Bien, il serait bon que je finisse de vous raconter cette fameuse journée du 1er mai mais... mais mais mais j'ai un contrat (oh très court le contrat) avec the TV.
Je participe pour quelques heures à la promo de la 1ère journée du festival de Cannes. Imaginez que je vous post de la salle des journalistes qui est immense, pleine de bruits et de fureurs,
chacun derrière le prompteur à vérifier que tout fonctionne. Je suis déjà venue travailler sur le festival il y a 10 ans, pour le cinquantenaire : 2 quinquenats me semblent tout à fait à la
hauteur de mes modestes ambitions :)
Lanac est restée à Paris, très amusée que j'aille me fourvoyer entre stars et starlettes, grosses productions et cinéma d'auteur. Ma sublime guichetière continue à vaquer à ses occupations SNCF
et familiales dans lesquelles j'ai toujours aussi peu de place. Fred commence à prendre une certaine importance dans ma vie. Il faudra que je vous en parle de Fred, elle est bien cette fille. Mes
potes sont toujours aussi fêtards et à côté du social. Le roquet Sarko en prend tous les soirs un peu plus dans le museau, en attendant de voir comment il va nous ramener à l'ordre moral. Mes
ami-e-s, on est pas près de se marier et d'adopter !! Bon c'est pas tout mais on m'appelle. Grosses bises et grand coucou de la croisette. A très vite. Zoé
Les yeux de Louise sont verts quand le ciel est bleu quand ma bouche vermeille
s'émerveille sous ses paillettes irisées ensoleillées
Les yeux de Louise m'impreignent de voluptés dans les chants animés de nos coeurs à corps et de nos corps à corps
Les yeux de Louise me proposent un voyage constellaire sous une lune fiévreuse et consentante
Les yeux de Louise me transportent au fin fond d'un univers pictural et verdoyant
Les yeux de Louise m'ouvrent à d'autres sérénités jusqu'alors inenvisagées
Les yeux de Louise me regardent et je regarde les yeux de Louise
Dans le tableau je l'accompagne, sapphique errante, au grè de nos désirs à peine évoqués
Les yeux de Louise me regardent et je regarde les yeux de Louise
Parce que dans les yeux de Louise, je sens l'aube d'un univers apaisant et vivant
Les yeux de Louise me regardent et je regarde les yeux de Louise
Louise, ton regard me trouble
Vous avez de bien beaux yeux Louise, de bien beaux yeux...
Well ! Comme je vous le disais, les présentations m'ont laissé comme un petit goût de "gaffe ma fille, là y a danger...", une sorte de sixième sens, les écoutilles grandes ouvertes et le sonar affolé. Lanac et Charlie se gratifient de sourires percutés
sur fond de "on se connait si bien", Emilie qui n'est pas dupe du jeu entre Emma et Via essaie de me faire tourner la tête ailleurs et moi... moi mes pauvres amis, je sens la moutarde me monter
au nez quelque chose de puissant. Alors tout à coup, je saisis la main de ma guichetière et je lui crie tout de go : "j'ai envie de toi !" S'ensuit un silence cathédralesque. Il faut dire que
personne ne s'y attendait et je vais être sincère, moi encore moins que quiconque. Emma retire doucement sa main et je me sens conne, très très conne. Un ange passe. Emilie éclate de rire, je
vous jure qu'elle éclate de rire et tout le monde éclate de rire et je finis par rire moi aussi, d'abord un peu pincée, les larmes dans les yeux, puis je ris de bon coeur, avec ces filles que
j'adore.
L'apéritif vient finir de détendre l'atmosphère. Emilie part avec moi dans la cuisine pour m'aider à finir de toaster quelques tartines briochées :
- Alors ce film, ça avance ?
- Emilie, j'ai pris un peu de retard. J'ai de supers images de Lanac, des moments très forts mais elle n'est pas facilement accessible. Je dois m'inscrire dans son espace temps et tu la connais,
elle ne se livre pas aisément
- Tu as de l'argent ?
Je la regarde surprise
- Je sais que tu es au RMI. Si tu veux, je peux te faire une avance pour tes frais ?
- Là c'est plus une avance, c'est un investissement. Il me faut un logiciel de montage pour que tu vois quelque chose d'à peu près cohérent. Il y en a pour plus de 2000 euros
- Banco ma fille ! Considères que c'est fait
Je lui saute au cou : Emilie j't'adore. Dis donc, entre nous, t'as vu le cirque entre Via et Emma ?
