Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
E come va ? Je me suis absentée quelques jours pour cause de formation courte imposée par ces connards de l'administration
Bush zébulon de l'emploi. J'étais tellement énervée que je lâchais ma diatribe contre le système Bush le soir avec mes copains, autour d'un verre ou deux, d'un petit pétard tarpé et de
deux. Je rentrais tard, un peu abrutie, le moral comme la bourse, en vrille mais
mais
mais !
Même lorsque j'ai croisé le désespoir assis sur un banc (cf Prévert), j'ai hésité, le corps chancelant, en avant, en arrière, j'ai fait quelque pas pour passer devant le banc, je me suis
arrêtée, je l'ai regardée, vieille, recroquevillée sur elle-même, protégée par son manteau gris. Elle ne lève même plus les yeux, trop fatiguée ou plus envie, plus de force. Elle marmonne quelque
chose mais trop bas, c'est incompréhensible. J'ai fait quelques pas, me suis retournée. Et si... et si j'allais la voir, juste lui demander si ça allait, si elle n'avait pas besoin
de quelque chose ou de quelqu'un ; si j'allais m'asseoir, juste 1 minute, sans rien dire, juste être là ; et si...
Mais j'ai continué. Et je t'ai croisée. On s'est fendu d'un sourire
Donc obligatoirement, tu l'as vue, la femme assise sur le banc du désespoir. Mais si ! je t'assure que tu l'as vue, au moins une fois, assise sur un banc. Tu ne peux pas la rater, elle porte
un manteau gris.
Je n'ai pas regardé si tu t'arrêtais mais j'y ai pensé.
Et comme je pensais à toi, oui toi là, en face, les yeux rivés sur ton écran, m'est venue une idée, une drôle d'idée. Je te propose un petit jeu :
Règle n°1, écoute ça :
Règle n°2, te convaincre tout de suite que c'est inutile de critiquer le choix de la mélodie, c'est celle-ci et pas une autre. Alors
écoute, regarde et et lâche du lest, laisse toi aller
Règle n°3, me reprendre si je dis des conneries.
Le temps imparti est de 2 mn et 22 secondes.
J'ai 2:22 mn à te proposer en lecture
Je ne connais pas la fréquence de ton rayon X du balayage de texte
Règle n°4, assure toi de ne pas être interrompue pendant 2:22 min. Cale toi bien dans ton siège, sers toi un verre si tu veux, allume une cigarette si c'est nécessaire. Enveloppe d'un regard
attentif ce qui t'entoure, les volumes, le mobilier, le décor. Perçois les bruits qui te parviennent, directs ou étouffés, familiers ou inconnus.
Règle n°5, ne pas décrocher. Appuie maintenant sur replay, pour remettre la mélodie, qu'elle monopolise la parole sur les bruits environnants. Et maintenant suis moi
Si je te dis, Paris, ses scintillements, son bientôt noël, ses plus beaux atours. Sa clique de touristes et de banlieusards qui envahiront inexorablement les avenues, les rues
adjacentes, jusqu'au soir tombé avec certains soirs, les vendredis et samedis, les nocturnes. Tu marches seule au milieu de la cohorte de bonnes gens qui déjà préparent les fêtes. Mais trop
de bruits, trop de monde, monde de fous.
Tu te dis que tiens, tu serais vraiment mieux chez mimine, à montmartre. Tu remontes la rue blanche, le moulin rouge, les escaliers de la butte. Tu vois l'enseigne, ça te réchauffe le coeur,
tes nerfs s'apaisent. Tu vas pénétrer dans l'antre du sourire, du réconfort, de la douceur d'une mimine accueillante et réjouissante. Règle n°6 t'immerger réellement dans l'ambiance d'un
vrai café montmartois, avec son bar vieillot à droite et les 6 tables en vieux bois qui lui font face. Mimine
t'accueille avec son vrai sourire de mimine. Que tu commandes un café ou un petit blanc, elle s'en fout, chez elle on boit de tout de l'ouverture à la fermeture. Elle t'entreprend sur le champ au
sujet de déjà les préparatifs de noël, du déjà le temps froid, des déjà à la rue, des déjà sans logements. Noël-froid-rue-SDF, elle est comme ça mimine, méthodique. Ça sent bon chez elle, ça
respire la gentillesse de la patronne, de l'amie, de la mère. Elle est ce qu'on veut pourvu qu'on l'aime en retour. Alors elle donne sans discontinuer, depuis des dizaines d'années, dans son café
de la butte.
