Ce blog a aujourd'hui 1 an ! Il s'en est passées des choses en un an
Nous avons fait connaissance, avons découvert de nouvelles façons de jouer aux dames, de suivre les règles pour qu'il y ait une logique. Avec un sourire, nous nous sommes aperçues que l'ordre chronologique du blog permettait assez simplement d'envisager une certaine logique au déroulements de nos vies.
Nous nous sommes chacune perdue dans des histoires simples puis qui se compliquent.
Parce que rien n'est simple
Qu'est ce qu'une histoire simple ?
Je ne sais pas. Peut-être la vie ordinaire de gens ordinaires
On refait une partie ou on arrête ? L'expiration officielle du blog arrive dans 3 jours !
Nous sommes chacune à un virage.
La fin c'est le 18, on est que le 15. On a encore le temps...
J'étais en corse, à Ajaccio. J'ai compris une chose : je vais avoir mal pendant longtemps mais je l'accepte. Je n'ai pas le choix. J'ai vielli. J'ai mal mais je ne peux pas verbaliser. Je repense à Phèdres, à l'article de Lanac sur Phèdres "Mon mal vient de plus loin...".
Il y a eu une éclipse lunaire, ça n'a échappé à personne. Il devait être 23 heures, j'étais allongée dans une crique que j'avais découverte dans la matinée, avec un tout petit ban de sable . J'y étais seule et je profitais d'un moment de calme, juste un sanglot par ci par là.
La lune s'est enveloppée de cette teinte rouge si particulière. J'ai appelé Emma. Elle était douce, tendre. Je lui ai dit que si j'avais été un mec je lui aurai fait un bébé dès le deuxième jour et que je l'aurai épousé dans la foulée. Elle a rit puis m'a murmuré "C'est la plus jolie déclaration d'amour que j'ai reçue". Nous sommes restées longtemps à parler. La brise était tiède, le ciel étoilé. Chaque constellation se montrait tout à fait visible. J'étais dans une sorte d'irréalité, de flou existentiel proche de l'infiniment zéro. Nous avons raccroché en nous promettant mutuellement de faire attention à soî, d'aller bien. Pieux mensonges.
Je rentre avec Charlie et Via. Hâte de retrouver Lanac. Zoé
Actuellement je fais un remplacement en province, à 200 kilomètres de Paris. J'ai donc appelé Emilie au sujet de Zoé mais Emilie travaille sur un gros contrat et ne peut se libérer pour qu'elles se voient quelques jours à Brussel.
J'ai téléphoné à Emma mais celle ci est en arrêt maladie une semaine et s'est absentée quelque part en bretagne. Partie sans laisser d'adresse.
Je ne connais pas les amis de Zoé je suis donc très limitée
MAIS je sais qu'il faut qu'elle voit du monde. Elle a des crises de larmes intempestives, n'importe quand. D'énormes soupirs trahissent un chagrin très en profondeur. Elle plonge dans la mélancolie que je sais être redoutable.
J'ai donc eu l'idée de contacter Charlie. Elle me dit être en vacances en corse avec Via. Ca me fait tout drôle. Nous y sommes allées plusieurs fois et ce ce sont que de bons souvenirs. J'ai le coeur qui se pince un peu. Jalousie sur le tard ? Peut-être... Je lui explique pour Zoé. Nous convenons qu'elle les rejoigne dès que possible.
Elles s'arrêteront à Paris à leur retour et resteront 24 heures. Celà fait un moment que je n'ai pas vu Charlie ! Peu importe, l'urgence c'est la petite Zoé. Je suis très inquiète pour elle. Elle va mal. Il faut qu'elle bouge, qu'elle voit du monde.
C'est trop dur, trop douloureux, trop tout. Je n'arrête pas de pleurer. J'ai les tripes en bouillie, le coeur en poussière. Je suis allée chez Emma
ce matin. J'ai sonné, j'ai entendu "Entre". Elle m'attendait. Je suis entrée dans le salon et je l'ai vue, assise sur le canapé qui fait face à la fenêtre, immobile. Sans se tourner vers moi,
elle a dit d'une voix atone "Allons dans la roseraie".
Nous nous sommes assises côte à côte, nos regards posés sur le parterre de Baccharas. Nous ne nous pas regardons pas. Je
dis
- Ce n'est plus possible. On arrête
- Oui.
Un oui monocorde, dans la réalité d'une relation qui fatalement prend fin. Un sanglot m'étrangle la voix
- Je t'aime
- Je t'aime aussi _un silence_ mais je ne peux pas te donner ce que tu veux.
Je sens l'eau couler de mes yeux. Je ne retiens rien. Elle prend ma main. Je serre fort. Elle parle doucement. Je n'entends pas.