- Sois pas parano ! Elles se plaisent un point c'est tout ! Emma est une femme magnifique et Via est sous le charme... et alors ?
- Et alors ? Et alors ???? plus fort que moi ! je supporte pas. Je vois Emma tous les 30 du mois, à sa convenance. J'essaie de ne pas construire ma vie en fonction de nos possibles rendez-vous
mais tous les jours je me dis "elle va peut-être téléphoner, peut-être me proposer ce soir, cet après midi, tout à l'heure" alors tu comprendras que si en plus, quand on se voit, c'est pour la
regarder se mirer dans les yeux d'une autre ! là je dis non ! Tu vois, ça me chatouille un peu le bout des doigts, genre le robot à baffe qui perd les pédales et qui distribue à tout va
Emilie me regarde essayant de dissimuler son envie de sourire et me prend par les épaules : écoute ma chérie, c'est la 1ère fois qu'on se voit toutes les six ensemble alors tu vas être très
cool, très sympa et ta guichetière n'en sera que plus étonnée. Surtout que j'ai une bonne nouvelle pour tout le monde
- laquelle ?
- Tout le monde j'ai dit. Allez, on se fume le cône et on les rejoint. Et cool Zoé, coooool !
On a fumé le pétard. Emilie n'a pas voulu lâcher le morceau. J'ai fait cramer quelques toast, ouvert la fenêtre puis nous sommes parties dans le salon à l'assaut des bonnes manières.
Grrrrrrrrrrrrrrrrr
Chère Charlie. Demain un an de plus. Une année durant laquelle nos rapports se sont sensiblement modifiés, passant pour ma part d'une intense
souffrance à quelque chose de doux, de confortable. La confiance enfin, en moi, en toi, en nous. Ta musique qui ne me quitte pas, que j'entends moins dans les blessures de ces dernières années et
tellement plus dans ces notes distribuées harmonieusement par l'instrument que tu maîtrises avec scélérité : le verbe musical. Je ne ferai pas là référence à ces multiples interprètes de génie
que sont les génies du jazz : je n'écoute avec respect que ta musique, tes solos et ton orchestre quand ton orchestre se met à ton diapason. Tu improvises sur le tempo de ta vie et les notes
fluctuent sur la partition de tes années. Ta musique est belle ma Charlie. Je te souhaite un excellent anniversaire et je t'embrasse comme je t'aime, tendrement. Lanac
Tenez vous bien : je vous avais préparé un super post et mon pc a planté. Suis verte. Alors en voilà une partie. Je vous mets en ligne la suite
très très vite. Patience et longueur de temps....
Or donc me voici à nouveau dans une situation un tant soit peu compliquée ! je m'explique : mardi 1er mai, nous avons donc
fait une petite fête entre filles actrices de ce blog. Emilie est descendue de Brussel en voiture et a pris au passage Charlie et Via. Elles sont arrivées en fin de matinée, souriantes, heureuses
que nous nous retrouviiiiions pour la 1ère fois. Lanac n'avait pas revu Charlie depuis un bon moment et nous étions plus ou moins dans l'expectative de cette re-rencontre. Ma foi, elles ont
semblé à leur aise dans la chaleur des retrouvailles, s'établissait même une sorte de connivence murmurée qui somme toute, mis tout le monde à l'aise. Via était sans doute un peu plus
attentionnée que d'ordinaire : et que j'allume la cigarette quand ton regard louche sur le paquet ; et que je repose pour toi le verre pour que tu n'aies pas le mouvement à faire ; et que je
te regarde regarder Lanac des fois que.... et ma Charlie, impériale !! ouaip je vous jure ! Bref l'ambiance était très bonne.
Sonnerie de la porte d'entrée. Ma sublime guichetière fait son apparition et laisse ses dames coîtes ! Ha que oui elle est belle ma guichetière, ha que oui je l'aime et ha que oui je la serre
fort et fais les présentations non sans une certaine fierté. Et vous savez quoi ? J'ai senti Via se troubler. Et j'ai senti que ce trouble n'échappait pas à Emma qui lui a sourit mais d'un
sourire, comment dire ? charmeur ? Non c'est pas ça, sourire "Vous avez un quelque chose là... un certain charme... Mais ne serait ce pas phéromonal ??". Je t'en collerai moi du phéromonal ! Non
mais !! elles vont se ranger les phéromones là où je pense sinon ça va être du lourd, du très très lourd.