Elle aime beaucoup et beaucoup l'aiment. C'est un vrai petit café planqué tout au fond d'une petite rue à Montmartre. On dit que Jean Marais et Cocteau aimaient y venir seuls et je les comprends.
C'est l'endroit idéal pour les rendez-vous discrets mais également pour les dîners improvisés entre amis. Ça fragance l'émotion à l'état sincère, le serrement de mains vraiment amical, l'oeillade
du voisin qui a bien écouté ta conversation ... Des bruits, des rires, tellement de noblesse.
Tu te réserves chez mimine comme ta maison secondaire de l'âme, le repos de la guerrière. Pour aller chez mimine, tu passes devant un banc. Ce soir pour la 1ère fois, tu as eu peur d'y
croiser le désespoir. Et puis non, le banc était vide. Mimine t'a embrassée et la soirée a commencé.
Voilà. Nous sommes 2:22 mn plus tard. C'était le temps d'une pause café, le temps de s'en griller une, la pause petits racontars de couloir.
Enfin, règle n°7, te demander si pendant 2:22 mn tu as décroché. Si oui, c'est gagné ; si non et sinon, tant pis, c'est raté !
Alors, tu l'as déjà vue ? La vieille avec un manteau gris, ça y est, tu te souviens ?
Tiens, si on l'invitait à danser ? Peut-être que...
Au revoir Sister
J'arrete de fumer !!
D'autres questions ?
Tu t'attends peut-être, chère blogueuse, à un article riche en rebondissements capiteux, phéromones en action, draps de soie
enveloppant, sels de bain déroutants... (encore ?)
Nan ! nan nan !!
Rattrapée par la réalité la Zoé (figure toi qu'en touraine, on s'adresse à toi à la 3ème personne :
- elle va bien ?
- elle va pas mal et vous ?
- elle prend la baguette 100 céréales à 15,28 € ?
- nan, elle va prendre la classique à - d'1 € !
- et elle prendra 1 croissant ?
- Pourquoi il y a une promo ?
- Non mais il y a des croissants... ça peut durer des heures)
Donc j'arrête de fumer
Ou presque
Et c'est ce qui m'énerve le plus :
- zéro cigartette... ?
- mouiiiii
- 3 clops ?
- mouiiiii
- 5 tiges ?
- mouiiiii
- moins de 10 ?
- ha oui !
- et bin elle va nous faire le plaisir d'arrêter, et elle aura le sourire, et elle pense que c'est bon pour elle parce que 1 patch pour un paquet + 6 ou 7 cigarettes + les pastilles à la nicotine
: elle n'est pas loin de 30 qui
- elle t'emmerde !
Je me sens un tantinet dans cet état d'esprit contre ces salopards de tordus de fabricants de tabac
Que je t'entretienne deux minutes d' Anita. Anita est la chatte qui caquette. Je te racontais la rencontre il y a quelques jours,
à une sortie du métro République, à Paris, capitale de la France, pays européen où tu travailles plus pour gagner plus. Je ne comprenais déjà pas grand chose au slogan, aujourd'hui je ne capte
plus rien, écran noir, la mire. Bzzzzzz.
Mais je m'égare. Anita ! qui m'a appelée. Rendez-vous est pris pour un pot au Sarah Bernhardt, métro Châtelet, Paris, France. Un café pour lequel j'ai une certaine tendresse. Je m'y suis beaucoup
amusée à imaginer des situations suite aux conversations que j'écoutais avec intérêt, ce qui d'ailleurs m'a passablement servi quand j'ai passé mon diplôme de camerawoman. 2 types qui refaisaient
le monde version beatnik contre ENA. J'ai juste eu à recopier les dialogues et à mettre en images. In the pocket the diplomdocus, en avant le statut d'intermittente et ses peines à jouir de
p'tain d'heures qui
Mais je m'égare. Tu comprends bien que l'arrêt de fumer entraîne une certaine nervosité. Anita or donc ! Anita à la pupille très légèrement à la verticale. C'est un régal que de se laisser
glisser de l'iris à la pupille, de sa pupille en son centre. C'est agréable d'être regardée par une chatte un lundi soir du mois d'octobre, alors que 360 milliards d'euros viennent blinder ce qui
apparaît comme le pouvoir du pouvoir, THE economic system !
