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The worLd

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Mercredi 28 juin 2006

Bonjour. Il est temps que je me recale au présent. J'ai à vous relater une semaine riche en prise de contacts. Je commence à avoir des matériaux solides, m'immergeant peu à peu dans l'environnement stratosphérique de Lanac.

Emilie et moi ne sommes parties que le  lundi soir de Bruges. Via est arrivée dimanche vers 23h. Nous étions en pleine discussion sur comment je pourrai faire ce film. J'ai découvert une Emilie dont l'imagination fertile montait le coût de production vers le délire, une Charlie nettement plus reservée. Je me prends au jeu d'une série de portraits... 
Via est une femme très sympa. Sourire extra, yeux rieurs (toutefois je n'oublie pas l'adage : gentil n'a qu'un oeil !).
Emilie m'avait  dit que Via est chef du service obstétrique dans un hôpital du nord de la France. Je l'imagine suivie d'une armada d'étudiants, dossiers sous le bras, au pas de course. En fait, c'est quelqu'un de très humain, qui ne doit pas être facile facile avec l'environnement mais dont on sent que l'Autre existe, Autre en tant que potentiellement malade et l'Autre qu'est Charlie.
Visiblement, entre elles, c'est la love story. Regards ennamourés, éclats de rire, petites attentions partagées. C'est le début ! Et j'appréhende mieux pourquoi et comment Lanac n'a pas pu supporter cette histoire. Ces deux femmes sont dans la rencontre assumée d'une relation qui ne concerne qu'elles seules, au point de les rendre sympathiques dans l'effort qu'elles font pour adoucir les courroux de leurs partenaires. Ex, mais pas encore digéré pour Lanac, qui ne l'oublions pas habite chez Charlie ; Quant à Via, un mari et leurs cinq enfants... Compliqué ça ! Alors durera, durera pas ?  "Amour, toujours, tendresse, caresse" comme chantait Dutronc... Et somme toute, qu'importe la durée tant que c'est celle du bonheur. Elles ont l'air heureuses, elles sont heureuses. Il ya quelqu'un en trop dans cette histoire et ce quelqu'un, c'est Lanac, c'est évident. Et c'est aussi l'époux. Il y a toujours trop de monde dans une histoire d'amour qui débute...
Via raconte en riant comment elles se sont rencontrées, dans un stage imposé de management des équipes dans le secteur hospitalier. Charlie est responsable de gestion dans le même hôpital mais il aura fallu ce stage pour qu'elles se croisent, se recroisent, se rere etc etc !
Charlie se met au piano et nous interprète un petit solo de Keith Jarret qui clôturera très agrèablement la soirée.
Tard dans la nuit de dimanche à lundi, enfin dodo ! Puis journée entre filles, à visiter "la petite Venise" belge. Super cette ville. Dès que nous sommes sorties de la gare le dimanche matin (où j'ai croisé une fille, plus grande que moi, et nous nous sommes voluptueusement regardées... je crois que c'était elle !)
la gare donc, magnifique bâtiment dans sa blanche architecture... Les canaux de Bruges... romantisme intelligent, culturel, et savoir faire d'une ville offrant dans un quelque part, un "no man's land" pour quelques heures.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 3
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Jeudi 22 juin 2006

 LA FORME

Ce n'était qu'une forme ! rien d'autre qu'une forme. Pourtant, quand elle a traversé le wagon, qu'elle est arrivée face à moi... animal ! animale...


Après être passées chez Emilie prendre une douche et quelques affaires  de rechange, nous avons rejoint les autres membres de l'orchestre à la gare. Seule la pianiste repartait en voiture afin de transporter le matériel de scène.  Un doute insidieux persistait au fond de moi : n'étais je pas en train de trahir Lanac ? Mais la joie de vivre d'Emilie l'emportait ! J'ai confiance en elle alors tout va bien. La nuit a été blanche, je n'ai pas envie que la journée soit noire, pas envie de dormir non plus. Et puis merde, Lanac n'a qu'à parler aussi !!

