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Deux femmes courant sur la plage - Picasso
               

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An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free


Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 12:57

http://www.streetpress.com/sujet/4876-video-pour-christian-vanneste-l-homosexualite-est-une-aberration-anthropologique


Ça met en forme non ? Travail famille patrie !! homosexe // anthropologie ! Pitoyable.

Salut blogueuse de ce pas de chance de début de semaine. Lundi sous la pluie ou à 30° suivant ton emplacement dans et hors de l'hexagone, ça situe très cliché ta possible humeur. Alors l'extrait ci-dessus bien sûr, dès le lundi,  pour nous bizarrerie anthropologique... Comment ça tu ne te sens pas concernée ? Mais tu laisses passer une occasion unique de réfléchir sur ce qu'est ou ce que sont les bizarreries anthropologiques humaines ??? Imagine une seconde que l'on annonce à ce personnage pervers et incompétent quant à la définition des termes qu'il va être grand-père d'un enfant hermaphrodite ! Cornélien ! Que dis-je, Kafkaïen !!
La nature a ses bizarreries que la bizarrerie ne connaît pas.

Sympa comme tu es, tu vas me demander de mes nouvelles, lesquelles sont très surprenantes comme tu peux t'en douter. Tout d'abord, laisse moi te spécifier que je ne nommerai pas la belle même si les départements de la police sont nombreux, mais pour que tu situes ce qui suit, il faut que je te donne un élément : elle travaille en civil. Un prénom inventé et c'est la suspicion portée sur toutes les prénommées, une lettre et c'est une enquête administrative. Bref, tu l'as compris, je lui laisse son anonymat mais je viens déjà de sortir tous les uniformes, ça limite. Mais voyons maintenant le terrain de ma vie sexuelle et affective et les deux liées n'en déplaise à l'anthropologie bizarre.

Nous nous sommes vues. Soit ! Déjà mardi dernier, lorsque nous nous sommes "jetées" l'une sur l'autre, imagine ma surprise quand elle s'est débarrassée de son gros machin à 12 coups avec lequel j'ai joué deux secondes. C'est effrayant un flingue de flic. Je veux dire que c'est effrayant un flingue, tout bonnement. Engin de mort, saloperie. Et cela ramène à la réalité : la femme que tu tiens dans tes bras n'est pas tout à fait ordinaire. Mais dès que tu oublies, dès que tu t'envoles dans les râles et gémissements parcourant de savantes carresses son corps souple et nerveux, discrètement musclé, savamment travaillé.Sa conviction à vouloir me prendre masque maladroitement son émotion, ses envies furieuses ou calmes, déchaînées ou maîtrisées. Elle est très forte. Moi aussi.
Rendez-vous est pris pour jeudi après-midi dans le XXème. J'attends, patiente j'attends. Je laisse un message au bout de deux heures, puis un texto. Nada, pas de réponse. Et me voilà à me faire un film de femme de flic, inquiétude au bout du compte. C'est que vois tu, je repense à son magnum 13357, à son job. Je flippe et je m'en veux. Me prend l'envie de partir. Détour Mac DO. Choc, elle est là face à l'entrée et le regard qu'elle me lance très brièvement me prie instamment d'éviter fissa sa table. Je ressens ça. Je sais qu'il ne faut pas que je m'approche. Je change même de file pour être le plus loin possible. P'tain si proche et si insaisissable. Je ne regarde même pas avec qui elle est. Je me souviens juste d'un dos masculin avec des cheveux mi-longs. Elle me dira après que c'était un indic. D'abord le boulot, ensuite les sentiments. Avant ou après il y a le sexe mais pas pendant, jamais pendant. On est pas au bureau.
Nous nous sommes revues le plus possible. Je m'intercale dans ses disponibilités. Elle déboule chez moi entre son coup de fil et le coup de sonnette. Les bouches se trouvent happées par le désir, les sexes se cherchent dans le frottement des jeans, jambes bien campées, ouvertes puis fermés sur la cuisse qui se présente. Le bouton enfin, jouissance à répétition, phoenix entre les phoenix, oiseau rebelle si singulier. L'intensité du plaisir afflue, c'est l'explosion. Je ferme les yeux. J'ai peur, je vois Emma. Je vois les transports, les orgasmes, la fin.
J'ouvre les yeux. Je la vois elle, les yeux fermés elle sourit. elle me dit doucement "Je t'aime". Je ne réponds rien et je l'embrasse
doucement
puis sauvagement
puis doucement
Nos clitos se caressent fébriles efficaces... anthropologiques !
Vive les aberrations. I'm free.


Par Zoé - Publié dans : An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 11:35

Texto ? Elle ne répond que très partiellement. Pas de coup de fil, respect du silence demandé. "L'histoire" s'est faite trop vite. C'est du grand n'importe quoi. Je suis... acerbe, c'est le mot.

