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Expo et Impro

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Deux femmes courant sur la plage - Picasso
               

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An 2010_Emma s'en va


Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 17:07

40 heures ! que je n'avais pas dormi. C'était presque l'heure de prendre un verre, pour débuter agréablement la journée ou démarrer délcieusement la soirée, je ne savais plus très bien, et puis boum ! Cassée la Zoé. Endormie profond sur la table du bistrot. Mes potes m'ont raccompagnée chez moi et je n'ai émergé qu'aujourd'hui. En parlant de prendre un pot, pour moi rien merci, je crains qu'un verre n'équivale à une bouteille, mais sers toi, tu sais bien que tu fais comme chez toi. Tu veux que je te raconte ? Oui bien sûr que tu veux. Si je ne l'ai pas fait avant, c'est que je n'avais pas les mots. Ah il y a bien les maux, mais je ne suis pas d'humeur au bon mot.

Elle est passée me prendre mardi soir, direction la Closerie des Lilas où j'adore inventer des situations avec, dans les rôles principaux, Fitzgerald et Hemingway ou Appolinaire et Picasso ou...
J'arrête là parce que mardi je n'avais pas le coeur à faire des improvisations verbeuses. J'étais bouffée par le désir, bouffée par son regard vert et bouffée par l'immense solitude affective qui se pointait à l'horizon. Elle semblait très réceptive au temps qui passe, aux quelques heures que nous nous accordions pour une soirée tendue à l'extrême. Tendue pour cause d'implosion à fort risque gore. Mon coeur avait envahi la cage thoracique et j'étais compressée comme dans un vêtement en latex beaucoup trop étroit, le sang se gondolait de rire dans mes vaisseaux survoltés et le pire du pire, j'avais les mains moites.
Elle voulait me faire plaisir en m'invitant dans ma brasserie préfée mais je n'avais pas d'appétit. Impossible d'avaler quoique ce soit. Les spasmes qui agitaient mon estomac déjà fragilisé me maintenaient dans une tension constante dont je n'arrivais pas à sortir. 
Emma au contraire semblait détendue, souriante, sa jambe sous la table venait prendre appui contre la mienne parfois doucement, souvent de façon appuyée et moi, moi j'avais sa cheville dans la tête. Comme une mélodie la cheville, toute gainée de soie. Avant qu'elle eut fini son plat je lui disais "On y va ?". Elle s'est marrée et je vais te confier une chose blogueuse absorbée, j'aime quand Emma rit. Mais mardi, lorsqu'elle a ri gentiment, j'ai eu les tripes congestionnées. Tu vois ce que je veux dire ? Mal au ventre, les intestins version quenouille, le liquide rouge qui bouillonnait dans les temps. J'ai pensé "Non je ne serai pas malade, pas ce soir, pas cette nuit. Ce serait trop injuste". Alors je l'ai regardée et "Là je somatise à l'excès. Il faudrait vraiment qu'on y aille". La belle a eu pitié. Voilà pour l'entrée.

En plat de résistance, deux femmes allongées nues sur un canapé lit dans une roseraie. L'entrée est une pergola habillée de roses séchées. Passer dessous c'est déjà s'engager dans le plaisir. Humer l'odeur des fleurs, caresser leurs pétales, admirer leurs boutons... Ca ne t'évoque rien ? 
J'ai aimé plus que je ne pouvais donner. j'ai été aimée en retour avec la même intensité
Intensité physique et carresses de l'inexprimable
Hurler silencieusement pour retenir son regard
Caresser du bout des doigts et mémoriser
Graver chaque trait, chaque courbe
Sculpter, dessiner, photographier
Ne jamais oublier
Plus tard elle s'est assoupie dans mes bras. Je ne bougeais pas, bien trop peur que le lever du soleil n'indique l'heure de la séparation. J'ai sans nul doute, passé nuit la plus émouvante, la plus sincère de ma vie. Nous avons ri, pas beaucoup mais quand même. Ça compte. Et puis pleuré aussi, enfin surtout moi. Pas fort, juste quand les mots ne passaient pas ma gorge ; pas longtemps, petits moments égarés au cours de quelques jouissances inégalables ; Pas beaucoup, juste quand cela devenait incontrôlable. 
Elle a bougé puis s'est retournée en sortant de mes bras. A cet instant je me suis vraiment posée la question de partir comme ça, à l'aurore. Partir sans au revoir, sans vas bien, sans on se revoit très vite. Pas de phrases idiotes, c'est bon pour les amantes malheureuses. 

Emma m'a retrouvée dans sa cuisine à siroter un coca et fumer une cigarette. Par sa présence elle donnait une réponse à ma question. Non je ne partirais pas sans rien dire. Elle était très très tendre, dans le besoin de me toucher. Je laissais faire, pas bête ! Puis elle m'a dit
- Il reste des cartons à faire
- Tu veux que je t'aide ?
- Tu en es bien sûre ?
- De quoi ?
- De vouloir rester
- A ton avis ? 