Sur le quai, il est 5h, un autre groupe d'une dizaine de filles vont admirer l'aube poindre sur Bruges. Fort à parier qu'elles étaient à la fête. On se regarde, on se sourit : elles étaient bien aux entrepôts. L'une d'elle joue du violon, une autre l'accompagne à l'accordéon. C'est léger, un peu manouche. Charlie se penche vers moi et me  demande "Lanac vous a dit que je déteste l'accordéon ?" et moi, en souriant également (Lanac existe enfin dans le dialogue que nous ne manqerons pas d'avoir) "Et le violon ? vous aimez le violon ?" elle secoue la tête " Je n'aime pas le violon non plus ! J'aime le saxophone, le piano et (elle se baisse tout contre mon oreille et murmure) et la Toccata et Fugue en D mineur " Alors je me retourne lentement vers elle et suis à quelques centimètres de sa bouche "Bach ?" Elle se redresse "Bach  ! Avoir partagé avec Lanac mon émotion sur la Toccata. Mes souvenirs, mon oncle qui l'interprétait à l'orgue". Le train arrive, je recule d'un mètre "Oui; elle m'a parlé de votre oncle et elle m'a écrit Bach ! et le jazz ! mais rien sur vous au saxo. Pourquoi ?" Impossible de finir, le train a activé ses freins.

La suite, je ne devrai pas vous la raconter sur ce blog parce que celà ne concerne Lanac que partiellement, c'est à dire quand les phéromones s'en mêlent et s'emmêlent.  Mais nous sommes dimanche soir, je n'ai pas dormi et je suis crevée. Nous sommes encore chez Charlie et je n'ai qu'une envie : aller voir ma guichetière. J'ai toutefois pu m'isoler un peu, je suis dans un bureau très sympa, sur un PC et  je vous raconte :

Le train est arrivé et le groupe est monté dans le wagon à côté du notre. Nous roulons depuis quelques minutes quand la porte entre les deux wagons s'ouvrent pour laisser passer deux femmes, à peine la trentaine, lesbiennes de charme. Tandis qu'elle traverse le wagon, je suis à l'autre bout, elle parle avec son amie mais sans jamais me quitter des yeux. Lorsqu'elle arrive à proximité, je suis rivée à son regard ce qui n'échappe pas à Emilie, assise à mes côtés. Elle m'enfonce légèrement son coude dans les côtes, comme pour me forcer à réagir. Si elle n'était pas intervenue dans cette tension d'ordre purement sexuel, je serai probablemement restée assise mais le charme, la séduction animale de cette fille sont si forts, la tension intérieure si puissante que je ne cherche pas à lutter. Une nuit de folie, le jazz encore dans les oreilles, les 3 filles sous le auvent, tout est réuni pour qu'enfin explose la tension du désir vers la source de satisfaction hormonale. En arrivant à mon niveau, elle a une perceptible hésitation. Je perçois ses pupilles se dilater. C'est phéromonal, il y a synchronisation des désirs. Une sourde émotion est au rendez vous. Elle passe la porte suivante. Je me lève. Je sens le regard de Charlie auquel ce manège n'a pas échappé. C'est un regard moral. Je m'en fous, j'ai envie de cette fille.

Je passe moi aussi dans le wagon suivant. Ce sont les voitures à 6 voyageurs. La plupart des rideaux sont tirés. "L'anticoncept". J'avance dans le couloir en regardant la lune par les fenêtres quand elle surgit, m'agrippe par l'épaule et me fait entrer à toute allure  dans un compartiment. Nous sommes seules. Tous les rideaux sont fermés. Pénombre totale. Elle m'attire à elle. J'aime sa conviction. Bien que plus grande que moi, ce qui est loin de me déplaire, nos bouches s'effleurent immédiatement. Quand j'entrouve les lèvres pour laisser sa langue me posséder, mes paupières se redressent mais je ne vois qu'une forme. Je la sens contre moi, bientôt en moi, déjà en elle, mais je ne distingue pas ses traits. L'aie je même regardée quand elle a traversé le wagon ou n'aie je obéit qu'a un désir latent et purement physiologique qui me tenaille depuis quelques heures ? FulguranceElle est très tactile, très subtile aussi. Elle se complait à faire vibrer la corde de mon plaisir mais je décide de lui répondre. Elle me veut funambule, je n'ai pas le vertige. Nous nous possédons mutuellement et jouons à ce moment sur le phantasme de la rencontre sans lendemain.
Elle est la première à partir vers la petite mort. Sa jouissance est si intense qu'elle contracte tous ses muscles avec une force herculéenne avant de se lâcher dans un long gémissement orgasmique. Je vis cet instant intensément. Je reçois son plaisir. Elle me libère. Je pars. Nous sommes dans la fulgurance.