Suis un peu énervée là ! Tu n'as pas une allumette à machouiller ? 'arci.
Anita me parle d'une soirée en boîte (dont je tairais le nom tellement j'ai laché prise... ) Je passe un coup de fil à Fred qui est trop fatiguée pour suivre le mouvement, et nous voilà parties
d'abord chez elle puis en cluub (prononce u, cluuuub). Anita est d'origine Andalouse et ça se voit. Elle est toujours en action. Elle m'explique qu'il lui faut son quota de 14h de sommeil mais
que les 10 heures restantes sont à la charge du client utilisées pleinement. Elle ronronne aussi. D'abord son regard de chatte
pétillante mais très vite sa pupille s'agrandit et le ronronnement n'est pas loin, entre deux miaulements ! comiques, rageurs (surtout au volant), rapides, ... mais aussi sensuels, invitant
à une danse... convaincants !
Con-vaincue
Étais-je !
Con_ ne suis-je restée qu'une minute mais qui fut déterminante : nous avions brûlée la 1ère étape du long baiser qui n'en fini pas, mais que tu n'offres qu'à celle(s) soigneusement sélectionnées
pour leurs glandes sudoripares, c'est à dire sous les aisselles, Et saches bien que "Les aisselles constituent une zone de sudationparticulièrement active, et sont le siège de nombreuses autres glandes de sécrétion (notamment de phéromones). Wikipedia qui n'est pas à Paris, France mais je m'égare à nouveau,
l'errance des pensées, le manque de tabac...!). Donc nous y sommes : les phéromones d'Anita me sortent le grand jeu et ola, je lui ôte son tee-shirt tendance new age et ola : ses
phéromones m'arrivent directement de plein fouet dans mon tarin qui est en train de se refaire un odorat tout neuf.
moi : mneuf mneuf, et si on prenait une douche ? mhmmm ? Ce serait cool ça
elle : je n'ai qu'une baignoire
moi incommodée : tu m'offres un verre ?
elle : oh oui oh oui et on le boit dans la baignoire
Elle trépigne sur ses deux pieds et lève les bras. Argh. Comment dire : c'est comme une bouffée d'économie libérale qui pose la chemise, ça ne répond plus de rien. Hou que ça fait mal quand
on se le prend au cul. En ce qui concerne Anita et sa dépréciation phéromonale, c'est tout mon système qui se met à trembler. Je n'en peux plus !! Je prétexte un aller simple aux toilettes,
lui conseille de nous servir un verre, de se plonger tout de suite en apnée tout au fond de sa baignoire Coup de chance, elle a un porte revues aux wc qui vaut le détour. Je feuillette. Je
calcule, 5mn, trop juste, 10 mn va falloir que je justifie, 15 mn elle est à la porte,
L'odeur des sels de bain fleur de coco embaume l'atmosphère. Je me détend, me glisse en face d'elle. Elle s'approche. J'ai peur. Elle est là. Surprise : envolées les phéromones qui
puent. Bonjour les phéromones à la tendresse coco, à la caresse vite enivrante.
C'est quand je l'aie vu saisir son déodorant que j'ai eu le déclic. C'est cette merde ça le tueur de mouches, l'enfumeur
des végétations.
- stop
- qu'est ce qu'il y a ?
- tu sens bon. Reste comme tu es
- mais on va danser, je vais transpirer
- précisément. (long silence) J'aime ton odeur. Reste nature
Je prenais un risque considérable : c'était elle ou le karcher de la bonne humeur. Elle a dansé, transpiré. Nous nous sommes approchées, frôlées, butinées.
Avant de partir de chez elle, je lui ai dit de balancer son odorant maxi puanteur. Elle s'est marrée.
Et voilà pendant ce temps une courte démonstration de la série "Verboten Liebe" (amour interdit) sur la télé allemande (c'est pas très grave si tu ne causes pas
teuton...)
Norah Jones - Come Away with me
♥