Comme il était tôt, nous sommes nous recouchées mais dans sa chambre à la blancheur immaculée, coupée par un parterre de plantes vertes. C'est assez grand et voir ces organismes vivifiant au réveil est un délice. Bien sûr nous avons refait l'amour mais autrement, dans la fatigue d'une nuit blanche.
Puis il y eut une autre nuit blanche, pleine de roses rouges et noires,  une nuit passionnée et haletante. Une nuit sans respirer comme si retenir son souffle était retenir le temps.
Et puis il y eut jeudi. Les déménageurs à 8 heures du matin, le camion plein à 9h30. Avant de prendre la route, elle m'a déposée chez moi
Une dernière fois
On s'est embrassées
Caressées
Serments échangés
Sentiments partagés
- Je t'aime
- Je t'aime aussi

Claquement de portière

Voilà, c'est fini.


Par Zoé - Publié dans : An 2010_Emma s'en va
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 13:33

J'ai le coeur déchiré par des larmes de fond
Larmes de rasoir pour lames en toile de fond
Je participe involontairement à la pénurie d'amour
Tu me regardes en contre plongée à l'aube du jour

J'ai croisée la vieille dans son manteau de pluie
Je lui ai demandé ma route pour le chemin de l'amour
Elle m'a dit regarde autour de toi c'est le lever du jour
Ne dérange pas l'aube ne fais pas de bruit

Le nez dans tes cheveux je rêve d'un nouveau souffle
D'un air qui volerait respirable tenable et viable
La matérialité de l'angoisse dans un dernier souffle

La vieille crève seule au fond de son lit
Solitude assumée d'une vie de désamour
Rabougrie et décharnée par la maladie
La vieille gémit en attendant son tour

Je lui ai prise la main
Elle m'a dit à demain
Sans un mot J'ai laissé dire
Et lentement je l'ai regardée mourir 

Par Zoé - Publié dans : An 2010_Emma s'en va
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 10:57

La tempête dont je vais t'entretenir blogueuse fidèle, traverse ma vie depuis quelques jours. Elle n'a pas fait 48 morts mais une seule victime, ne s'appelle pas Xinthia mais Emma, n'a pas pris fin mais risque de balayer ton humble claviste (utilisatrice forcenée du clavier avant l'ère de la pensée virtuelle).

Une fois l'ambiance de ce jour posée, laisse moi te raconter brièvement ma soirée de samedi.
 Fred et moi sommes arrivées à peu près dans les temps indiqués, à une demi-heure prêt. Juste le temps nécessaire pour moi de me coller le déguisement de circonstance, le masque de carnaval. J'avais fait un effort vestimentaire, juste de quoi exciter son visuel. Me faire désirer et être désirée.
La soirée battait son plein d'hétéros, son plein de gens bien qui l'entourent. Fred a lié connaissance avec une des locataires d'Emma. Rudy, sculptrice, a  conquis Fred. Ça m'a presque amusée. Il ne manquerait plus qu'entre ces deux là surgisse une relation qui amène Fred un peu plus souvent dans ces lieux. Il y avait du monde chez Emma. Le vent a soufflé, il était hors de .question d'aller en extérieur. Alors chaleur, moiteur, j'ai commencé par enlever ma veste en cuir, ne restait plus qu'une chemise blanche avec une cravate en soie au noeud largement relâché. Un type est venu, a commencé à me brancher. Avant de l'envoyer vertement bouler, j'ai happé Fred en lui demandant de partir. Je n'en pouvais plus ! Emma encore et toujours, diligente, attentive, souriante mais pas un instant disponible, à moins bien sûr que ce ne soit voulu.

J'avais réenfilé ma veste, Fred en empathie phéromonale avec Rudy m'avait passé les clés de la voiture. Je m'éclipsais sans un mot quand en passant la porte d'entrée, j'ai senti une main bien connue sur mon épaule. J'ai ressenti la même décharge électrique que la toute première fois. Sans me retourner je lui ai dit
- Je n'aurai pas dû venir. Appelle moi la semaine prochaine
- Viens
J'ai senti ses doigts enlacer les miens et sans un mot, elle m'a entraîné vers la roseraie. Je savais ce que cela signifiait : mon endroit préféré chez elle, ma pièce de calme aux fragrances de l'amour
Tu me suis blogueuse aventureuse ?
Emma m'emmenait là où nous nous étions aimées dans un désir empli de fulgurances. Alors je suis allée mettre "la" musique de la roseraie, celle qui m'a portée haut en vertige sur l'équilibre du plaisir.

Play et fais comme chez toi




La roseraie est un endroit magnifique avec un salon de jardin pour se reposer, s'isoler des chaos de l'extérieur. J'aime cet espace de nature en pleine ville, cette jardinière de tranquillité qui isole de l'extérieur. A peine y étions nous engouffrées qu'Emma me collait contre un mur et m'offrait le baiser le plus puissant, le plus inspirant de toute l'histoire des baisers qui ressemblent étrangement au dernier.