Lanac est magnifique, amoureuse toujours et encore de Louise. Elle resplendit après un hiver canadien digne des grands hivers... canadiens ! Parfois je regarde les images du film tourné sur elle. Ces premiers moments après son accident cardiaque. Je la pressentais belle, elle l'est. Elle est revenue du Canada lorsque j'ai été hospitalisée. Elle m'a tenue la main, une fois de plus. Louise arrive dans quinze jours. Mes blogueuses chéries, I'm Free !

D'où question : pourquoi sommes-nous toujours au féminin sur ce blog ? Parce que c'est un endroit lesbien, bienvenue aux LGBT mais je te raconte quoi à toi ? Quelles résonances ? Oui mon chéri, à quoi est-ce que ta caisse intellectuelle ou d'émotions produit-elle un écho bien sonore ? Mhmmm... Donc c'est un choix ! Tu l'as compris c'est un choix. Exit le masculin, vive le féminin au féminin. Alors les conneries du style " Enlèvement de la blogueuse syrienne Amina Abdullah Arraf", lesbienne et tenant au courant la grande communauté gay et lesbienne en fait écrit par un écossais est une pure cochonnerie, ce qu'on appelle facilement du foutage de gueule. D'autre part, cela pose question sur la véritablement identité des blogueurs et des commentateurs. D'où ce choix, femmes nous nous adressons aux femmes. Rien ne t'empêche blogueur de hasard de laisser un commentaire quand tu le veux mais signifies bien si tu es un XY. C'est plus simple, plus honnête aussi.

Je viens de recevoir un texto de ma flicesse de choc. Ce soir peut-être, dans la semaine sûrement. Je te tiens au courant darling, je te tiens au courant. En attendant je vais essuyer ma bave aux lèvres. Élégant non ? Mais si explicite !

Voilà 3 mn d'extrait de "Haute tension" qui devrait te faire courir l'acheter...

Par Zoé - Publié dans : An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 13:02


Elle est là :)

Ma copine mon amie ma soeur ma confiance mon jardin secret mon désir inassouvi à jamais (mais ne dit on pas qu'il ne faut jamais dire : miel, je ne boirai jamais ton miel),

Lanac est de retour pour quinze jours. Elle a réinvestit sa chambre comme si c'était hier, m'a prise dans ses bras avec la même intensité qu'il y a quelques instants. Nous avons refusionné dans l'immédiateté. Elle me scrute de haut en bas, me dévisage gravement et déclare solennelle : tu as maigri ! Je t'emmène manger chez George. Dépêche toi, j'ai rdv à 14h.

 

15 minutes plus tard, attablées à ce que l'on avait coutume d'appeler "la cantine" tellement nous y sommes allées. Un joyeux "salut les filles" de Georges, sa toque de chef bien posée sur un cerveau bouillant d'activités. Après avoir commandé, Lanac dressent ses coudes sur la table, les poings sous le menton et articule 

 - Alors ?

- Dur ces derniers mois mais tu le sais donc inutile que je récapitule. Merci d'être venue mais il ne fallait pas revenir.

Elle a un haussement d'épaules accompagné d'un léger sourire

- Montréal n'est pas si loin.Je te raconterai plus tard. Toi ! comment vas-tu ?

- Il vient de m'arriver une drôle d'aventure. J'ai revu une femme dont j'avais fait la connaissance à l'hôpital.

- Tu l'as revue quand ?

- Il y a environ une semaine. On a couché ensemble le jour même. Pour elle c'était une première mais bon sang qu'elle est douée (silence)
- hep Zoé, on revient sur terre

Les plats défilent. Je ressens encore ce petit conflit bien planqué entre ma raison et la déraison. Lanac a intelligemment senti qu'il était difficile de poursuivre sur ce terrain. Elle me parle de son long séjour à Montréal avec Louise. C'est au café qu'elle reprend sa position initiale, coude poings menton.

- Elle a un nom ta nouvelle amie ?
- Ex nouvelle amie
Lanac laisse échapper un "houla" avant d'enchaîner
- Tu veux en parler ?
- Facile, comme d'hab, Je lui prends la tête. Elle pense à moi et elle a fait une connerie à son boulot. Alors besoin de prendre de la distance. Tchao baby, je te téléphone. A bientôt.
- Dans quoi travaille t-elle
?

- Flic, sur le terrain. Elle a failli laisser échappé un suspect
- Comment vas-tu ?
- Entre la raison et la déraison. Envie de la rappeler et envie de lui foutre la paix. On s'en va ?
- Père Lachaise ?
- Oui Jimmy et Maria. On sort ce soir ?
- Je ne serai pas seule mais avec plaisir

Morrisson La Callas. Lanac est de retour et l'air me parait plus respirable. C'est fou ce que la présence d'un seul être peut-être libératoire.


