Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Texto ? Elle ne répond que très partiellement. Pas de coup de fil, respect du silence demandé. "L'histoire" s'est faite trop vite. C'est du grand n'importe quoi. Je suis... acerbe, c'est le mot.
Lanac est magnifique, amoureuse toujours et encore de Louise. Elle resplendit après un hiver canadien digne des grands hivers... canadiens ! Parfois
je regarde les images du film tourné sur elle. Ces premiers moments après son accident cardiaque. Je la pressentais belle, elle l'est. Elle est revenue du Canada lorsque j'ai été hospitalisée.
Elle m'a tenue la main, une fois de plus. Louise arrive dans quinze jours. Mes blogueuses chéries, I'm Free !
D'où question : pourquoi sommes-nous toujours au féminin sur ce blog ? Parce que c'est un endroit lesbien, bienvenue aux LGBT mais je te raconte quoi à toi ? Quelles résonances ? Oui mon chéri, à
quoi est-ce que ta caisse intellectuelle ou d'émotions produit-elle un écho bien sonore ? Mhmmm... Donc c'est un choix ! Tu l'as compris c'est un choix. Exit le masculin, vive le féminin au
féminin. Alors les conneries du style " Enlèvement de la blogueuse syrienne Amina Abdullah Arraf", lesbienne et tenant au courant la grande communauté gay et lesbienne en fait écrit par
un écossais est une pure cochonnerie, ce qu'on appelle facilement du foutage de gueule. D'autre part, cela pose question sur la véritablement identité des blogueurs et des commentateurs. D'où ce
choix, femmes nous nous adressons aux femmes. Rien ne t'empêche blogueur de hasard de laisser un commentaire quand tu le veux mais signifies bien si tu es un XY. C'est plus simple, plus honnête
aussi.
Je viens de recevoir un texto de ma flicesse de choc. Ce soir peut-être, dans la semaine sûrement. Je te tiens au courant darling, je te tiens au courant. En attendant je vais essuyer ma bave aux
lèvres. Élégant non ? Mais si explicite !
Voilà 3 mn d'extrait de "Haute tension" qui devrait te faire courir l'acheter...
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Elle est là :)
Ma copine mon amie ma soeur ma confiance mon jardin secret mon désir inassouvi à jamais (mais ne dit on pas qu'il ne faut jamais dire : miel, je ne boirai jamais ton miel),
Lanac est de retour pour quinze jours. Elle a réinvestit sa chambre comme si c'était hier, m'a prise dans ses bras avec la même intensité qu'il y a quelques instants. Nous avons refusionné dans l'immédiateté. Elle me scrute de haut en bas, me dévisage gravement et déclare solennelle : tu as maigri ! Je t'emmène manger chez George. Dépêche toi, j'ai rdv à 14h.
15 minutes plus tard, attablées à ce que l'on avait coutume d'appeler "la cantine" tellement nous y sommes allées. Un joyeux "salut les filles" de Georges, sa toque de chef bien posée sur un cerveau bouillant d'activités. Après avoir commandé, Lanac dressent ses coudes sur la table, les poings sous le menton et articule
- Alors ?
- Dur ces derniers mois mais tu le sais donc inutile que je récapitule. Merci d'être venue mais il ne fallait pas revenir.
Elle a un haussement d'épaules accompagné d'un léger sourire
- Montréal n'est pas si loin.Je te raconterai plus tard. Toi ! comment vas-tu ?
- Il vient de m'arriver une drôle d'aventure. J'ai revu une femme dont j'avais fait la connaissance à l'hôpital.
- Tu l'as revue quand ?
- Il y a environ une semaine. On a couché ensemble le jour même. Pour elle c'était une première mais bon sang qu'elle est douée (silence)
- hep Zoé, on revient sur terre
Les plats défilent. Je ressens encore ce petit conflit bien planqué entre ma raison et la déraison. Lanac a intelligemment senti qu'il était difficile de poursuivre sur ce terrain. Elle me parle
de son long séjour à Montréal avec Louise. C'est au café qu'elle reprend sa position initiale, coude poings menton.
- Elle a un nom ta nouvelle amie ?
- Ex nouvelle amie
Lanac laisse échapper un "houla" avant d'enchaîner
- Tu veux en parler ?
- Facile, comme d'hab, Je lui prends la tête. Elle pense à moi et elle a fait une connerie à son boulot. Alors besoin de prendre de la distance. Tchao baby, je te téléphone. A bientôt.
- Dans quoi travaille t-elle ?
- Flic, sur le terrain. Elle a failli laisser échappé un suspect
- Comment vas-tu ?
- Entre la raison et la déraison. Envie de la rappeler et envie de lui foutre la paix. On s'en va ?
- Père Lachaise ?
- Oui Jimmy et Maria. On sort ce soir ?
- Je ne serai pas seule mais avec plaisir
Morrisson La Callas. Lanac est de retour et l'air me parait plus respirable. C'est fou ce que la présence d'un seul être peut-être libératoire.
Illustration :
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Donc elle est arrivée, en retard comme prévu mais elle est là, assise à la place de Sartre. Je vois Apollinaire me sourire, à la fois complice et poète. Je la regarde avec sa coupe de G.I., ses lunettes de soleil qui lui mangent les yeux et une partie du nez. Je vois sa bouche se détendre et enfin sourire. Le serveur vient 'Monsieur ?" Elle retire ses lunettes et lui de s'excuser immédiatement, confus. Ce sera un citron pressé, va pour mon troisième café.
Elle enchaîne - Alors ce club med ?
- Des G.O. sympas mais un peu insistant sur ta participations aux activités. Pas de plongée, pas de Kilimandjaro, une petite piscine de temps en
temps, la pétanque, le loto tout ça... en bref, une croisière sur la mer morte. J'ai sauté du bateau. Et toi ? Je souris. Toujours hétéro ?
- Très drôle. Mais tu veux que je te dises ? ... un long silence... je t'aime
Très long silence. Je regarde autour de moi, je vois Apollinaire reprendre son manuscrit "Les onze mille verges" et entamer une page blanche. Je le
déteste à cet instant. Je regarde les serveurs dresser la salle pour le rush du déjeuner. Partir avant, surtout partir avant. La terrasse s'est remplie. Pourquoi sont-ils là et pas ailleurs ??
Attablés au Flore pour l'incroyable richesse culturelle du lieu ou pour avoir lu le routard bobo ?
Enfin je reviens à elle. J'ai envie d'elle, terriblement. Je lui dis fort stupidement
- Il ne faut pas
Elle me regarde droit dans la pupille, elle doit s'y voir murmurer
- Je sais. On va marcher ?
La balade a duré un moment délicieux durant lequel les bras se sont caressés, les mains "par inadvertance" rencontrées, les
doigts effleurés. Pause baiser devant le centre Pompidou, sur le carré où tout se passe, se dit, s'écoute, surtout s'écoute parler. Deux femmes étrangement enlacées, bouffées par le désir,
titubantes sous un nuage passager. Elle ne m'étreint pas, elle se cramponne. J'ai peur. Je lui dis "Ne m'aime pas. Faisons l'amour et de découverte en
découverte, tu te connaîtras. Avec un peu de chance tu te re-connaîtras. Viens, allons chez moi".
Je ne l'aie pas découverte, je l'avais pressentie. Un corps impertinent, lâché, surprenant. Un corps happé dans le plaisir, un gémissement arraché au silence. La lente descente du bout des
lèvres. Puis son envie délicieusement furieuse de me faire l'amour. De faire connaissance avec elle.
Elle me plaît.