J'ai mal, horriblement mal. Je n'imagine pas ne plus la voir, ne plus l'étreindre mais je sais que c'est irrémédiable. La passion charnelle adoubée à une histoire d'amour contre l'absence, la
froide et assassine absence.
Je me laisse aller à pleurer franchement. Des gargouillis sortent de ma gorge. Je sanglote comme un bébé. Elle m'attire contre elle, me tient la tête dans son cou. Je me gorge de son odeur.
Je m'impreigne pour le restant de mes jours. La douleur me lacère de part en part. Mes boyaux se tordent. Je vais vomir l'aversion du manque à venir
Alors je cherche avidemment sa bouche. Elle me la donne dans l'instant, nos dents s'entrechoquent dans un combat de boxeurs, un baiser uppercut jusqu'au boutisme. Elle pleure elle
aussi. Je sens ses larmes s'écraser sur ma lèvre. Nous nous étreignons.
Le désir ressurgit, ultime conviction des corps à se battre contre la cynique réalité.
Elle dit "Non". Je sens ses mains se poser sur les miennes et me détacher sans violence mais fermement de son dos. Me revient le clown triste. Il m'observe de ses yeux mélancoliques. Il a
perdu quelque chose. Il me signifie : toi aussi tu as tout perdu, en une soirée, en un verre de trop.Tu as perdu Emma !
Emma je t'ai perdue. ... Au secours j'ai perdu Emma
- Je ne pourrais pas survivre
- Si tu pourras... avec le temps. Je sais que pour le moment ça ne veut rien dire mais tu verras. Le temps répare beaucoup de
choses
- On peut continuer à se voir ? Je me suis engouffrée dans cette possibilité comme on se jette à l'eau
- Non, ce n'est pas raisonnable. Je ne pourrai pas tenir
Je dis épuisée
- Qu'est ce que tu ne pourras pas tenir ?
- L'envie de toi, l'envie absolue d'être avec toi. Je t'aime mais... mais je ne peux pas. J'ai mon autre vie, les enfants. Je ne veux pas qu'ils pensent
que leur mère est
Elle s'arrête alors j'enchaîne
- Est une gouine ?
- Et même si... je suis lesbienne je ne le vivrai pas Zoé. Il n'y a qu'avec toi. Jamais une femme ne m'a attirée auparavant _un silence_
jusquà toi... toi si ! Tu as déboulé dans ma vie comme un boulet de canon mais ça va trop vite et je n'ai plus la maîtrise de rien. Ca ne peux pas continuer comme çà. Je suis en train de
fiche en l'air ce que j'ai mis des années à construire : un équilibre. Même si cet équilibre est fragile je ne veux pas le perdre. Sa voix se casse. Tu m'obsèdes Zoé... et les enfants s'en rendent compte, je suis moins disponible, je ne veux pas de ça. Il faut que je me reprenne. Je
t'aime mais je ne vivrais pas avec toi. Je ne m'en sens pas le courage. Je suis désolée.
Tu es une personne très bien et tu es jeune. Quelqu'un d'autre saura t'aimer comme tu mérites d'être aimée, pleinement. J'en suis sûre
Je rugis : mais je me fous des autres c'est toi que je veux bordel ! J'ai dit ça la tête baissée, ma nuque me fait terriblement mal.
Un long silence. Au bout d'un moment je me suis levée et j'ai dit "Je m'en vais.". Elle n'a pas répondu. Elle s'est redressée et m'a emboîté le pas. Elle a
ouvert la porte d'entrée de l'immeuble. J'avais fait 10 mètres quand je me suis retournée vers elle
- Emma ! Normalement tu devrais venir en courant, tu devrais te jeter dans mes bras en pleurant que c'est une connerie, que c'est pas vrai, que tu m'aimes trop pour qu'on se quitte comme ça.
Ca devrait finir dans un happy end. On s'arrangerait pour se voir sans que ça ne te dérange et ça durerait des années. Ma voix aussi s'est brisée: oh merde Emma je t'aime
- Je t'aime aussi Zoé mais on n'est pas dans un film. Puis elle a répété : on n'est pas dans un film.
La porte s'est refermée.
Besoin de danser délicatement au fil des mots
Laisser les doigts carresser le clavier
Allumer une cigarette
Boire un verre
Ne plus penser
S'étendre dans les volutes parfumées
Ne pas chercher l'accord parfait
D'un voile soyeux
D'une peau satinée
Ne plus penser

Laisser les murs du son s'envoler
Se couler dans la saveur
D'un corps couleur café
d'une odeur de sexe épilé
Ne plus penser
Voyage bien-être du toi et moi
Au fil des mois
Du temps qui passe
et qui nous surpasse
Ne plus panser
Lanac & Zoé