Illustration :


 

 

 

Par Zoé - Publié dans : An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 15:10

Donc elle est arrivée, en retard comme prévu mais elle est là, assise à la place de Sartre. Je vois Apollinaire me sourire, à la fois complice et poète. Je la regarde avec sa coupe de G.I., ses lunettes de soleil qui lui mangent les yeux et une partie du nez. Je vois sa bouche se détendre et enfin sourire. Le serveur vient 'Monsieur ?" Elle retire ses lunettes et lui de s'excuser immédiatement, confus. Ce sera un citron pressé, va pour mon troisième café.

Elle enchaîne - Alors ce club med ?

- Des G.O. sympas mais un peu insistant sur ta participations aux activités. Pas de plongée, pas de Kilimandjaro, une petite piscine de temps en temps, la pétanque, le loto tout ça... en bref, une croisière sur la mer morte. J'ai sauté du bateau. Et toi ? Je souris. Toujours hétéro ?
- Très drôle. Mais tu veux que je te dises ? ... un long silence... je t'aime

Très long silence. Je regarde autour de moi, je vois Apollinaire reprendre son manuscrit "Les onze mille verges" et entamer une page blanche. Je le déteste à cet instant. Je regarde les serveurs dresser la salle pour le rush du déjeuner. Partir avant, surtout partir avant. La terrasse s'est remplie. Pourquoi sont-ils là et pas ailleurs ?? Attablés au Flore pour l'incroyable richesse culturelle du lieu ou pour avoir lu le routard bobo ?
Enfin je reviens à elle. J'ai envie d'elle, terriblement. Je lui dis fort stupidement

- Il ne faut pas

Elle me regarde droit dans la pupille, elle doit s'y voir murmurer

- Je sais. On va marcher ?

La balade a duré un moment délicieux durant lequel les bras se sont caressés, les mains "par inadvertance" rencontrées, les doigts effleurés. Pause baiser devant le centre Pompidou, sur le carré où tout se passe, se dit, s'écoute, surtout s'écoute parler. Deux femmes étrangement enlacées, bouffées par le désir, titubantes sous un nuage passager. Elle ne m'étreint pas, elle se cramponne. J'ai peur. Je lui dis "Ne m'aime pas. Faisons l'amour et de découverte en découverte, tu te connaîtras. Avec un peu de chance tu te re-connaîtras. Viens, allons chez moi".

Je ne l'aie pas découverte, je l'avais pressentie. Un corps impertinent, lâché, surprenant. Un corps happé dans le plaisir, un gémissement arraché au silence. La lente descente du bout des lèvres. Puis son envie délicieusement furieuse de me faire l'amour. De faire connaissance avec elle.

Elle me plaît.

 

Par Zoé - Publié dans : An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 11:02
Salut blogueuse fidèle ou nouvelle. Suis au café de Flore, Saint Germain, Paname. Étonnée je t'entends murmurer : Mais que fais tu là divine Zoé à cette heure indue pour toi ?"
Je suis installée à la place de la Simone de la Beauvoir. J'entends Sartre lui assurer : « Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous. ». Appolinaire, Picasso, Aragon et Breton et tant d'autres, leurs plumes à la main, le discours acerbe, ou amusé ou ennivré.
Je repense à ma rencontre avec Henry Colpi, metteur en scène génial de "Une aussi longue absence" (palme d'or Cannes 1961) ou "Heureux qui comme Ulysse" dernier film d'un Fernandel bouleversant C'est aussi le monteur extraordinaire de Duras, Clouzot, Chaplin. C'était un très grand monsieur du cinéma. Nous nous retrouvions au Flore où il me situait la place de chaque écrivain, ses amitiés comme ses très rares inimitiés. Nous nous sommes plus, vieux monsieur à l'expérience et aux histoires sublimes et moi, jeune conne alors trop jeunes pour apprécier à sa juste valeur une telle rencontre. Nous avons passés des heures ensemble, de préférence au Flore. J'y ai vu de très belles femmes, des moins belles mais plus charismatiques et puis des pas belles mais quel talent ! Des lesbiennes qui toutes de jupes vêtues et de strass vécu venaient prendre là leur cocktail avant d'aller saluer Elula au Katmandou.
Voilà, je suis au café de Flore. Je regrette déjà mes 9,50 € prix du café mais j'avais besoin ce matin de marcher dans Paris, tôt, la caméra en bandoulière. Je suis entrée et j'ai cherché tous ces visages du passé mais il n'y avait que des hommes et femmes au café noir, la mise bien tenue avant d'aller prendre leur rôle de professionnels avisés. Quelques étrangers. Alors je me suis plongée dans le passé.
Mais j'avais un rendez-vous. Elle m'a téléphoné. Je l'attends encore. Les clients entrent et sortent, moi je patiente à la place de Simone, le postérieur réchauffé par la culture.
 
 
Par Zoé - Publié dans : An An 2011_Chapitre 3 - I 'm free
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