Elle sera la première à sortir. Sans un mot, juste après m'avoir effleuré les lèvres.
Nous ne connaissons même pas le son de nos voix. Seuls les corps, instruments à corde, ont dialogué. 
J'ai ouvert les rideaux sur l'extérieur, fumé une cigarette puis j'ai rejoint les autres.

 

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 3
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Lundi 19 juin 2006

Charlie nous a rejoint après son concert. C'est une belle femme mais quelque chose émane d'elle qui me tient en respect... Ce n'est pas apparenté à de la distance ou de la froideur, non, c'est autre chose. D'ailleurs, elle est à peine arrivée qu'elle me gratifie d'un souriant (denture impeccable) "bonsoir. Vous êtes Zoé je présume" dont le timbre de voix me semble très chaleureux.  Elle est puissante. Je ressens ce qu'écrivait Lanac : une grande liberté de pensée, une droiture. Dotée d'une cinquantaine bien assumée, dans les 1,70 m, couleur blonde, très très "femme" ; vêtue d'un léger pantalon en lin blanc, d'un très fin chemisier en soie qui laisse à suggérer un soutien-gorge en satin, blanc, le tout recouvert d'une longue tunique en lin, tout aussi blanc, me la rendent encore plus inabordable. Non pas que l'ensemble des femmes présentes soient moins voyantes mais Charlie dégage de la classe ! 
Elle embrasse Emilie avec tendresse et un sourire de satisfaction évident  : le concert a été bon ! Nous nous retrouvons toutes les trois autour d'un verre.  Afin de les laisser un peu seules, je décide d'aller prendre l'air. L'atmosphère est toujours électrique. La nuit avance. Les groupes s'enchaînent. Les vibrations se précipitent pour une lutte collective contre le temps qui aurait tendance à égrener trop vite son implacable tic-tac. Au moment ou je me lève arrivent les autres musiciennes du groupe de Charlie. Je m'éclipse à vive allure après avoir fait signe à Emilie que je revenais. Elle me répond par un clin d'oeil et un sourire. Entre nous, celà peut se traduire par "Roule. J'arrive".  
Au dehors la nuit est douce, étoilée. Printemps tardif mais signes précurseurs d'un bel été. De nombreux couples sont également sortIs. Le temps de rouler le joint, je m'attarde sur 3 filles enlacées sous un
auvent. Je me demande, si je vais chercher la caméra qu' Emilie a laissé dans sa voiture, je me demande si je pourrais faire des images de cette étrange soirée.
Emilie me rejoint : "Quelque chose de prévu demain ?" Je souris à la lumière du briquet qui allume le cône. "Pas spécialement". "Cool parce que je t'emmène à Bruges. On prend ma voiture jusqu'à Brussel midi et le train dans la foulée. On dormira chez Charlie". Je ne peux empêcher un semblant de grimace.
Je regarde la lune et pense à Lanac. Doucement, pour ne pas troubler la quiétude nocturne, je fais part à Emilie de ma gêne. "Ne t'inquiète pas. Tu veux connaître Lanac ? Alors fais moi confiance. Je voudrai que tu fasses un film sur elle. Pas très long mais qui la raconte. C'est pour son anniversaire. J'y pense depuis qu'elle a fait son infarct. Evidemment tu auras un contrat. Quant au fait que tu rencontres Charlie, dans la mesure ou je lui ai dit que ce soir tu es avec moi, il n'y a aucun problème". Ainsi est Emilie, directe !
 Nous fumons en silence, absorbées à regarder le groupe de trois se lâcher dans des caresses qui sortent largement du suggestif pour devenir plus certaines, plus dirigées vers le plaisir. Nous cherchons s'il y deux plus une quand nous voyons l'une d'elles être fermement maintenue au milieu du couple. Clair de Lune
Nous comprenons qu'il y a deux femmes unies dans un même plaisir lorsque leur mains se rejoignent au dessus de celle qui est au milieu. Les bras se lèvent et les doigts se croisent. Je vois les jointures blanchir sous l'éclat d'un clair de
 lune qui semble s'être invitée à la fête.
Puis, ensemble, elle dénudent l'objet de leur jouissance. D'abord déboutonner la chemise. Le temps n'a plus d'emprise aussi prennent elles leur temps, tout leur temps...
Les corps se mettent à tanguer avant d'exploser dans le même rythme, écho lointain de la musique assourdie. Elles sont bien deux plus une mais dans l'instant, elles sont trois. Elles dessèrent leur étreinte. La fille au milieu s'loignent pour se rhabiller. Alors elles sont deux. Elles se regardent, se sourient. Se parlent. Se serrent l'une contre l'autre en cimentant leur amour d'un long baiser. Je suis sûre qu'elle s'embrassent par amour. Je vois l'une d'elle être secouée par une vague de plaisir. Je repense au texte de Lanac "Baiser" et je me dis que si ce texte devait être le scénar d'un court-métrage, alors je réaliserai ce que j'ai sous les yeux. "S'embrasser et jouir".

