Les Innomables, l'emmerdeuse new look
L'emmerdeuse.
Incontournable
L'appartement
de Val. Pour bien comprendre l'emmerdeuse (et vice versa)
Je suis sage de
Glory. Mojitos ?
Soex. Journal d'une
gougnotte
Catherine. D'une voix à l'autre...
Je ne vais pas à Nachod, qu'on se le dise. Lanac ne veut pas pour le moment. Elle m'assure se ressourcer chez elle, loin des fureurs de la ville. Je l'ai eu une fois au téléphone, j'étais chez moi tranquille, sirotant une grenadine. moi : ça va ? elle : difficile ! (silence). Je ne veux pas que tu viennes. Je ne reprends mon travail qu'en septembre, je vais rester un peu ici. On se verra à Paris. (silence ). Je suis contente de te connaître, même si ce sont des circonstances.... particulières ! Moi : oui, c'est le moins que l'on puisse dire. Est ce que je peux faire quelque chose ? Non... Je suis bien ici.. J'ai retrouvé mes racines, important les racines. (silence). Il y a même un cyber café, on se mail. Au revoir (silence) Moi : Pas de message à distribuer ? Elle : non, si embrasse Emilie, dis lui qu'elle me téléphone le soir après 20 heures. Ses parents aussi l'embrassent. A bientôt Zoé. Moi (vite) et moi, je peux te rappeler ? Non ! Convalescence Zoé, un peu de calme pendant quelques jours. A bientôt.
Elle a raccroché.
Je suis sortie, il fait une chaleur d'enfer. Suis allée saluer Eric, le copain serveur du café en bas puis j'ai appelé ma guichetière. J'ai eu le répondeur. Je suis un peu mélancolique. Je commence à avoir des envies d'images. L'histoire se dessine.
Un coup de pied dans un caillou qui traîne là. Ce soir je fais la fête. Demain je prends ma voiture et je roule. Je me fous de savoir où. A bientôt et bon mois d'août. Zoé
Vous savez quoi ? Je suis contente de rentrer quelques jours à Paris. J'ai vécu ces derniers temps dans un train d'enfer (j'ai vraiment une histoire d'amour avec les trains... à moins que ce ne soit la difficulté de rester dans les rails !!). Mais voilà, j'ai besoin de décrocher un peu. J'ai l'impression d'avoir vécu une rave non stop, chaloupée par cette musique qui t'embarque, te décolle. Je suinte le jazz par tous les pores de ma peau. J'ai dans les yeux les oreilles, le bas ventre des dizaines de scènes qui viendront me tenir compagnie pendant de nombreuses semaines.
Alors je rentre chez moi, toute contente. Un peu de vacances, juste quelques jours pour me reposer, prendre personnellement contact avec Lanac parce que aller à Nachod c'est bien mais je ne sais pas encore où je vais dormir, combien de temps je vais rester et je commence même à me poser de sérieuses questions quant à mon engagement dans tout ça. Quoique ! Tout commence par un dial avec Lanac devenu au fil du temps, de plus en plus chaleureux, amical, intime (croyais je !!!! intime au point de ne pas savoir que Charlie joue du sax ... tu parles d'une intimité !). Emilie me demande de venir à Bruxelle, je vais à Bruxelle. Elle me lie contractuellement à elle en me demandant de réaliser un film sur certains moments d'une vie, je ferais des images sur certains moments d'une vie.
Hé Zoé que je me dis, tu es partie de chez toi au chômage, tu reviens avec une commande. Un peu de gaieté que diable. Il fait beau et chaud (très chaud). Ce soir je fais la fête avec mes potes pour décrocher de tout ça et demain, je vois ma guichetièreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !
Rien à dire de plus. C'était juste le commentaire du jour. Ah si, il y a foot ce week end ! c'est bien, avec les hurlements de joie, on entendra pas les échos lointains, quasi ultrasons maintenant, d'une mère et de sa fille de 4 ans mortes de faim chez elles, quelque part dans l'indifférence d'un bloc de béton en région parisienne. Les décès ont entre 1 et 4 mois. Personne n'a rien vu, rien entendu, rien dit, "rien senti" dira un voisin. Allez la France va gagner c'est sûr, on en a bien besoin. On est les champions On est les champions On est On est On est ...
