seule écriture, que ce soit celle du blog ou d'une autre promenade au pays des mots. A ce sujet, j'ai trouvé un peu dur le post de Zoé intitulé la baragouineuse. Il est des endroits que les internautes occupent en laissant place à leur seule imagination, avec leur niveau de langage, leurs références, même si celles-ci se trouvent être parfois quelque peu pédantes. Zoé n'a pas tort lorsqu'elle exprime un certain agacement, ou devrais-je dire un agacement certain, mais son ton direct laisse peu de place au dialogue. Je dois toutefois admettre que ses remarques sonnaient assez juste, conséquence directe d'une conversation passionnantes entre Zoé, Fred, Louise et moi. J'étais sans aucun doute la plus souple, arguant d'une nécessaire sincérité de la commentateuse en question. Toutes les trois se sont beaucoup amusées à me chambrer. Devant une telle hégémonie, je n'avais plus qu'à m'incliner. Les derniers commentaires ont eu raison de mes résistances.

Je viens de finir un remplacement de quelques jours au Luxembourg et j'ai hâte de poser mes valises, hâte de retrouver Zoé pour la calmer un peu dans sa frénésie à courir dans tous les sens. Ce soir je l'emmène écouter un peu de jazz, Karen doit nous retrouver après son service.
Car Zoé n'arrive pas à réellement s'investir pleinement avec Emma et de ça je suis plutôt contente pour elle. Emma est une femme charmante, terriblement attirante c'est un fait, mais également trop ancrée dans une image socialement sans heurts pour que Zoé y trouve une place que malheureusement elle n'occupera jamais. Et combien d'Emma, sous couvert d'hétérosexualité justifiée par le mariage, les enfants, la religion, le travail, combien d'Emma ne courent jamais le risque de vivre pleinement leur histoire au grand jour ? Combien d'Emma se taisent indéfiniment par peur de l'opprobre de leurs proches ? Combien d'Emma se satisfont du silence sentencieux qu'implique une relation cachée ?
Et combien de Zoé rongent leur frein pour ne pas tout faire exploser ? S'exprimer, vivre, sourire quant la vie se fait l'écrin d'une relation passionnelle et passionnante qui ne souffre pas de mutisme, encore moins d'autisme. Ma belle amie se pourfend d'apparences trompeuses qui ne font que "l'attirer" vers le bas, vers un moral en berne, des sentiments où l'amour est très loin de rimer avec toujours.
Mais ce soir nous sortons. Nous sortons la tête haute, fières d'être qui nous sommes, sans masques, sans subterfuges.

Mon amour de Louise m'a fait découvrir il y a quelque temps une chanteuse Sud Africaine extraordinaire, Miriam Makeba. J'ai envie de partager quelques instants de cette présence, cette aura, qui donne envie de chanter et de danser. Ce soir je prends Zoé dans mes bras et dans un immense sourire lui déhanche le bassin avec un très joyeux Pata Pata.


 

Miriam Makeba Pata Pata






Soweto Blues-Miriam Makeba
Par Lanac Diame - Publié dans : An 2008_Chapitre 5
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 10:15

Il faut que j'arrête. Je déborde d'énergie, je cours dans tous les sens, je n'arrive pas à me poser, à me détendre.
Je suis en état de manque.
J'ai horreur du manque, autant que la nature a horreur du vide.
Tu te doutes bien qu'il y a Emma là-dessous, Emma sans dessus dessous.

Cette femme est belle, physiquement vraiment belle, et son charisme charnel me fait totalement fondre, me liquéfie (le mot est faible !).  Cette nuit j'en ai longuement parlé avec Lanac qui est très loin d'approuver la relation, passé oblige. Je suis à flux tendu, résolument déterminée à ne pas me faire manger toute crue, pas encore. Emma n'étant plus avec Charlie et Via (ha, il fallait suivre, il s'en est passé des choses au cours de ces derniers mois), sa nouvelle disponibilité la rend encore plus gentille, encore plus accessible. D'autant plus qu'elle a un peu fait le ménage dans sa vie, alors elle me réserve une place de choix.
Je vois le piège gros comme un paté de maisons. Non je ne suis pas une bouée de sauvetage, non je ne suis pas un ballon d'air frais, non je ne suis pas forte comme Achille mais oui j'ai le coeur qui bat et oui ça me fatigue. Tout me fatigue.