Je me suis levée très troublée avec cette sensation si spécifique en bas du ventre. Ne pouvant rester dans cet état, j'ai dit à  Emilie "Allez, vas pour Bruges mais maintenant".

Je n'oublierai jamais cette soirée. J'en ferais un film et un film respectueux. Parce que voyez vous, ce qui s'est probablement joué le plus dans ces quelques heures, tient du respect. Bien sûr il y avait des frôlements, des contacts qui s'établissaient sur une musique qui invite à se libérer du poids des regards extérieurs, se libérer de cette amputation de la visibilité amoureuse dans la vie sociale... Mais comme le veut le jazz, il y a eu avant tout un espace de paroles dans lequel des rencontres ont pu avoir lieu. Des femmes se reverront, d'autres pas. Une musique qui invite à se mouvoir même si l'on ne sait pas bouger.
Toutefois la scène de ces trois filles est tout à fait exceptionnelle. Quoique...
En attendant j'ai un autre film à écrire et je ne peux pas le faire sans l'accord de Lanac. Mais si elle est d'accord, je peux gagner du temps en rencontrant Charlie. Et je préfère rencontrer Charlie avec Emilie. J'ai trop fumé !! Vas pour Bruges.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 3
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Vendredi 16 juin 2006

RESONANCE

Nous avons pris le même chemin, contourné les mêmes blocs de béton (je m'y perds toujours autant), entre-aperçu la même rousse, bref nous sommes arrivées. Il y a plus de monde. ll est déjà 1h du matin et la fête a commencé depuis plus de quatre heures. L'atmosphère est électrique, animée au rythme de la musique jazz qui nous gratifie d'un brillant "Tempus Fugit" de Miles Davis. Les filles parlent à voix haute pour s'entendre, les rires fusent ça et là. Les regards sont insistants, appuyés, sur-entendus me dis-je en souriant. Des regards reflétés par les miroirs comme autant d'histoires qui se percutent sur fond de jazz chaloupé. Me revient cette phrase d'Oscar Wilde "La musique met l'âme en HARMONIE avec tout ce qui existe."
Je me reconnecte sur Emilie qui évolue avec une aisance stupéfiante. Elle s'arrête ici et là pour distribuer bises et compliments, sourires affectueux ou déférence à peine dissimulée.
Je finis par me frayer un chemin au milieu de ces corps abondemment lâchés au rythme du jazz. Le paroxysme semble être atteint avec le solo batterie... les poitrines reçoivent et renvoient en écho amplifié les percussions que transpercent les âmes ! Les mains sont entrelacées en d'étranges caresses qui n'ont comme autre objectif que de carrrrrrresser du bout des doigts, dans un temps suspendu en une infinité de secondes effleurées puis déflorées. 
Ce qui me marque vraiment, c'est la sensation, physique et intellectuelle, d'une légitimité à cette grande fête lascive et sensuelle. Ce n'est pas le sexe qui prime, ce n'est pas "gay", c'est profondémment lesbien.  Si la culture lesbienne est en devenir, une extrême poésie saphique impreigne l'atmosphère et semble être là depuis la nuit des temps, comme un éternel parfum perceptible par toutes, attirance sans mots dire ou au contraire à haute voix. J'écoute l'inaudible. Je suis immergée dans le sensible conjugué au féminin lesbien, le Désir extrêmement délicat, parfois secoué d'une vague en soubressaut d'un plaisir né ici ou là. Je suis au coeur d'une nuit de débauche poétique et onirique quasi surréaliste. Je visualise une série d'images, en différents plans, qui seraient reliées entre elles par les démultiplications qu'offrent les miroirs.