Bonjour, Ici Zoé Perturbée Je viens d'avoir un email :
From:
Subject:
To: lanacdiame@jeuxdedames.net
Ma première et plus belle rencontre se fait avec Lanac. Charlie m'a présentée puis est partie Nous avons passé trois heures sur un banc, c'était jeudi. Elle n'a pas parlé mais je lui ai tout raconté : la continuation de son site, la mise en ligne de certains textes, l'usage des images. Je lui demande au passage qu'elle reprenne en main ses articles. Pas de réponse mais un sourire, presque taquin, que je n'ose pas interpréter. Je lui raconte Lesbienne Altitude, la rousse, le voyage à Bruges sans omettre mon aventure sans lendemain. Je lui raconte aussi ma complicité avec Emilie, la soirée avec Charlie et Via. Je lui raconte ma surprise de découvrir Charlie saxophoniste... Elle ne réagit pas. Je sens que ce n'est pas le moment donc je n'insiste pas mais j'y reviendrai. Je suis têtue comme fille.
Puis je m'aventure sur l'idée d'Emilie de laisser une sorte de "traces" qui la raconte, elle, Lanac, à ce jour réscucitée d"entre les crises cardiaques qui foudroient.
Je lui transmets la façon dont Emile le conçoit : Emilie aura des enfants et pour que ceux-ci soient totalement en lien avec leur mère, ils leur faudra comprendre l'importance qu'a Lanac dans sa vie. Je lui avais rétorqué "mais ce n'est pas un film sur Lanac que tu veux, c'est un film sur toi". Ce à quoi elle m'a "gentiment" répondu "t'es con ou quoi ? Bien sûr que c'est sur et pour elle. Merde, on a failli la perdre. Mes enfants c'est pour plus tard et là il y aura transmission parce que sans elle, jamais je n'aurai connu tout ça, je n'aurai jamais vécu tout ça. Et puis la culture qu'elle m'a donné. Ca permet de sortir du 1er degré. Ca force au respect... Et je veux un film pour elle, pour que dans 50 ans elle aie encore le sourire. A toi de voir." Bien sûr Emilie :) Je ne connais Lanac que par chat et mails. Ca va être facile... cool quoi !
Je raconte mais que je sois bien claire : je ne porte strictement aucun jugement. Bien sûr j'aborde la palette d'émotions qui m'ont parcourue ces derniers jours, les reflexions que celà a suscité et que j'ai longuement abordé dimanche soir particulièrement avec Charlie mais je suis déjà dans la peau de l'Ecriture. Et plus je raconte, plus je prends de la distance. J'ai les images qui m'arrivent par saccades. Je me pose, je lui pose la question "Puis je vous considérer comme un matériau ?" Alors elle écrit sur le bloc qui ne quitte pas ses genoux "Je ne suis plus maléable à souhait". C'est la seule phrase qu'elle écrira. A bon entendeur...
Et bien dans cette réponse, j' y ai décelé une opportunité : oui MAIS pas sans moi ! En tout cas, c'est ce que j'ai envie d'entendre. Entendre et comprendre. La caméra doit permettre de voir ce qui est encore indéfinissable, une peinture inconnue alors que plusieurs portraits de Lanac sont déjà venus se superposer par les regards différents des unes et des autres. Ma caméra doit capter Lanac et peut-être la surprendre. Je suis sous le charme de la rencontre, la vraie rencontre. Puissions nous en faire une belle histoire.
Lanac n'a pas dit non. Emilie deviend productrice. Je vais réaliser ou un court métrage ou un doc. Dans les deux cas, il faut que je m'imprègne avant de choisir le format adapté.
J'ai le soleil dans les yeux (je suis myope comme une taupe et j'ai oublié les solaires...). Elle est dans sa chaise face à moi. Je la vois dans un filtre. Elle me fait penser au Grand Meaulnes de Fournier. Je la sens errer, fantôme à l'enveloppe corporelle bien réelle mais je pressens comme une gêne aux entournures...
Allez. A très vite. Zoé