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The worLd

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Lundi 3 avril 2006

"Trois petits tours et puis s'en vont" écrivais-je ? Oui, trois petits tours et quatre petits carnets posés sur un coin de la cheminée. 

Quatre petits carnets sont écrits par Via pour Charlie. Chaque passage est une lettre d'amour. Dans chaque phrase s'exprime le désir.  Quatre carnets racontent jour après jour, heure après heure, d'une écriture nerveuse et serrée, la chronologie d'une histoire en cours. Un direct live ! sans surprise : quand les stars sont bonnes, le spectacle est bon !!
J'y vois de jolies parties de jeu(x) de dames. Vous avancez vos pions sur le côté ou tout droit. Vous esquivez les feintes. DAMES
Les carnets sont bons. Emouvants, drôles, sensibles, joyeux ou tristes suivant le moment mais surtout, surtout, ils sont amoureux. C'est bien écrit. Via ne manque pas de talent. Au fait, message personnel pour Via : "un seul être vous manque et tout est dépeuplé" c'est Lamartine ! Ca m'a fait sourire de répondre instinctivement à voix haute à votre question "c'est de qui ?." Fin du message.
 

Et toi Charlie, libre dans cette histoire et si emprisonnée dans la notre ?? Question de bon sens. Question plus subtile : la vie peut elle prendre un nouveau sens ? Une nouvelle direction sachant qu'on a toujours ses valises avec soi ? Moi ma direction n'a pas vraiment de sens depuis quelques semaines alors... alors ??

Lâcher prise

La laisser te "caresser la cheville... tes doigts dans ses cheveux... "tu me le referas dis ?"... "chérie"..."

Dernier jour de blog ? Dernier message ?
Peut-être pas. Peut-être

Il faut que j'aille travailler. Il me reste l'ultime conscience professionnelle. Pour combien de temps ??

Je ne sais pas comment me passer de Toi Charlie. Je ne sais pas.

Ils sont vraiment beaux ces carnets,
Fonce.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 1
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Jeudi 30 mars 2006

Je suis "le cancre" de Prévert. Je dis oui avec le coeur mais je dis non avec la tête. Charlie me tend la main : je m'éloigne !! alors que je tremble d'une unique envie, m'y réfugier. Cette main que j'ai si longtemps tenue, caressée, caressante, douce, ferme, voluptueuse, languissante, parfois haletante, cette main, ce poignet, ce bras, cette épaule, ce sein... le ventre, nombril, bas du ventre, toison... Cuisses, surtout l'intérieur ! Bouches qui se trouvent, langues parfumées à l'Amour. Nora Jones emplit la pièce. Sonorités rondes. Rythme léger. "What Am I To You". J'aime bien. Pas trop mais de temps en temps, pour farniente.

Charlie passe sa soirée (sa nuit ???) avec Via. Dont acte.
L'histoire est déroutante. Je ne suis pas dans la jalousie, je ne suis pas dans la peur de l'Autre. D'ailleurs_sourire tristounet_je ne suis pas. Pas actuellement.

Il  y a quelque chose de très pernicieux dans tout ça. Pernicieux et dangereux.

Charlie et moi nous sommes rencontrées, aimées avec des hauts et des bas pendant presque 13 ans mais... MAIS ! Trop différentes ? Pas assez dans le même espace-temps ? L'habitude ? Les habitudes ???
"Caresses et coups de poing dans la gueule sont les pleins et les déliés de l'amour" pour citer Gainsbourg. Lassitude. Puis vient le temps du manque de désir et là je ne résiste pas à "L'être et le néant" avec cette si Sartrienne maxime "Le désir s'exprime par la caresse comme la pensée par le langage". Les mois passent, les années. J'ai de plus en plus de mal à parler. Mon langage s'appauvrit. Mes caresses se raréfient, mon désir expire.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 1
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Mercredi 29 mars 2006

Chère Via,
 

Mon premier réflexe eut été de vous interpeller avec "Chère amie". M'en auriez vous voulu ? Ou peut-être en auriez vous convenu ? ... Allez savoir. Nous sommes sûres d'une chose vous et moi, c'est que nous avons un terrain d'entente qui se prénomme Charlie.

 Car somme toute, nous n'avons fait jusqu'à présent que nous entrevoir. Je ne vais pas faire l'historique de nos rencontres, celles-ci étant suffisamment peu nombreuses pour que l'on ne s'en souvienne pas. Mais la toute première fois, lors de l'inauguration du restaurant, de quoi aie je eu l'air à vos yeux ? D'une goudou bien dans sa peau ? Quelle fut votre première réaction, non pas en terme d'homosexualité, les antennes ont rempli réciproquement leur rôle, mais en interne ?

Personnellement, cela c'est situé sur le mode phéromonal. Voyez vous, j'ai eu envie de vous immédiatement, sans détours. Vous n'étiez pas l'image que je m'étais faite lorsque Charlie vous évoquait (et pourtant, à bien y réfléchir...) mais vous m'avez plu. Pourquoi ? Parce qu'on ne plonge pas innocemment dans le lagon d'un regard sans en ressortir indemne, soit d'émotions sensuelles, soit emplie d'une sensualité teintée d'émotions. En ce qui me concerne, j'opte pour la seconde proposition.