 Personnellement, je suis plus réceptive à la contrebasse. Or la contrebasse démarre au moment ou enfin, je rejoins Emilie au bar. Elle rit en me voyant. Moi je prends ça comme un voyage désorganisé...  Je pose une demi-fesse sur une moitié de tabouret. Je regarde, je contemple. La musique commence à m'envahir physiquement, rafales d'aigus et de grave, de blanches et de noires. Je suis chaque touche de chaque instrument. Résonance.
Je me laisse aller à la joie de vivre d'Emilie. Elle est radieuse. Elle m'explique que quatre nuits par an, dans des lieux différents, sont organisées des nuits de rencontres lesbiennes avec une thématique musicale. Les filles sont averties au dernier moment. Elles viennent d'un peu partout en Europe. Certaines feront des rencontres d'une nuit, d'autres, peut-être, des rencontres d'une vie. "C'est d'abord phéromonal.. musical. L'on perçoit au singulier tout en éprouvant une défragmentation."  écrivait Lanc à propos des rencontres qui seraient plus qu'improbables dans le contexte normalisé du quotidien.
Cette nuit, c'est le jazz. Plusieurs groupes féminin jouent en alternance. Charlie doit passer dans peu de temps.
Elle commence avec le solo qu'elle interprétait cet après-midi même. Le saxo emplit l'air. Les filles se stabilisent. L'écoute est réelle. Les corps se rapprochent deux par deux. Il y a unité. Je plonge dans les miroirs. Une atmosphère à la Cocteau vous disais je.

La suite très vite parce que je ne me suis couchée que 24h plus tard et ce sont 24h de folie. Et pardon pour une mise en ligne aussi tardive mais j'ai revu ma guichetière, me suis reposée et c'était bien.... Zoé.
Et puis, j'ai des mails pour Lanac, et il faut que je prenne le temps d'y répondre à l'encre sympatique:)

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 3
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Dimanche 11 juin 2006

J'ai retrouvé Emilie sur le parking de l'hopital. Elle m'attendait près de sa voiture en fumant tranquillement une cigarette. Quand je suis à portée de voix elle me dit en souriant "ça te dirait d'aller écouter jouer Charlie ? Elle se produit ce soir aux entrepôts
- aux entrepôts ?
- lesbienne altitude. Après on va prendre un verre. Tu verras, elle est sympa
- que je la connaisse avant Lanac ? C'est dur non ?
- non ! Charlie existe aussi en dehors de Lanac. Elle est ! Je l'ai connu j'avais 15 ans, elle fait partie de ma vie
- oui mais je n'active pas son blog à elle, j'active celui de Lanac
- Lanac est au courant.
- et Via sera de la fête ?
- Je ne sais pas du tout. Allez viens dit-elle en riant, on va chez moi".

J'adore son appart. C'est un grand 3 pièces dans lequel le salon fait un arrondi avec une fenêtre sur la rue, quartier vraiment bourgeois, et l'autre fenêtre donne sur un parc très boisé. Brussel est une capitale étonnante de par son nombre d'hectares de parcs.
Chez Zoé, tout est blanc cassé et chocolat. Elle me dit en riant qu'elle a eu le coup de foudre pour les couleurs du restaurant dans lequel travaille Lanac et qu'elle a voulu la même ambiance chez elle. Moi je me dis qu'elle doit être pétée de fric pour refaire faire ses murs comme ça, par envie.
Nous nous entendons à merveille, de complicité immédiate en fous rires incontrôlés. J'ai l'impression, partagée, de l'avoir toujours connue, que l'on s'est quittées hier pour reprendre la même conversation aujourd'hui. Nous développons à vitesse grand V une complicité amicale et affectueuse. De fait j'en sais un peu plus sur Charlie et Lanac, Charlie et Via, car Charlie semble être la pierre angulaire de cette histoire. D'ailleurs, moi même, ne suis je pas là pour suivre, filmer Charlie, afin de comprendre et surtout mieux connaître Lanac ?
Alors au concert nous irons. A Lesbienne Altitude je vous invite pour un grand frisson de jazz, de femmes,  de frôlements, d'attouchements à peine évités, de désirs assumés.

Pendant qu'Emilie prend un bain je me plonge dans le blog fourre tout de Lanac et j'y découvre ce poème de Prévert qui me semble bien résumer la journée :

Sables mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

par Lanac Diame publié dans : "Chapitre" 3
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Cadeau de noël

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