Je pourrai dire à Emma entre deux volutes de cigarette après l'amour "Tais toi mon coeur, apprécie, simplement"
Je pourrai dire dire à Lanac "Tais toi mon coeur, je sais que tu as raison mais la raison je l'aie à nouveau perdue il y a quelques jours"
Je pourrai dire à Fred "Tais toi mon coeur, notre complicité et nos fou-rire sont toujours là, bien accrochés à nos sourires en banane"
Je pourrai en dire des choses. Mais si je me disais à moi, à ma petite voix intérieure "Tais toi mon coeur. Tu bats trop vite, trop fort. Reviens à un rythme normal, reviens à ton rythme"

Alors je fredonne, je fredonne




 

Dionysos
Par Zoé - Publié dans : An 2008_Chapitre 5
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 01:35

Es-tu chez toi ? Je veux dire intimement chez toi, dans ton univers d'espace, de volumes ? Tout va bien ?? Pas besoin de te cacher pour lire ou le texte, ou la vidéo, ou les deux ? A l'aise, tranquille, limite sereine. Au bureau ? Tourne ton écran face à la porte et ni vue ni connue, installe toi tout confort, ça va être court.

Il ne t'a pas échappé que depuis quelques articles, nous avons une nouvelle venue de l'île des commententatrices-commentateuses, j'appelle la baragouineuse.
La baragouineuse a ceci de particulier qu'elle parle plusieurs langues, ce qui la place en pôle position pour la course aux commentaires d'or. Elle peut-être (le jeu de maux, trop toooop), je répète, elle peut être, peut-être, si elle le désire, chiante à un point inimaginable ou tout sourire et ni 1 ni 2 je t'embrouille. Donc que se passe t-il, hummmm ? Mais ta désertion internaute bloggeuse à qui je me suis attachée au fil des mois. Et ton absence me pèse, que dis-je, m'afflige !
Lanac et moi avons eu une super discussion
 sur la place que tu occupes, darling, et qui te revient de droit. Au nom de quoi ?? Très simple : la baragouineuse a une certaine tendance à occuper  le terrain en se camouflant derrière des sonorités rondement menées, des A et des EAUX susurrés assez subtilement il faut bien le reconnaître, à l'oreille du clavier qui en reste coi ! Quoi coït coi ??  Mais oui mais oui !! La baragouineuse va te prendre dans ses filets mercantiles, elle s'assure un retour flatteur pour son ego mais ne tend pas systématiquement à l'échange. Une sorte de protectionnisme du verbe. Alors je te l'affirme haut et fort : c'est avec toi que je veux m'entretenir, parce que toi tu es directe, sans A et O superflus, rien que du sympa drolatique (ou pas, c'est suivant ton humeur, je sais).
Tu reconnais la baragouineuse à sa façon de parler pas toujours intelligible, voire voir parfois incorrecte. Sur ce coup là en fait, elle n'a pas eu de chance : j'ai fait quelques études et quand tu travailles l'image, tu apprends inexorablement et la sémantique et la sémiologie. Donc la baragouineuse, si tu ne sautes pas à pied joint dans son jeu très limite limite, en rajoute une couche. Là c'est Lanac qui a commencé à tiquer. C'est que ma belle amie a fait des études plus poussées vois tu, des trucs bien hardos qui ne t'arrangent pas le cerveau si tu y penses deux secondes, mais qui te permettent de suivre la discussion. Alors la baragouineuse en profite pour s'enfoncer plus avant dans son délire verbeux bourré de références. Tu penses, la porte est ouverte, elle fonce telle wonderwoman et se met à parler une langue étrangère à laquelle tu ne comprends que couic. Tu me suis ? Parce que là où la baragouineuse se fait plus dangereuse, c'est quand elle lance une OPA sur ton blog. Et ce qui nous a fait prendre conscience (malgré les mises en garde de Louise) de cette OPA c'est ton absence !! Et la boucle est bouclée !