Bref ! Vous ignoriez que j'étais l'ex.  Et j'ignorais que vous l'ignoriez.

Puis vous avez su. Puis vous et Charlie êtes venues au restaurant, le meilleur de la ville j'en conviens mais celui dans lequel je travaille ! Vous êtes venues puis vous êtes revenues. Etonnant effet de mistral. Votre présence chasse les nuages puis vient le vent d'Est. Je suis systématiquement K.O. et j'en veux pour preuve les états d'angoisses et de colères dans lesquels je me retrouve. Car toute sensualité mise à part, vous avez tout de même sorti les blindés pour séduire mon ex bien (mal) aimée. Vous vous êtes superbement démenée. Sincères félicitations.

M
e permettrez vous de vous proposer une lecture patiente et sans doute dérisoire d'une rencontre ? 
 

Si vous me lisez, si vous passez par là... Vous manifesterez vous ?
Respectueusement et amicalement

Lanac

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 1
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Mardi 28 mars 2006

19H30. Le restaurant prend vie. La salle est dressée, les lumières tamisées. J'ai appuyé sur le bouton qui éclaire la façade. Que la lumière soit ! Et la  lumière est. J'aime beaucoup ce moment. Je suis prête à recevoir des clients considérés comme des hôtes, voire des convives. Je vérifie le pli de la jambe du pantalon noir, le noeud de la cravate en satin noir, pas de faux plis sur la chemise blanche. J'enveloppe la salle d'un regard professionnel et aimant. J'aime cet endroit, cette ambiance douce qui appelle à la quiétude. Je tamise un peu plus, ce soir ce sera intime. La voix de Billie Holiday s'élève "you've change". Je passe à Nina Simone "Everything must change" me semble plus approprié. Je repense aux quelques heures qui ont précédé cette mise en route de la soirée.

Je suis rentrée cet après-midi. Surprise lorsque j'introduis ma clé, le verrou se débloque de l'intérieur. Charlie ouvre. Moi : "qu'est ce que tu fais là ? Tu ne travailles pas ?". Bruit de la porte des toilettes qui se referment. "Ca va, j'ai compris". Elle n'est pas seule et je ne me pose pas un instant la question de qui est là. Je vais m'asseoir sans omettre de prendre au passage ma boîte à pétards. Celui ci sera le bienvenu. Via sort des toilettes, se penche pour me dire bonjour. Eu envie de l'effleurer à l'embrasure des lèvres, qu’elle ne cille pas. Je rêve. Je lui caresse la joue dans un geste si spontané que je ne le maîtrise pas, un geste qui se veut rassurant. Un geste, une caresse éclipsés au temps et aux circonstances : n'aie pas peur. Tu es avec Charlie et c'est très bien. Je ne veux pas que tu te sentes mal à l'aise, ni toi ni Charlie.

Au lieu de cela, je l'ai fusillé du regard. Dédoublement. 
J'ai du mal à comprendre mes réactions. Tout ceci m'agace.

Un signe de la main et les voilà parties. Hé les filles, il ne fallait pas partir, au contraire, rester là et ne pas me donner le sentiment que je vous indispose. 
Baratin. Elles avaient décidé de sortir faire un tour, voilà tout. 

Je m'allonge. Une bouffée cannabique accompagne les premières mesures d'un concerto de Rachmaninov. Je suis nerveuse et angoissée. Cette musique me convient. Si les volutes épaississent l'air de la pièce, en l'occurence le salon, elles me dégagent la tête. Mon hémisphère droit répond présent. Petites bribes de plaisir : par la fenêtre je vois un ciel bleu bien dégagé. Dehors il fait doux, très doux. Un temps idéal pour aller faire un tour.

Un tour, deux tours, trois petits tours et puis s'en vont.

J'apprécie Via. C'est quelqu'un de très charismatique. Une sorte d'état adolescent lui donne un sourire à tomber. Tomber

.... Tomber

Plier mais ne pas casser

Se redresser 

Les premières réservations arrivent. Se redresser et plonger dans le travail. L'apnée me convient.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 1
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Vendredi 24 mars 2006

Elles sont revenues ! Hier. L'enfer. Impossible de me contrôler. Je ne vois qu'elles. Je ne vois que leurs mains qui se parcourent sûres d'elles, les doigts qui s'effleurent. Je bloque sur leur table. Dès que Charlie me demande, j'aboie, je rugis. Je suis si excédée que je lui murmure "arrête", ce qu'elle fait. Elle retire sa main de celle de Via. Via s'en fout. Via va droit dans le regard, Via ne semble pas vouloir comprendre. Elle sait très peu de choses de moi, de nos douze années de vie commune, de ces trois dernières années durant lesquelles je ne suis jamais arrivée à rompre véritablement. Charlie et moi... Moi et Charlie.

 

"Que Reste T-Il de Nos Amours ?" Au loin une chanson, une voix. Des mots pour dire, pour Te dire : peux pas, désolée. Ne plus dire. Pourquoi dire et dire quoi ? Au fond du restaurant, une femme triture nerveusement le pied de son verre.  Il fallait m'enfouir. C'est visiblement en chemin. La femme boit dans un mouvement sec, brutal. La chanson est finie. Je suis dans la colère.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 1
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Cadeau de noël

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