C'est après qu'elle est allée remettre ce disque. Nous savions toutes les deux que roseraie + Pachelbel + les circonstances ne pouvait aboutir qu'à une équation résolue en faisant l'amour. Plus nous nous connaissons, plus c'est fort mais là, à quelques encablures d'une rupture définitive, il y avait encore un îlot de résistance. Elle m'a littéralement arraché ma chemise en faisant sauter les boutons les uns après les autres. Je découvrais une nouvelle Emma, pleine de fougue, de non-dits exprimés dans sa gestuelles. Il y eu un moment de fureur suivi d'une immense tendresse, l'amour tout doux qui montait montait, parfaitement maîtrisé dans l'escalier de la jouissance. Une marche puis une autre, méthodiquement, jusqu'à ce que je prenne sa tête entre mes mains, que je la regarde bien droit dans les yeux et que je lui dise "Maintenant". Alors elle m'a emmenée loin, très loin. Là où il n'y a ni famille, ni amis, ni collègues. Loin par delà les malentendus. Loin dans l'éternité d'un ailleurs bientôt inaccessible. Elle a jouit en même temps que moi.
Puis je lui ai fait l'amour et nous avons orgasmé ensemble.
Les trompettes ont sonné. Vite remettre le disque. Ah bon, il est fini depuis longtemps ? Je n'ai pas fait attention. Mais il faut tout de même le remettre, pour que cela ne s'arrête pas, jamais.

Au bout d'un certain temps durant lequel nous n'avons pas parlé, comme installées dans le confort du silence, elle s'est levée et a commencé à se rhabiller. N'ayant plus que ma veste en cuir sur le dos et au vu de la tempête qui balayait sérieusement Paname, je lui demande qu'elle me prête un haut. Elle me dit
- Sans rien sous ta veste... Tu es trop tentante, je te garde
- Tu veux dire que tu restes à Paris ?
- Non je m'en vais Zoé. Je te garde pour cette nuit
- Mais cette nuit est celle de tes amis ma chérie ! Et je ne suis pas ton amie
Elle m'a dévisagée avec ce regard que je lui connais si bien, mixte harmonieux de désir intense et de défi. J'ai eu des frissons de désirs, des ressurgescences de plaisir. Je  suis allée jusqu'à elle alors qu'elle remettait le disque et je lui ai murmuré mon désarroi à l'aube de son oreille. Je la tenais contre moi, de dos et elle lâchait sa tête contre mon épaule en suivant la musique.
- Si tu es mon amie. Tu es même ma meilleure amie
- Détrompe toi Emma. Je serai toujours là mais pas par amitié. Nous ferons chacune notre vie, je serai toujours là par affection, par amour. Je ne peux pas être ton amie, je t'aime.

Le disque a pris fin. Je lui ai signifié que je partais alors elle s'est approchée, à pris mon visage dans ses mains et bouleversée m'a demandé de revenir mardi. Sachant qu'elle déménage jeudi, j'ai dit oui. J'ai caressé ses joues, ses cheveux, sa nuque. J'ai tout caressé, me suis baignée dans le fleuve du désir qui illumine son regard aux pupilles dilatées. J'ai fait tout ça et j'ai dit "oui, à mardi".

Tu aurais fait quoi toi ?

Par Zoé - Publié dans : An 2010_Emma s'en va
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 19:26
Reçu ce commentaire pas plus tard qu'aujourd'hui, que je te livre blogueuse avide de vie culturelle, comme je l'ai reçu :

Bonjour !
et merci d'avoir transmis l'info :)

Le spectacle d'Océanerosemarie, qui vient d'être labellisée par le festival "Paris fait sa comédie" joue les surprolongations !!!

Retrouvez La Lesbienne Invisible au théâtre jusqu'au 3 avril :)

ou bien à Reims, ou encore à Toulouse  : www.lalesbienneinvisible.com/agenda

Pour rappel sur
La lesbienne invisible





Par Zoé - Publié dans : An 2010_Emma s'en va
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 15:25

Ce soir c'est le grand soir
Qui rime avec au revoir
Le soir des copains, des collègues, des amis
Des pas au courant
Des au courant qui font semblant

C'est l'aboutissement d'une période. Une ère nouvelle débute, pleine de doutes et d'incertitudes. Parce que je n'irai pas rejoindre Emma. Parce qu'elle ne veut pas, parce que je ne veux pas. J'ai mes arguments darling. Liaison cachée, liaison massacrée ! par
Le jugement de la famille
Le regard des voisins
Le point de vue des collègues
Et dieu !
Je ne suis pas de taille. Trop fort le social, le dehors mais aussi le dedans. Tellement fort qu'il faut être deux. C'est quand même beaucoup mieux.

Donc ce soir c'est le grand soir, le soir de la parade des dernières bises avant de se revoir...
De se revoir
Ou de ne plus se voir
C'est au choix

Et puis le temps passe, et les liens se dénouent
Ou pas
Je suis dans cette incertitude, ce va et vient d'un ressac qui te tourneboule indéfiniment.
Ce soir je vais officiellement dire au revoir à la femme la plus désirable que j'ai jamais rencontrée
Je vais dire au revoir à la femme que j'aime, c'est aussi con que ça.

Fred m'accompagne, amie fidèle elle aussi
Binôme en empathie, nous chanterons 
Peut-être...



Passi & Calogero - Face a la Mer

Par Zoé - Publié dans : An 2010_Emma s'en va
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