Alors attention, quand dans tes commentaires tu vois apparaître le gant de velours sans savoir de quelle teneur est la main planquée bien au chaud au fond, si sur le majeur tu vois une grosse pierre qui pourrait bien être un gros diamant, fais gaffe, c'est sans doute un zircon. Tout ce qui brille n'est pas d'or...
Et pour conclure, si tu pousses la baragouineuse dans ses retranchements, qu'elle te répond qu'en fait elle est venue s'installer quelques temps à demeure pour faire une étude sur "l'impact des commentaires dans le processus d'un blog", ne fais pas comme nous, connos que nous sommes, n'oublie pas de lui demander les résultats de son étude à la baragouineuse, je suis sûre que l'on serait quelques unes à en apprécier les tenants et les aboutissants. A bonne entendeuse...

Comme ta journée ne fait que commencer, ou ta soirée, ou ta nuit, je te laisse un bon exemple d'une discussion avec la baragouineuse. Ouvre bien les yeux :



Oscar Benton - Bensonhurst Blues




Cool non ? Allez, cette nuit je suis de bonne humeur (bin oui, ma recherche de contrats + mes peines d'argent + mes soucis d'amour(s) = mes journées sont plus courtes les unes que les autres) et toi à cette heure ci, soit tu dors, sois tu câlines, soit tu bosses, soit tu n'en as rien à foutre, bref, il est déjà plus de 2h du mat ! donc je te joins un petit extrait de film bien déjanté à visionner sous la couette et avec le sourire


 

Faultline
Par Zoé - Publié dans : An 2008_Chapitre 5
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 13:00

Ce soir je fais don de mon corps. Je lègue mes organes un par un à qui en aurait besoin. Mais (parce qu'il y a toujours un "mais") mon  coeur est réservé à Lanac, au cas ou le sien lui ferait défaut un de ces quatre. Côté sexe, le mien étant plutôt mignon, discret tout plein, vois plutôt à habiller des jambes fuselées, sportives, abdos impeccables, dorsaux saillants, fessiers fermes juste ce qu'il faut
Nan, je déconne
En dehors de mon organe cardiaque pour mon amie, je n'ai ni la force, ni la conviction de faire don du peu qui me tient debout. Parce que debout il faut que je reste et crois moi, en ce moment je ne sais plus si c'est le monde qui s'emballe ou si c'est moi qui vacille. L'accélérateur de particules aurait-il donc frappé ?

Mais revenons à quelques temps en arrière. Fred était assez mal de sa rupture avec miss truc. Leur histoire, sincère pour ma Fredouille, se bornait à n'être qu'une aventure extra-conjugale pour miss zalobe. Louise et Lanac nous ont accueillies dans le moulin de Louise qui a mis son atelier à la disposition de Fred. De la peinture à la sculpture, il n'y a qu'un pas et elles se sont retrouvées sur le terrain de la création. Ce fut délicieux. Fred s'est retapée en prenant du temps, en prenant son temps. Le dernier week-end d'août, Charlie et Via sont venues de leur grand nord pour la xième édition de "La forêt des livres", un rassemblement conséquent d'auteurs et de quelques 50 000 badauds qui viennent voir la tête des écrivains avant tout, acheter un bouquin au cas ou. Nous avons salué la belle Muriel Hermine qui sort son 2ème livre illustré. Tout allait bien, tout, jusqu'à ce que Charlie se débrouille pour être seule avec moi

- Tu comptes venir à l'anniversaire d'Emma
- (silence très étonné) Pardon ?
- Elle ne t'as pas appelée ?
- (regard très surpris) Pourquoi, elle devait ?
- Elle va ! Je croyais que c'était fait
- (ton très agressif) Qu'est ce que tu veux Charlie ?
- Simplement te dire que c'est fini
- Fini ??
- Entre elle et nous. Je voulais que tu sois au courant
- .... (silence très lourd) On rejoint les autres ou tu as encore quelque chose à me dire ?
- Allons-y

Elle aurait dit "Tire" au lieu de allons-y que la déflagration n'aurait pas pu être plus étourdissante. Quand Fred m'a vue, elle m'a saisie par les épaules, je l'aie fixée sans la voir et j'ai articulé "Emma refait surface". Comme ma Fredouille n'est pas la moitié d'une conne, elle m'a simplement demandé "Tu la revois quand ?"... Elle a dû se contenter de mon silence.

Em'a téléphoné la semaine suivante pour m'inviter. J'avais le coeur qui battait la chamade, j'entendais le sien sourdre à travers le combiné. La petite danse de la Lesbian Teuf n'était pas loin et nos timbres de voix n'entraient en collision que pour mieux se percevoir.
Elle m'a proposé que l'on se voit avant. J'ai refusé. Je lui ai dit que je viendrais mais avec Fred. Elle n'a rien trouvé à redire.

Si tu n'as pas suivi les épisodes précédents,Un conseil, commence par le commencement. Celà t'expliquera pourquoi revenir chez elle fut un vrai choc.
Elle a déménagé son clown d'un mur à l'autre, ça m'a fait comme un vide, même si le nouvel emplacement est beaucoup plus lumineux. Il y avait un peu de monde, ses enfants, ses locataires, des amis. Ambiance sympa mais je n'étais pas à l'aise. Fred est venue au bout d'un moment pour me dire qu'elle partait "Tu n'as pas besoin de moi. On se voit demain. Fais attention ma chérie, elle n'en a pas fini avec toi. Gare tes fesses et laisse m'en un peu pour nos longues soirées d'hiver". Un bisou sur la bouche et la voilà envolée.
C'est à nouveau dans la roseraie que tout s'est joué. Emma s'y est engagée la première, s'assurant d'un long regard que j'avais bien compris où je devais la suivre. Nous nous sommes éclipsées avec un prétexte totalement fallacieux qui a fait sourire Rudy (une des locataires-amis), laquelle n'a pas pu s'empêcher d'envoyer une oeillade complice à Emma quand elle a compris notre manège. Oeillade que je préfère ne pas commenter.

Te faut-il un dessin ? Nous étions à moins de 40 cm l'une de l'autre, tendues par le désir chaotique qui nous chavirerait. Emma s'est emparée de ma bouche comme si elle n'avait pas embrassé depuis une éternité. Je sentais la salive imprégner mes lèvres et ses gémissements me bouleversaient littéralement. 
J'ai senti une larme s'écraser sur mon nez. J'ai pris sa tête dans mes paumes et je l'aie forcé à me regarder en face, dans les yeux. Sa main est venue doucement caresser mon front, fermer mes paupières. Elle s'est approchée plus près, encore plus près. Je l'ai sentie très très fort. J'ai déboutonné son chemisier, ai posé ma main sur son coeur. J'ai sû qu'elle ne mentait pas. 
Emma m'a prise sans me demander mon avis. C'était très fort, très intense. Ma jouissance a duré longtemps, bien après que nous ayons retrouvé ses invités.
Je ne me suis pas attardée, pas envie d'entendre "Tu restes ?" en sachant que ses enfants dorment à côté. Pas envie de casser le moment. Repartir avec ma jouissance toute chaude, sensible et sensitive. Elle m'a rappelée le lendemain. 

J'ai fait don de mon corps. Ne ris pas, j'ai vraiment ma carte de donneuse. Mais mon coeur, ce brave soldat qui brave les saisons comme il peut, vaillant guerrier devant l'immense champs de bataille qu'est ma vie amoureuse, je ne peux plus l'offrir comme ça. Il pompe à chaleur sans discontinuer, au rythme de mes intempéries, il fait ce qu'il peut mais peut-il encore beaucoup dans le registre de mes amours ?
Le monde s'emballe et moi je vacille.
NON ! Je m'emballe et le monde vacille. C'est mieux comme ça non ?

Pas de vidéo aujourd'hui. Il est 4h du mat, je vais me coucher. Ainsi je m'éclipse sur la pointe des pieds et te laisse à tes rêves, internaute voyageuse. 
Moi je vais respirer à fond, peut-être m'endormir. Je dois voir Emma cet après-midi.
 

Par Zoé - Publié dans : An 2008_Chapitre 5
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